I.ÉGISL. DES ESCLAVES, EMPIRE PAÏEN
qui se rapproche jusqu’à un certain point de la loi de Caligula; mais la paix générale n’existait plus comme sous Nerva et ses premiers successeurs. Sévère, vainqueur de ses deux concurrens, Àlbin et ftiger, voulait avant tout se faire craindre, et réprimer les tentatives d’insurrection. D’après Flavius Vopiscus (i ), l’empereur Tacite défendit d’interroger les esclaves comme témoins à charge contre leurs maîtres, même en cas d’accusation de haute trahison (we in causâ majestatis quidem). Avant lui, Macrin faisait décapiter les délateurs qui ne prouvaient pas leur assertion, et ordonnait de leur payer une somme d’argent si leur dénonciation était reconnue exacte. Jules Capitolin dit qu’il les renvoyait ainsi payés et tachés d’infamie; mais cette tache devait être bien peu redoutée à cette époque dépravée : la peine de mort seule pouvait arrêter le faux dénonciateur. 2,
Par un contraste singulier et qui prouve l’abaissement constant de la classe servile devant la loi, alors même que l’esclave était reçu à témoigner en cas d’adultère de son maître, la justice n’intervenait pas au cas de violation du lit conjugal de l’esclave par un autre de sa caste. Ceci se trouve textuellement dit dans une ordonnance de Dioclétien, insérée au Code de Justinien, liv. ix, tit. 9 , 1. a3.
L’esclave cité en justice, soit comme criminel d’adultère, soit comme témoin, était estimé s’il devait être torturé. Le juge avait aussi la faculté de l’affran-
(1) Flav. Vopisc. Vie dcTacit. Hist. August. aag.
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chir préalablement à l’interrogatoire, pour que cet esclave pût s’expliquer librement sur le compte de son maître. Cette disposition se trouve rapportée textuellement dans le Digeste (liv. xlviii, lit. 5, § 27), ut sine ullo metû verurn dicant. La citation est rapportée d’après Ulpien; mais, d’après le texte même, qui parle d’Adrien, cet affranchissement légal de l’esclave était antérieur à cette époque. Sous la république, le juge torturait à volonté les esclaves, mais ce droit cessait dès qu’ils étaient affranchis. Ainsi Milon, poursuivi après le meurtre de Clodius, affranchit tous ses esclaves pour empêcher qu’ils ne fussent soumis à la torture et ne le compromissent par leurs dépositions ( Or. pro Alil. n. 22). Sous les mauvais empereurs, l’encouragement donné aux délations des esclaves devait faire trembler les maîtres et les rendre plus doux envers ceux qui disposaient en quelque sorte de leur vie.
Sous l’empire comme sous la république, le service militaire, considéré comme l’exercice le plus noble de l’homme libre, était interdit aux esclaves : la loi punissait de mort le contrevenant (t). On trouve cette défense exprimée en termes formels sous Trajan .(Pline le J., liv. x, ép. 38 et 3g); mais avec le décroissement de la population travaillante et active, la nécessité obligeait trop souvent d’enfreindre cette même défense et d’appeler les esclaves sous les dra-
(1) Dion Cassius rapporte que, sous les triumvirs, un esclave qui s’était fait inscrire comme soldat, tut précipité de la Roche' Tarpéienne. Dion, lib. xlviii, p. 34-