‹ De l'accouchement par la face et en particulier de l'intervention dans les mento-postérieuresChapitre 24 sur 27 · MOINE · texte numérisé non relu

MOINE

l'avis de M. le docteur Bonnaire, que nous partageons absolument, il reste encore beaucoup à faire sr le for- ..Ceps, en tant qu'ageat de préhension. Les cuillers du Forceps, en effet, ne sont pas seulement des tracteurs. Les tractions ne seront efficaces qu’autant que la préhen- Sion sera bonne. Quand un accoucheur essuie une défaite dans une présentation de la face en postérieure, c'est uniquement parce que la prise était mauvaise. Où faut-il placer les cuillers dans ces variétés? M. le doc- . teur Bonnaire conseille de les enfoncer aussi loin et ‘aussi en arrière que possible, les manches du forceps appuyant fortement sur la commis: re postérieure d: la vulve, déprimant, refoulant le périnée à l'extrême. Si les choses sont ainsi faites, nous affirmons que la | prise sera bonne. ; <a Qu'il nous soit permis de comparer, avec M. le pro- - fesseur Tarnier, ce qui se passe dans les occipito-pos- ..térieures, avec ce qui se passe dans les mento-posté- rieures : SÉRerEn Dans les deux cas, la cause de non-descente de la tête est la même. Dans les. occipito-postérieures, elle est due à un défaut de flexion; dans les mento-postérieures, à un défaut de déflexion.

Il faut donc, pour arriver au résultat cherché, com- pléter cette flexion ou cette déflexion. En observant la règle que M. Bonnaire propose, la tête sera saisie suivant son diamètre, occipito-mentonnier, dans les deux cas, ou toutau moins suivant le diamètre qui s’en rap- proche le plus, et on peut parfaitement se rendre compte que cette bonne prise, une fois faite, les trac-

Re tions seront efticaces, amenant dans les occipito-postérieures, une flexion ; dans les mento-postérieures, une déflexion. [1 peut arriver qu'on ait parfois une certaine difiicuité à faire tourner la tête; dans ce cas, il faut user de patience et de douceur.

Il y a des faces qui tournent avec la plus grande facilité; d’autres qui demandent une élongation du cou, souvent considérable. Il faut alors tirer le plus possible, en bas ct en arrière, puis essayer de tourner et recommencer cette manœuvre jusqu'à ce qu'on ait réussi. |

Dans les occipito postérieures, M. Bonnaire s'est vu parfois obligé de faire arriver le sinciput jusqu'à la vulve avant de pouvoir faire opérer à la tête son mouvement de rotation. Une fois cette dernière obtenue, grâce à un mouvement de vielle imprimé aux manches du forceps, le menton est ramené sous le pubis où ül se dégage. Il faut alorsque chaque main empoigne la branche correspondante du forceps le plus près possible de la tête, comme elle saisirait, suivant Ia pittoresque expression de M. le docteur Bonnaire, deux favoris.

Mais dira-t-on, vous allez par suite de la pression considérable que vous'infligez au périnée, produire des déchirures énormes. Ce n'est pas une objection sérieuse, Car à moins d’avoir affaire à un périnée épais, friable, inextensible qui, quel que soit le procédé em- ‘ployé se déchirera, on n’observe guère de ces déchirures. Et quand même elles se produiraient ? L'antisepsie a fait de si grands progrès depuis quelques

années, qu'on peut considérer comme très légère cette petite complication si elle arrivait à se produire. Il esf si facile d'y remédier !

M. le docteur Bonnaire nous a affirmis que depuis qu'il a recours à sa méthode dont il se sert dans les occipito-postérieures, aussi bien que dans les mentopostérieures et cela depuis plusieurs années, if n'a jamais fait en vain une application de forceps. Chaque fois, il a admirablement réussi et avec la plus grande facilité. Nous-même, avons opéré de la même façon et nombre de fois sur le mannequin, et nous avons été émerveillés de la simplicité du procédé, auquel nous proposons de donner le nom de : Procédé de M. Bonnaire.

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