‹ De l'abolition de l'esclavage ancien en OccidentChapitre 86 sur 91 · CINQUIÈME PARTIE. — II' SECTION. CIIAP. II · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — II' SECTION. CIIAP. II

ce cautionnement empêcha les corsaires siciliens d’enlever leurs concitoyens pour en faire des esclaves.

Reprenons maintenant l’histoire de l’esclavage dans le nord de l’Italie. Aux ix e et x' siècles, nous trouvons le commerce des esclaves et des eunuques exercé par Venise, Lise, Amalfi.Dès le ix* siècle, la législation de Venise s’opposa à ce trafic : mais on ne le considérait comme blâmable que dans l’intérêt de la religion (i). On s’efforçait seulement de réprimer la vente des esclaves chrétiens aux infidèles. En 84 o, l’empereur Lothaire promit de s'opposer à cette vente. En 880 , un doge l’interdit avec les infidèles seulement, et cette défense fut peu respectée. En g 44 i «n édit attribue à ce mépris les revers éprouvés par la république (a). L’amour du gain était plus fort que la loi. La quatorzième dissertation de Muratori ( 3 ) présente beaucoup de documens des xi e et xii' siècles sur la classe servile. La charte la plus moderne de cette dissertation est un testament de l’an ia 5 o, qui affranchit plusieurs esclaves, et selon la formule ordinaire, le motif de l’affranchissement est le salut de l’âme du testateur. Stamm mentionne des édits d’Alexandre III, élu en 1 158 , d’Urbain III (1 185), d’innocent III (1 198) sur le mariage des individus de la classe servile ( 4 ). Ce même Innocent III, fulminant, en 121 4» l’excommunication contre ceux qui fournissent des armes et munitions aux Sarrazins,

(1) Darii. Hist. de Venise, liv. x\\, § 7.

(a) Ricercc slor. critice, citées par Darti, liv. xix, § 7.

( 3 ) Muratori, Antirj. Medii Ævi, tora. 1.

( 4 ) Stamm. De servitute personali, ch. 1.

FIN DE l’eSCLAVAGE EN ITALIE. /|35

les condamne à devenir esclaves de quiconque les arrêtera (i).

Les opuscules de Célestin V, nommé pape en 129/1, contiennent divers réglemens relatifs aux esclaves (2). Lechap. 7, 1 l'opuscule, traite de l’affranchissement, et rappelle que l’enfant né d’un père libre et d’une mère esclave est esclave , que l’enfant né d’un père esclave et d’une mère libre est libre. Le chapitre 2 , 9» opuscule , est intitulé : De servis judœorum. Les Juifs ne peuvent avoir que des esclaves nés ou élevés dans leurs maisons, et si ces esclaves veulent se faire chrétiens, ils sont libres de plein droit. Les Juifs ne peuvent acheter ni un esclave chrétien, ni un païen libre, pour en faire un esclave; mais les chrétiens peuvent avoir un esclave juif ou païen, et lors même . que cet esclave se ferait chrétien, il restera au service de son maître.

Le chapitre 25 , 8‘ opuscule , reconnaît trois cas où l’individu libre devient esclave : 1“ si un prêtre a épousé une femme libre, les enfans issus de cette union deviennent esclaves de l’église, offensée par le délit du père; 2 0 ceux qui fournissent des armes et munitions aux Sarrazins sont passibles d’esclavage ; 3® l’individu libre , âgé de plus de vingt ans,, qui s’est laissé vendre volontairement,* pour participer au prix de la vente, devient esclave. Célestin répète - ici le réglement de Justinien, sans tenir compte de la constitution 59 de

(1) Recueil des Bulles des papes, à la date indiquée,

(a) Bibl. Maxima Patrum, xm° siècle.

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