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Fréquence des présentations de Ia face,
La présentation de la face est rare. D'après le relevé de Merrimon et Blaud qui porte sur 3.987 accouchements, nous ne notons que 9 fois une présentation de la face.
James Reïd, sur 3.350 accouchements qui ont eu lieu à l'infirmerie de Saint-Gilles et à celle de Saint-Georges à Londres, signale 15 présentations de la face.
Ms° Boivin, sur 20.517 accouchements cite 07 faces.
Si on lit les mémoires de Mr° Lachapelle, on trouve que sur 15.652 enfants nés dans l'espace d'environ neuf ans, 14.677 ont présenté le vertex, 349 les fesses, 237 les pieds, 72 la face, 68 l'une ou l’autre épaule, et 2 les genoux.
Celles de la face ne font donc que la 217° partie de la totalité. ;
M. le professeur P. Dubois, sur 24.539, ne relate que 85 faces. z
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(Statistiques empruntées à la thèse de M. Gagnon. Paris, 1853). : |
Sur 7.835 accouchements qui ont eu lieu dans le grand hôpital de Vienne, Braun n’à observé que 44 fois des présentations de la face.
M. le professeur Depaul, dans ses leçons de clinique obstétricale (1852 à 1872), dit que sur 16.233 accouchements, il y a eu 93 faces, parmi lesquelles :
54 variété antérieure gauche
3 — postérieure — 19 — — droite 5 — antérieure —
Dans ses cliniques obstétricales de 1872 à 1876, où il rapporte les statistiques de l'université de Würsbourg et de l'hôpital de Gôtting, nous trouvons que sur 8514 accouchements, il n'y a eu que 58 faces à Würsbourg, tandis qu'à Gôtting, il n’y a eu que 29 faces, sur 7.104 accouchements.
Bœr donne 58 faces sur 6.555 accouchements,
Nœvelé — I — 200 —
Merriman — I — 157 —
La plus remarquable et importante statistique qui ait été faite, est celle de M. le professeur Pinard à la Maternité de Paris.
Elle porte sur 81.711 accouchements, 330 fois seulement la face est venue la première, ce qui donne une moyenne de 1/247.
Ajoutons encore les stat stiques moins importantes de la Maternité de Pau, sur 1.298 accouchements,
8 faces et de M. Amard, 4 faces pour 1.000 accouchements.
Il résulte de toutes ces statistiques, que la proportion est d'environ 1/250.
Cependant les relevés publiés en Allemagne, et que Greuser a reproduits, indiquent une moyenne un peu plus élevée 1/247, 1/178, 1/182. dit M. le professeur Tarnier.
La statistique de M. le professeur Depaul donne T2
La raison que donne ce dernier, pour expliquer cette proportion relativement élevée, nous semble bonne, et nous la partageons. Pour lui, il faut tenir compte de ceci c'est que quoique l'accouchement par la face se termine habituellement seul, il y a encore beaucoup de médecins et de sages-femmes qui s’effrayent quand ils sont en présence d'un pareil cas, et qui, dans la crainte de difficultés futures, préfèrent diriger leurs malades sur un hôpital spécial, d'où une moyenne trop élevée.
Cet accouchement, quoique rare, est néanmoins un de ceux que tout praticien doit connaître à fond, et pour lequel il doit savoir intervenir à l'occasion.
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Causes.
Tant de thèses ont déjà été présentées sur les accouchements par la face en général que nous n'avons pas ici l'intention de refaire l'histoire si bien faite de ces accouchements. Nous passerons donc rapidement sur les causes, le diagnostic, le mécanisme, le pronostic, le but de notre travail étant surtout d'insister sur la conduite à tenir dans les postérieures et transversales.
Personne n'ignore que c'est l’accommodation ou l'adaptation du fœtus à l'utérus quidétermine la situation de l'enfant pendant la grossesse. M. Anvard, dans son traité pratique d’accouchements, résume ainsi les lois de l’accommodation qui sont au nombre de 2.
1e Loi. (Loi utérine). Tout contenant contractile adaple à ses propres formes et dimensions, celles d'un conlenu même inerte, pourvu qu'il soit suffisamment résistant (c'est-à-dire que l'accommodation peut se faire avec un fœtus récemment mort).
AQU, En 2° Loi. (Loi fatale). Tout contenu vivant el doué de mouvements actifs, adaple ses formes et dimensions à celles d'un conlenant même inerte, pourvu qu'il soit suffisamment résistant.
Si ces deux lois sont observées. la présentation est normale, c’est-à-dire que c'est un sommet. Sinon, nous pouvons avoir affaire à des présentations vicieuses parmi lesquelles se range la face.
À quoi tient donc la présentation de la face? Cinq causes peuvent la produire :
1° Cause tenant à l'utérus ;.
2° — — au bassin;
3° — — au fœtus;
4 — — aux annexes.
5 — — aux traumatismes.
Qu'une de ces causes agisse seule, ou que toutes se trouvent réunies, on peut donc avoir une présentation de la face si la déflexion est complète, une présentation du front si elle est incomplète. À
[. Du côté de l'utérus, on a incriminé l'inclinaison, l'obliquité de l'utérus. Les uns ont prétendu-que la tête éprouve une sorte de bascule en heurtant le côté du bassin opposé : l'obliquité; les autres, parmi lesquels on doit citer Baudelocque, ont prétendu que les forces utérines étaient inégalement réparties, la plus grande partie portant plus spécialement sur un point de la tête antérieur à l'articulation occipite-atloïdienne, sous l'influence des contractions utérines la tête se défléchit de plus en plus. M“ Lachapelle ne rejette pas absolu-
ment cette explication, mais elle dit aussi:« On la
trouve quelquesfois déjà en plein au détroit supérieur avant que le terme de la grossesse ne soit arrivé et qu'il se soit développé le moindre symptôme de travail puerpéral. C'est ce que nous avons trouvé deux fois sur le cadavre. »
Et plus loin elle ajoute :
« Tous les jours ne voyons-nous pas des obliquités utérines énormes sans qu'elle (la face) s'avance. » Pour M"° Lachapelle, plusieurs causes concourent renverser la tête :
« 1° Son propre poids qui l’entraine en bas et porte le front comme partie plus pesante vers le vide du bassin.
« 2° La contarction de l'utérus qui, au moment de la rupture des membranes, appuie et poussé sur les parties les plus saillante du fœtus et par conséquent sur le front. L'occiput ne résiste pas autant, il remonte et le front descend en produisant l'extension de la tête. »
On a invoqué aussi la multiparité excessive qui per-
met au fœtus d'être mobile jusqu’au moment de l'accouchement et par suite de se présenter d’une façon vicieuse.
D’autres auteurs ont parlé de leur bifidité du fond
de l'utérus, vestige de l'utérus double. Dans ce cas, la pression transmise par la colonne vertébrale à la tête est dirigée vers le menton, le siège étant fixé tantôt dans une corne, tantôt dans l’autre, tantôt sur la ligne médiane.
II. Quand le bassin est rétréci, ou atteint d'une tumeur qui, par sa présence, détermin: un rétrécissement de bass n, on peut aussi ob‘erver des présentations vicieus?s (siège, thorax, abdomen) ou même de la face, la tête se trouvant mobile au détroit supérieur au moment du travail et se défléchissant de plus en plus sous l'influence des contractions.
II. Du côté du fœtus, Hecker, de Munich, a publié en 1869 une brochure intitulée: Ueber die Schadelform bei gesichislagen, dans laquelle il raconte qu'ayant vu un grand nombre d'enfants nés par la face, il avait été frappé de l'aspect que présentait leur tête. Presque tous offraient le type dolychocéphale, c’est-àdire un allongement considérable du crâne en arrière. On conçoit, disait-il, que ce bras de levier de la partie postérieure du crane étant plus considérable que l’antérieur, devait déterminer une présentation de la face. Mais on sait aujourd'hui que cette cause ne peut être invoquée, car cette dolichocéphalie ne tarde pas à disparaître au bout de 3 ou 4 jours.
D'après Spiegelberg, on peut penser aussi au volume exagéré de la tête ; nous rentrons alors dans le cas de bassins rétrécis.
Il faut enfin citer quelques tumeurs du cou ou del’occiput qui empêchent l'engagement et par suite la descente et favorisent la déflexion.
IV. M. le professeur Pinard attache une grande importance à l'insertion vicieuse du placenta comme
cause de présentation anormale et en particulier de présentation de la face.
Signalons enfin, pour être aussi complet que possible, l'hydramnios, la petitesse du fœtus. Nous n'admettons pas cette dernière explication, car si nous examinons avec attention la statistique de M. le professeur Pinard, nous voyons que sur les 330 accouchements par la face qui ysont relatés, 21 pesaient 4.000 et au dessus ; 196 pesaient 3.000 et plus ; 71 pesaient de 2.500 à 3.000 grammes.
V. Enfin les transactions dont l’action n'est pas bien prouvée, et dont l'intérêt est médiocre.
La multiplicité même des explications qui ont été. fournies pour donner la raison des présentations de la face, démontre que nous ne sommes pas encore ‘léfinitivement fixés sur leur valeur intrinsèque.
Toutes peuvent être invoquées, mais non à l'exclusion des autres. C'est ainsi qu'on peut rencontrer un rétrécissement du bassin et un placenta prœvia, une obliquité utérine et une tête dolichocéphale, une bifidité de l'utérus et un fibrome utérin.