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UN ACCAPAREMENT INTERNATIONAL TRIOMPHANT

Si les vastes accaparements internationaux comme celui du cuivre n'ont servi qu'à amonceler des ruines et si celui de VAmalgamaied Copper C' n'est pas> terminé, il est de notre devoir de montrer que pourtant l'entreprise n'est pas toujours chimérique.

Quant elle est bien conduite comme celle de MM. de RoTHSGHiLD pour le Mercure, en se bornant à une matière première rare ou bien localisée, l'accaparement international peut réussir. Nous avons promis à nos lecteurs un exemple. topique. En voici un tout récent :

Le 3 Février 1899, nous avons adressé à la Chambre la Pétition suivante.

Messieurs les députés,

J'ai établi dans une étude récente que pour qu'il y eut accaparement véritable et punissable d'une denrée il fallait que la coalition put défier par son internationalité les législations douanières impuissantes dèa lors à attirer ou retenir par des tarifs combinés la ditadenrée dans le territoire d'une nation déterminée.

L'exemple d'un accaparement international a peu près complet n'existait pas jusqu'à ce jour, croyonsnous.

Nous venons vous en signaler un :

Il s'agit d'un produit indispensable à l'industrie hucéramique, dans la métallurgie, dans la verrerie, la maine, le Borax, très employé comme fondant dans la teinture, la fabrication des bougies, des tissus incombustibles, etc. etc. C'est enfin une des sources de l'acide borique si nécessaire à l'hygiène publique.

La combinaison suivante est -préconisée dans le but d'accaparer dans une seule main les six à sept millions de kilogrammes de borax que produit le monde par an.

Une Société anglaise, en effet, sous le nom de Borax Consolidated, réunit en une seule Société, toutes les entreprises de Borax de l'Ancien et du Nouveau Monde. Les principaux adhérents de cette combinaison, sont : la Société L/ifonnaise des Mines et Usines de Borax, Société parfaitement honorable qui va entrer en liquidation pour réaliser la fusion avec la Borax Consolidated, Viennent ensuite la Borax Cy. de Londres, la Maison Mear et Green, la Pacifique Borax and Redwood's Chemical Works, ainsi que toutes les Mines du Chili.

La Borax Consolidated qui va monopoliser l'industrie des produits du bore, est une Société anglaise au capital de 1.400.000 £ (35 millions de francs). Il est, en outre, créé un capital-obligations de 1 million de livres (25 millions de francs) sur lesquelles 800,000 £ sont actuellement émis, et 200.000 £ réservées en vue de l'avenir. Cette vaste combinaison met, en somme, en jeu un capital de 60 millions de francs.

La Borax Consolidated aura son marché à Londres où se fait la souscription de son énorme capital par les soins d'une maison très honorable Glyn Mills, Currie et Cie.

Loin de nous la pensée de critiquer une opération financière parfaitement honorable ni de blâmer aucun des coparticipants.

. Mais il y a lieu pour le principe, de mettre une fois le Parlement français, les Parlements des autres pays et le monde de la consommation en présence d'un accaparement nettement caractérisé, fait au grand jour avec une grande loyauté et sans contestation possible croyons-nous.

Il y a lieu de faire envisager aux gouvernements respectifs la hausse certaine d'un produit indispensable à l'industrie humaine et cela sans que la « libre concurrence » dont parle l'article 419 de notre code puisse régulariser les cours qui seront ce qu'il plaira à la magnanimité de la Borax Consolidated,

Au point de vue français, cette cession volontaire d'une industrie (qu'ont illustrée les Desmazures et les Payen) à un syndicat anglais et le transport définitif à Londres d'un grand marché ont quelque chose de fâcheux pour notre renom industriel et pour notre orgueil national.

Cela ne suffirait pas cependant pour déterminer une intervention des pouvoirs publics si pour la première fois le caractère complet, absolu, international, de l'accaparement n'apparaissait, croyons-nous bien nettement.

En conséquence, nous demandons aux ministres compétents d'agir, si cela est possible, dans les limites de leurs pouvoirs et au Parlement de prendre l'initiative de l'étude d'une législation internationale sur les accaparements.

Paris, le 3 février 1899.

Francis Laxjr

Quelques jours après nous étions à même de com-

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pléter nos renseignements et nous publiions dans « l'Echo des Mines et de la Métallurgie » les lignes suivantes :

Nous sommes à même de compléter nos renseignements sur l'accaparement du borax. La compagnie Lyonnaise du Borax n'y verra pas, nous en sommes sûrs une hostilité de notre part mais simplement la nécessité de traiter une question plus haute que celle qui touche à des intérêts privés.

L'histoire des accaparements que l'on fera un jour, (nous avons tenu parole), a besoin d'un document aussi probant et aussi complet que celui que nous lui soumettons.

Voici exactement les usines réunies dans une seule main. La Compagnie Borax Consolidated possède ensemble environ 10 sources de borate brut. The Pacifie Borax and Redwood's Chemical Works, Limited, apporte à la nouvelle société quatre dépôts de borate, deux en Californie, un dans le Nevada et l'autre dans l'Orégon (ces propriétés contiennent environ 31.000 acres) et aussi la raffinerie d'Alameda dans la Baie de San-Francisco ; ceux de Rayonne, New-Jersey ; et la raffinerie anglaise de Belvédère, Kent, hdi San Bernardino Borax Mining Cde Californie entrera aussi dans la nouvelle société.

Messieurs Mear etGreendi^]}oxi^x\i la raffinerie de Kidsgrove, Staff ordshire, la raffinerie et fabrique, de produits chimiques connues sous le nom de « Wesne Chemical Works y) à Connah's Quay. La Société Lyonnaise des Mines et Usines de Borax ei The Borax 0'

Ltd^ apportent les mines de borate du Vilayet de Khudavendghar (Asie Mineure) près du port de Panderma, mer de Marmara avec une concession du gouvernement turc pour 99 ans du l®'" octobre 1899 ; la superficie est de 2.440.000 mètres carrés ; et aussi les dépôts de Karassi (Asie Mineure) avec une concession du gouvernement turc pour . 50 ans de Juin 1897 ; puis enfin trois raffineries, une à Maisons-Lafitte près Paris, une à Lyon et une à Vienne. Des compagnies chiliennes et Péruviennes apportent également sept mines de Borate et trois usines. Les mines du Chili sont celles d'Acostan, Carcote, Cocapilla, Iquique et Chilicolpa près de Tacna. Le Pérou fournit les dépôts de iVrequipa. En plus de ces propriétés qui sont toutes plus ou moins exploitées, la nouvelle Société a obtenu des options de diverses mines de borate de l'Amérique du Sud.

On le voit l'accaparement ne peut pas être plus complet ni plus éclatant.

Voilà ce que nous disions il y a un an environ.

Et pour convaincre nos lecteurs de la réalité de cette opération, aujourd'hui terminée, nous tenons à reproduire l'avis suivant inséré dans un des journaux d'annonces légales de Lyon en date du 6 Décembre 1899.

Société Lyonnaise des Mines et Usines de Borax

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