DROIT DES GENS. EMPIRE CHRÉTIEN
différemment ÆovXoç, ÆavXoi, et rtvtç twv Sïpairovrwv irarpo;, tmv f«Ta oturou.
Nicétas s’exprime de même, et Basile, dans ses admonitions à son fils, lui dit, suivant le langage de l’évangile et de saint Paul : Etsi aliorum dominus es constitutus, ipse servus es , «wvîouXoî (i). Dans Constantin Porphyrogénète, de administrando imperia , part, h, c. 28, les Vénitiens, sollicités par Louis-le- Débonnaire de reconnaître sa suzeraineté, refusent et lui répondent : On »jp*iç ÆouXoi SiXopnv tnai tou tmv Popaiwv
nXtuî. AouXoî signifie ici évidemment sujet, et l’emploi de cette expression prouve seulement l’abaissement de tous les sujets sous le despotisme impérial. AouXo; se trouve aussi fréquemment employé pour désigner l’esclave. AouXia signifie toujours esclavage.
On trouve aussi dans l’Alexiade les termes : ™«ç, iraiJaipimcoç, iraiiapioxri, paipaxtoç, qui -correspondent 311 latin puer, puella. nauSatptaxn est ordinairement traduit par ancilla, et cette expression paraît indiquer dans les constitutions de Léon une véritable esclave. Un autre terme qui se lit dans les écrivains postérieurs à Théopbane est celui de <*v0p»iroç ourou, homo illius , terme qu’on pourrait croire emprunté aux habitudes germaniques : on le trouve dans le continuateur de Constantin Porphyrogénète. — Vie de Romanus, pag. 267.
Depuis le x® siècle, le nouveau terme d 'esclave fut employé comme dénomination injurieuse, bien que dérivé du nom des Slaves, qui avaient fait la terreur de l’Europe. Diverses tribus de ce nom se
(1) De modestie 175. — Banduri imperium Orientale, t. i.
a»6 TROISIÈME PARTIE. — II* PERIODE. CHAP. II.
dispersèrent sur les terres comprises entre l’Adriatique et le Pont-Euxin, à l’état de captives ou sujettes, d’alliées ou d’ennemies. Les prisonniers £aits sur les Slaves par les Grecs furent répartis comme serfs entre les divers monastères du Péloponèse et leur nom désigna l’esclave barbare (i).On trouve dans l’Alexiade z6X«eoy«voç. — Le mot même de ïxà«foç pour désigner un esclave se trouve dans Théophylacte, Cantacuzène et Cinnamus. Le nom des Serviens, Sip€X»i ou Servit est confondu fréquemment dans les textes avec celui de servi , esclaves. Ici encore cette habitude commence après les guerres continues des Grecs avec les Serviens.
Dans l’incertitude où nous laisse le vague des dénominations employées par les historiens, remarquons un fait singulier en apparence : c’est que les recueils législatifs ne présentent encore aucun article, ni même aucune dénomination qui se rapporte à des domestiques salariés; et cependant on voit clairement l’emploi fréquent d’ouvriers pris à gage. Ainsi au titre xxv (Abrégé des lois de Léon et de Constantin ), les paragraphes 4 et 5 traitent du pâtre et du cardeur de laine pris à gage : conductitius pastor t çenductitius fullo } il est vrai que l’un et l’autre de ces individus peut être battu par son maitre en cas de faute grave. L’homme libre, racheté de l’ennemi, devait aussi, comme nous l’avons vu, s’engager à terme et payer par son travail le prix de sa rançon ;
(i) Siavorum noraen tàrn latè patuit ut penè careat æstimalioue. Helmodus, lib. i, c. i.