LÉG 1 SL. DES AFFRANCHIS, EMPIRE PAÏEN
et bien plus lard dans Aulu-Gelle (i), que de leur temps le débiteur insolvable devenait esclave de son créancier. QuintiÜen nous dit, Instit. orat., lib. v, c. 10 , que l addictus ou débiteur engagé recouvrait sa liberté en payant sa dette.
Divers édits de Trajan, d’Antonin-le-Pieux et de Marc-Aurèle décident des questions de droit en faveur de l’affranchissement de l’esclave. Ainsi, Trajan déclara que si un maître avait fait appel au préteur . pour affranchir son esclave , et ne s’était pas présenté, l’esclave serait néanmoins déclaré libre (a). Marc- Aurèle voulait aussi que l’esclave à qui l’affranchissement avait été promis à la condition de payer une somme, jouît toujours de ce droit, et que s’il avait été vendu à la condition d’être libre dans un certain temps, la liberté lui fût donnée, quand même le vendeur et l’acheteur mourraient sans héritier (3). On peut voir d’autèes décisions analogues aux titres 5 et suivans, livre xl du Digeste. Elles font honneur à l'équité de ces empereurs, si opposés d’ailleurs à l’élévation des affranchis. Au même titre § ia,un édit impérial, attribué par Modestinus à un Imperator Antoninus, ordonne la mise en liberté de trois esclaves qui avaient été légués, à la condition qu’ils ne serviraient aucun autre maître, et que l’on voulait vendre, après la mort du légataire. Cet Antoninus doit être Caracalla.
Adrien, convaincu de l’influence funeste des affran-
(1) Aulu-Gelle, 1 . 20, c. 1.
(2) Dig., liv. xl, lit. 5, § 26.
(3) Dig., liv. xl, lit. 8, § i.
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chis sur les premiers césars, ne voulait point qu’on sût dans le public quels étaient ceux de ses esclaves qu’il avait gratifiés de la liberté. Il refusait d’accorder au- • cune faveur sur leur demande, et blâmait hautement ceux qui s’étaient vantés de jouir de quelque créditauprès de sa personne. « Un jour, dit Spartien (i), il vit « un de ses esclaves marcher entre deux sénateurs; o il ordonna sur-le-champ à l’un de ceux qui l’entou- « raient de donner un soufflet à cet audacieux, et de lui « dire : ne marche pas entre ces deux hommes dont a tu peux encore être l’esclave. » Adrien avait raison de maintenir l’ordre des rangs en sa présence : mais cet esclave du prince qui se joint aussi librement à des sénateurs, atteste la dégradation générale de toutes les anciennes dignités sous l’autorité impériale. Jules Capitolin rapporte que le collègue de Marc-Aurèle, Yérus, se laissa gouverner par ses affranchis, et qu’à la mort de Yérus, Marc-Aurèle les dépouilla de toutes les dignités qu’ils avaient usurpées.
Depuis Trajan , l’élévation progressive des affranchis fut toujours redoutée par les empereurs éclairés, comme une conspiration permanente contre la société romaine. Le système de résistance, adopté par Trajan, fut donc continué par la plupart de ses successeurs. L’insensé Héliogabale, seul, jeta les principales dignités de l’État à la tête de ses affranchissais l’ordre fut rétabli sous Alexandre Sévère. Dans ce tn e siècle de notre ère qui forme le dernier âge de Rome païenne, on compte plusieurs lois destinées à rappe-
(i) Spartien, Vie d’Adrien, Hist. Aug. 10 d. Paris, 1620.