OBSERVATION X
Bli... Marie, 22 ans, domestique. Primipare. Antécédents héréditaires et personnels bons. Elle a marché à un an. Face antérieure du sacrum accessible au loin. A terme. Les urines sont normales. Elle entre à la salle d’accouchements le 3 juin 1894, à 4 h. 10 du matin. A 11 h. 45 du matin, la poche des eaux se rompt spontanément. Le liquideamniotique est teinté de méconium, et, à l’auscultation, les bruits du cœur, qui jusque-là ayaient été excellents sont ralentis et irréguliers. M. Demelin examine la femme ; il trouve la tête fixée dans l’excavation et toujours en
MIGP. 1i décide d'intervenir et de faire une application de forceps. Il place les cuillers comme pour une OI GP, branche droite, ja première en-arrière, branche gauche, la deuxième en avant, la convexité des cuillers étant dirigée à gauche et obliquement. Il articule et place le tracteur. Il confie celui-ci à un aide, qui le soutient sans exercer de traction, puis, plaçant deux doigts de la main droite dans la bouche du fœtus, il appuie sur la voûte palatine pour défléchir davantage la tête. Pendant que de la main gauche, il agit sur le manche du forceps pour faire exécuter à la tête son mouvement de rotation, lequel se fait ainsi facilement, et cela sans traction préalable, ni abaissement préliminaire de la présentation sur le périnée.
Extrachon. — M. Demelin, en appuyant toujours sur la voûte palatine de la main droite, snisit alors de l’autre le tracteur et tire; mais une anomalie se produit. La bouche du fœtus se trouve grande ouverte et le maxillaire inférieur s'appuie derrière la symphyse, rendant ainsi l'extraction un peu plus difficile. Mais il se dégage vite, et la sortie du fœtus n'offre plus aucune difficulté. Elle s’effectue a 12 h. 15. Il y a une légère éraillure du périnée. L'enfant, du poids de 3,440 grammes naît un peu étonné, mais ilest vite ramené par une friction.
Etat général bon. |
Nous avons répété, avec le plus grand succès, cette manœuvre de M. Demelin, sur le mannequin.
Dans les cas où il serait bien prouvé que l’enfant a cessé de vivre,il est indiqué de faire l’embriotomie ou la basiotripsie, ce qui ne souffre pas plus de difficulté que pour le sommet.
Depuis l'emploi de la symphyséotomie, on peut songer à l’appliquer aux cas de la présentation de la face en postérieure ; mais outre qu'elle ne laisse pas que de faire courir quelque danger à la mère, malgré la plus parfaite antisepsie, par l'énorme quantité de sang qu’elle peut perdre, il n’est pas facile de l’employer en
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clientèle, alors qu'on‘est le plus souvent dépourvu d'aides intelligents, instruits, sur qui, en un mot, on puisse compter.
Nous tenons, en terminant, à parler d'un procédé qui n’est décrit nulle part, et dont l'honneur de la découverte revient à M. le docteur Bonnaire, ascoucheur des hôpitaux.
La grosse difficulté, d'après ce que nous avons dit plus haut, est l'introduction de la deuxième cuiller, qui est souvent accrochée par le menton, alors qu'on lui imprime un mouvement de rotation pour la conduire à sa place. Avec la méthode de M. Bonnaire, cette difficulté disparaît; de plus, la prise est aussi bonne qu'on peut le désirer. C’est donc ce procédé que nous recommandons tout spécialement à l'attention. On pourra, dans le cours de ce paragraphe, nous accuser de faire des redites ; mais nous les considérons comme nécessaires, tellement nous semblent importantes les questions qu'elles comportent.
Le forceps, comme nous l'avons déjà indiqué, est un puissant agent de flexion ou de déflexion; mais il ne faut pas oublier qu'il ne doit « qu'imiter et seconder « les efforts de la nature ».
Or, dans les faces en postérieure, pourquoile menton ne tourne-t-il pas ?
C’est parce que la tête est insuffisamment défléchie. Tous les accoucheurs se sont beaucoup préoccupés de la façon dont devaient être faites les tractions ; on peut dire qu'aujourd'hui les travaux qui ont paru à ce sujet ont singulièrement avancé la question. Mais, suivant