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A quoy pensez-vous donc, Elles Chrcs-
' l'ytuvrb., c. D. Durits !■! iliiili^ ilmitur U parculibis, .1 [) i l'i .li-.li'lll ;n-.i;n\n u\.ij- [1 i:;! L" .
2 Pruwri.,c. 22. Finis modûsliœ, et aiiiiiœ, cl gloriOf
tiennes , lorsque vous blessez la modestie par la nudité de vos gorges? Ne sçavez-vous pas , que quand Dieu fait les mariages, ce n'est que pour le bonheur de l'un et de l'autre des mariez? Et de mesme qu'il donna une femme au premier homme innocent, pour avoir soin de luy et pour l'assister dans son travail, pour diminuer ses peines en les partageant , et pour augmenter ses plaisirs en y participant ; il donne d'ordinaire un époux à une fille sage et modeste, pour luy servir de consolation et d'appuy, pour estre son protecteur et son père.
Pouvez-vous ignorer que les mariages sont presque toujours malhcureui lorsque le monde en est l'auteur, lorsque la volupté on la vanité en ont, pour ainsi dire, esté les négociatrices, et que les hommes n'y ont esté engagez que patquelque passion sensuelle qu'a eicitée en eus la nudité d'une partie de vostre corps?
lui.
Vous n'avez qu'à choisir, ou d'estre vraysemblablement heuruuses si vous songez n plaire à Dieu par voslrc retenue , afin de plaire saintement à un homme, et d'en faire le témoin
et l'approbateur dp vostre modestie avant qu'il soit votre mary; ou de vous exposer évidemment à eslre malheureuses, si, sans tous soucier d'acquérir l'estime de ceux que tous souhaitez pour épous, vous t&ehci seulement de leur inspirer un fol amour, qui sort d'ordinaire de lYspriL aussi l'iieileincni qu'il y e?l cnlré , cl qui
passe presque aussi-tost que la jouissante du plaisir qu'il se propose.
Il n'es! pas difficile de jn:;er quel pnrly elles doivent suivre, si elles sont rat sonnailles et si elles veulent estre heureuses dons le mariage uù elles aspirent. Et l'on peut mesme assurer que pour y parvenir elles devraient cacher leurs liras, voiler tcur sein, et couvrir leurs épaules, bien loin de les montrer comme elles font. Les hommes font bien de la différence entre nue courtisane ou nue coquette et une épouse; ils aiment ces unifiiez eu celles qu'ils regardent comme des courtisanes ou des coquettes; ils les û c su pp roiivc ut en celles qu'ils désirent pour leurs épouses. Kien ne leur plaial davantage en une fille, qu'une modesle gravile
et qu'une beauté naturelle sans trop d'art et <l\iltWenf. Ce nYst que leur ilèri'jjlemenl l't le nr passion qui approuvent quelquefois la nullité îles lilles : leur raison et leur prudence la condamnent toujours. Ils eonnoissent que cela vient d'un mesme principe de vouloir rojjnvilrjr une belle gorge et d'affecter de la montrer; et comme ils ressentent par eux-mesmes qu'il est Irës-difiidle de la remanier innocemment et avec plaisir, ils jugent que cette fille qui se plaist a la leur faire voir, n'est pas aussi innocente qu'elle le veut paroistre. Et comme ils ne peuvent douter que ce ne soit une grande marque de pieté et de dévotion en un jeune homme, lorsqu'il roiijjil il la veut d'une gorge découverte, et qu'il évite do la regarder : ils sont convaincus qu'une fille est pieuse et dévote, lorsqu'elle a Ijunti! île découvrir son sein, et qu'elle le cache également à ses feux el à ce us des autres.
0 prudence de la chair, que tu es aveugle et que tu es trompeuse ! Les filles du siècle prétniilmt assurer ut avancer leurs mariages par la nudité de leur gorge, et c'est par là qu'elles
les diffèrent ou qu'elles les empesèrent! Elles ne se soucient pas do plaire à Dieu, dans l'espérance de pouvoir plaire à un homme ; et I >ï i ■ cl pcniirl (jii'iilli's luiroisscul moins aim/ililcs à cet homme par cela mesme, par quoy elles s'efforcent do luy plaire. Elles perdent son approbation et son estime, en voulant surprondro sou affection, et elles le rebutent du mariage en voulant l'y engager.
Elles sçavent aossi-bien que les hommes qnn la beauté du sein a cela de propre , qu'elle inspire presque toujours des senlimens tleshonnestes : pourquoy veulent celles donc exciter dans les autres ce qu'elles font profession de no pas ressentir, ou pourquoy ne croycnt-Mlcs pas que les hommes les sonltronneront d'avoir les mesmes senlimens qu'elles leur veulent inspirer? Que si elles lo croyent, quel est lenr aveuglement de s'imaginer que de la nudité du sein il puisse naître un amour légitime; et de so persuader qu'un homme aime une telle disposition- dans nne fille qu'on luy propose pour estro sa femme!
D'ailleurs, Wsqi]' elles affeelenl si fort de montrer tout ce rjif elles ont île beau, et d'augjnenlci les ugivmt'iis de li'.ui' visite en bisinil voir la forme régulière de leur sein, la blancheur et la délicatesse de leur cou; ne témoignent-elles pas qu'elles mettent toute leur confiance en la seule beanlé de leur corps , et qu'elles n'ont ny assez d'esprit ny asseï de serin pour se faire aimer ; ou qu'elles méprisent la vertu et l' esprit en comparaison do leur beauté? l'ensent-clles que ce. soit un moyen fort judicieux pour persuader à un homme que leur possession sera sa ïélicilé et qu'elles hltoiiI nussi retenues et aussi prudentes, aussi sages et aussi pieuses qu'une femme le doit eslre pour rendre un mary heureus !
LVUI.
Il n'y a personne dans le Christianisme qui ne sçaclie. que les Vicryes sont les épouses de Jésus-Cli rist : et quand on les considère en celte qualité, on peut dire qu'elles passent en quelque sorte en secondes nopecs la première
fois qu'elles se marient. Et comme on juge de la conduite que tiendra uno femme dans son
nairement de quelle manière une fille livra avec son mary, par la manière dont elle en a usé durant sa virginité envers Jésus-Christ son premier époux. Si fiant fille clic parois! sa;;p, modeste, retenue, on présume qu'elle ne cessera pas de l'estre étant devenue femme : si étant iilic H le ik'- sfmjjc i]u';i plains par son afféterie cl a acquérir une vainc réputation de beauté par la nudité de son corps; on appréhende avec justice qu'elle ne changera pas d'inclination en changeant de condition , et l'on se persuade qu'ayant beaucoup moins de sujet d'aimer cl de craindre im mary que Jésus-Christ , elle ne sera guères fidèle à un homme, puisqu'elle est infidèle à Dieu qui veut bien k reeonnoistre pour son épouse.
Tertulicn a crû que les Vierges, non plus que le reste des Chrcstiens, ne pouvoieut tirer aucune gloire de leur corps qu'en mortifiant
leur choir par ta pénitence, et la rendant scmhlahle & colle de Jésus-Christ qui a ètè déchirée pour nostre salut. Mais il mo semble quYlk's ont ccl nv.'i')t.'i;ie sur les autres Ciirestïens, que glorifiant Dieu par leur chair en la conservant pure et chaste pour l'amour de luy, elles peuvent par la fairo servir leur corps à leur propre gloire. Car qu'y a-l-il de plus glorieux pour une (Ihcestieunc que itc contribuer a la gloire do Jésus-Christ? Hais , pour jouir de cet avantage, et pour offrir à Dieu un corps qui luy plaise, nn corps parfaitement pur et chaste, il ne faut pas qu'une fille l'expose à la veiiê etaui désirs de tous les hommes comme le corps d'une effrontée ; il faut qu'elle le couvre avec modestie, et ne pouvant pas entièrement éviter le danger qu'il y a de voir les hommes et d'en eetre veuii, qu'elle ùvilo du inoins le mal qu'il y a à le» tenter par sa nudité.
Elles le devroient sans doute et l'on peut dire que leur propre inleresf 1rs olili;>e ii \c. faire, puisque, par leur peu de modestie, elles donnent moins d'amour que de dégoust et de def-
fiance sus hommes judicieux et sages qu'elles souhaitent pour époux; et que, n'inspirant de In passion qu'aux libertins et qu'aux sensuels, cllcri liMViiiili'nl (■■llf-s-inesiiics ;i rendre malheureuses en se |irouuraiil de iris maris. Elles le ilci'i'oiwii, puisque. l;i [ifuuVnre li; uVmaiulr, la Religion l'ordonne, i'honnesteté et la piété l'uviffcut. ril'.'s I" divmicul , puisque, selon la pensée tle l'Apôtre S. Paul 1 , Dieu n'a donné une longue cheveleure aux filles et aux femmes, qu'afin qu'elle leur servit d'un voile naturel pour couvrir leur gorge et leurs épaules, et que la nature mesme leur imprime un grand désir de conserver pour ee sujet la longueur de leurs cheveux, afin qu'elles ayent toujours de quoy se voiler, lorsqu'elles seront surprises par les regards de quelque curieux.
Ces raisons me paraissent assez fortes pour pouvoir persuade r;iux femme; aussi bien qu'aux filles de couvrir leurs nuditoz; il y en a plu-
' /. Car., i'. Il - \:Mine ru In™ rl.irr! in. '[im.T l Fiai comonidniri.iL, i;rnrîTï!ijs;a t'sl millier veru si comom inilrut, l; li>rki cil ilii.
sieurs tontesfois qui ne veulent pas y acquiescer, cl prétendent qu'elles peuvent sans scrupule découvrir leur gorjjiï, sous prétexte que c'est pour plaire à leurs maris. Mais elles uc prennent pas garde qu'ayant recours à cette dernière excuse, elles avouent tacitement malgré elles, que toutes les autres leur sont Inutiles ; t't estixiii obligée- ]>mi[- jmlificr leur [iroct'ili <!';)]léguer J'uliéissuiiei: on k fouiplaistmci 1 qu'elles doivent à ceux que Dieu leur a donné, pour Supérieurs, elles confessent, sansypenser, qu'elles font une chose que leur raison ne peut défendre, quoy que leur passion l'excuse. Lors qu'Adam dit à Dieu que c'esloil pour plaire à sa femme qu'il avoit mangé du fruit défendu, il avoua sou crime en s'exeusant île la sorte. Et quand 1rs l'émules iliseut qu'elles (lerotivroni leur sein pour sali-l'airo leurs miids, elles rreoniimssenl et confessent leur faute en voulant la rejettor sur un autre.
Je voudrois de plus leur faire remarquer qu'afin que cette excuse fût légitime, il faudrait en premier lieu qu'elles fussent assurées qne c'est h volonté de leurs maris : ce qui n'est
pas si aisé qu'elles se l'imaginent. Un mary n'est pas moins jaloux de la pureté de sa femme que de son propre honneur, et comme, s'il esl prudent, il ne sYxposi; jamais il perdre son honneur, il n'y a pas d'apparence qu'il souhaitie que sa femme s'expose à perdre son innocence. Un mary s'inlèrcssc toujours àla réputation de sa femme, et, s'il esl judicieux, il toit hien qu'elle se fait tort quand elle s'habille à la mode des femmes entièrement mondaines et libertines.
Un mary, dit Tcrlulten, n'ignore pas quels sont les charmes do sa femme; il n'a pas besoin qu'elle les luy montre à toute heure, et peu Iestre mesme doit-il souhaiter qu'elle ne fasse pas voir à. tout le monde , par la nudité de son sein, ceux qui ne devraient esfre connus que de luy seul.
Il y a bien de la différence entre ce que le mary tolère et ce qu'il désire. Un mary qui a de l'honnesteté, de la douceur et de l'amour pour sa femme, souffre sans aucune inquiétude et sans se plaindre , qu'elle découvre sa gorge : mais il ne s'ensuil pas qu'il le souhaitie et qu'il l'ordonne. Cependant si le mary ne té-
tnoifpin point h su femme qu'il veut qu'elle aille ainsi découverte, et Vil le souffre Houlmnont, c'est n tort qu'elle nlircme pour sa défense la volonté do son mary, puisqu'au lie» de se conformer par respect à ses désira comme elle voudroit faire croire, c'est luy qni par bonté s'accommode a son humeur.
En second lieu, si ca n'est que ponr plaire à son mary, qu'elle découvre son sein, pourquoy le découvre-t-elle ailleurs que devant son mary? En troisième lieu, supposé même que son mary luy commandait d'aller on public la gorge découverte, elle devroil le fairo par pure obéissance, {jour le fui m innocemment; clic devrait le faire avec quelque répugnance secretto, connoissant le danger où elle s'expose et où elle eipose ceus qui la regarderont. Que si au contraire elle le fait avec joie et avec plaisir, c'est une marque évidente qu'ollo sott;]c moins à obéir à la volonté de son mary, qu'à satisfaire la passion qu'elle a de paroistre belle et de donner de l'amour. Quand son mary luy ordonno quelque chose qui répugne a son inclination ,
azt ut. «s
elle trouve bien les moyens do luy Taire changer de sentiment, vray-scmblablemcnt elle n'obéiroit pas avec tant de promptitude et de facilité s'il luy ordonnoit de couvrir sa gorge.
Qu'elle ii'alJéyuo donc plus pour prétexte de sa nudité la complaisance qu'elle a pour son mary, et si elle le considère autant qu'elle doit, qu'elle affecte de paraître la gorge et la face voilée , puisque par ce moyen , dit le grand Apotre', elle montrera qu'elle est véritablement et volontairement soumise à l'antorité de son mari. Car, du temps de S. Paul , quand une fille se marioit, on luy meltiiil nu voile sur la leste et ;nr les i'jiaulcs, pour marquer qu'elle passoil sous la puifisarici'- du sou épuui el qu'elle cachoit pour tout autre que luy son visûye et son sein. De là vient que Dieu mesme dans le Prophète Jérémie, dit qu'une femme mariée ne doit jamais oublier le voile qui luy cache le sein,
1 /. Cor., c. 11. Met) debcl mulicr polcslalem hibcre
1 Seamdam Tertul. Ch. Couc. Gmgreiise. Hait velnmeu tigmun poteslalU tnniîti.
non plus que les filles n'oublient pas de se parer 1 .
Si les femmes se souvenoienl du conseil que leur donne S. Pierre , de travailler à la conversion de leurs maris par leur modestie esterieure, et par leur conversation pure et chaste, pour me servir de ses termes : elles ne souhailteroient pas de fomenter les feux de leur concupiscence, paraissant devant eus en habit et en posture de courtisanes. Si elles faisoient rc flexion qu'elles flattent ou entretiennent le libertinage de leurs maris , qu'elles les accoutument a se pluire el k réel KTcher à voir de semblables nuditez, en leur montrant leur gorge iiLii'', elles erpsemient de U: liiirr pur leur propre interest, de peur de les disposer à leur devenir iijfhldes eu voulant île plus en plus les engager. Enfin, si elles eoi^idi'i'oicnt que leur véritable gloire dépend plus de leur vertu que de leur hdDiU' , elles a IfeekToiiMi I nlos (le piii'oi-ln; in--d. M- • r i| . -.(jrr'OI Wl £--'n . ijih- brlt. >■ I. découvrant. Et peut-estre mesme que la répu-
talion de leur beaulé seroit plus grande si elles la rendoient moins commune, si elles en voiloicnt une partie. Au moins, leur beaulé en seroil moins suspoefii iViiffiilcrio , ci li's louiinjjcs qu'on leur donnerait plus pures ; parce qu'on ne trouverait en elles rien d'immodeste, et qu'on y trouverait tout beau.
LXVH.
Si tout ce que j'ay dit ne suffisoil pas pour prouver que la nudité il» soin esl blâmable ol nuisible, et pour répondre au* excuses qu'apportent les filles et les femmes, il ne me seroit pas liiïïiulc de les convaincre par de nouvelles raisons et par plusieurs auloritcz. Mais afin que ce Traitté leur soit utile sans eslre ennuyeux, il faut finir en conjurant celles qui se picquent d'honnesteté et de vertu , de prendre garde que par leurs nuditez elles se conforment si fort aux courtisanes , qu'il n'y a presque que Dieu seul qui puisse cotmoistre la diifémire qui est entre les unes et les autres. Pourquoy imitent-elles dans la manière <le s'ajuster celles dont elles condamnent les actions? Ou plûtost pourquoy imitent-elles les actions et l'extérieur
de celles dont elles Manient le dérèglement et lit conduite? Elles leur sont semblables en ce qui piLi'oisl, et pr^triiili'iil leur l'^iir. J'urt clî ^semblables en ce qui ne paroist pas! Quel jugement peuvent en faire les hommes qui ne jugent que but ce qu'ils voient?