‹ De l'abolition de l'esclavage ancien en OccidentChapitre 61 sur 91 · DROIT DTS GENS. EMPIRE CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

DROIT DTS GENS. EMPIRE CHRÉTIEN

mais cet engagement était à plus long terme que celui du pâtre et du cardeur. Sauf ces deux exceptions, qui remontent aux premiers temps de l’empire, on ne voit point d’exemples de domestiques salariés et engagés pour un temps assez court. Le maître loue son esclave à un autre maître, mais il s’agit toujours d’un esclave. Observons toutefois que notre code même du XIX’ siècle ne contient que des dispositions peu précises sur les rapports des domestiques et des maîtres. La coutume fait tout, et il n’est pas étonnant que les codes byzantins, encore tout empreints des anciens préjugés, ne nous fournissent aucune disposition spéciale sur cet état alors nouveau de domesticité salariée.

§ II. Punitions. — Un -résultat de l’influence progressive du dogme de l’égalité spirituelle propagé par le christianisme, ce fut sans contredit cette opinion générale dans le Bas-Empire, que l’on ne pouvait verser le sang d’un chrétien. Le sang du fidèle était jugé trop précieux, et ce sentiment était analogue à la tendance qui se manifeste aujourd’hui vers l’abolition de la peine de mort parmi les peuples européens; de là provint la rareté des exécutions capitales dans le Bas-Empire. Ainsi généralement les empereurs détrônés et leurs proches parens n’étaienf pas tués, mais tonsurés et envoyés dans des monas* 1 tères ; quelquefois on les rendait eunuques. Les chefs des rebelles vaincus étaient punis par la vente de leurs biens et l’exil, comme le fit deux fois Alexis Comnène, et aussi par la mutilation du nez et des oreilles, par le crèvement des yeux, comme fit Con-

aa8 troisième partie. — h* FÈ-Riom-:. chap. ii.

stantin Porphyrogénète pour venger la chute de Romanus (i). Les délits ordinaires se punissaient de la fustigation et de l’exil. En général , on reconnaît un relâchement sensible dans la rigueur des supplices, et surtout il faut remarquer la rareté des exécutions capitales : quelques empereurs même s’en abstinrent complètement. Jean Comnène ( 1 1 l\o ) est célèbre par ce fait dans l’histoire.

§ III. Traitement des prisonniers et persécution des hérétiques. — Cette sorte d’esprit public, grandement favorisé par Zénon, qui précéda Justinien d’un demi-siècle, témoigne de l’adoucissement des mœurs, et avec cet adoucissement, avec les facilités plus grandes, données aux affranchissemens, au lieu des oppositions créées contre eux par les empereurs païens, il semble que l’institution de l’esclavage personnel devait progressivement s’éteindre. Nul doute, selon moi, que cette extinction complète aurait eu lieu, si l’empire eût été tranquille au-dedans et audehors. Mais à l’intérieur, les empereurs, par un zèle tout contraire à la politique romaine, et une fausse interprétation du mandat des apôtres, firent la grande faute de vouloir ramener de force tous les peuples qu’ils gouvernaient à une même religion. Cette tentative funeste eût pu réussir si la religion des empereurs eût été toujours la même; mais mal-

(i) On peut citer Romanus simplement détrôné, — Miche! réduit à l’état privé par Léon l’Arménien , — un de ses fils rendu eunuque, — un autre fait moine. — En 660 , Sergius fit châtrer André son concurrent, et fit couper le nez à ses fils. — Voyez Théophane.

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