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suffrages des accoucheurs ; nous voulons parler de la méthode du décollement des membranes.
Cazeaux diviseles moyens à mettre en usage en trois classes:
1° Médicaments impressionnant d’abord l'organisme général et ayant pour effet consécutif d’exciter les contractions utérines ;
2° Excitations portant sur certains organes, et réagissant par action réflexe sur l’utérus ; |
3° Moyens agissant mécaniquement et directement sur l'utérus.
Les divers moyens que nous allons passer en revue ont pour but de provoquer lé travail de l’accouchement ; mais, hâtons-nous de le dire, il est souvent utile et indiqué d’associer deux ou plusieurs méthodes ; en outre, pas plus que dans l’accouchement spontané, la femme n’est assurée d’être délivrée sans complication, et les cas sont nombreux où l'on a été obligé de faire intervenir, pour hâter la délivrance, le forceps ou la version. |
1° Parmi les médicaments généraux agissant secondairement sur l'utérus, on peut citer :
Les bains, dont nous avons établi les indications.
La saignée, en faveur autrefois, aujourd’hui entièrement abandonnée.
Les drastiques, dont l'utilité est fort discutable.
Le sulfate de quinine, qui certainement ne peut, à lui seul, déterminer l'accouchement prématuré.
La pilocarpine en injections hypodermiques: Ce médicament, vanté par Müller, Sænger, Pascali, Parisi, Hyernaux, Chantreuil, est impuissant à provoquer des contractions quand l'utérus n’y est pas prédisposé; c’est d’ailleurs un moyen dangereux, car il n’agit dans l'espèce qu’en déterminant une intoxication.
Les enménagoques (ergot de seigle, sabine, rue, safran,
LAERTES apiol). Detous ces médicaments, l’ergot a été le plus employé : Bongiovanni et Lovati (de Pavie) n’en ont obtenu aucun résultat, en 1823; Ritgen et Gœtz, qui l'ont expérimenté en Allemagne, n'ont pas été plus heureux. Dézeimeris et Ramsbotham. au contraire, en font le plus grand éloge ; il est à remarquer que, dans la statistique des accouchements prématurés réalisés par le dernier grâce à ce seul moyen, et comprenant 55 faits, presque tous les enfants sont morts pendant le travail. Nous ne saurions, en aucun cas, conseiller l’emploi de l’ergot de seigle ; ce médicament détermine une tétanisation du muscle utérin, aussi bien du col que du corps, emprisonne et comprime le fœtus dans une cavité étroite et rigide, et aboutit finalement à la mort du produit par asphyxie.
C’est d’ailleurs aujourd’hui une loi générale en obstétrique, que le seigle ergoté ne doit jamais être administré tant que le fœtus ou le placenta est encore dans l’utérus.
2 Les moyens agissant sur l'utérus par action réflexe sont relégués aujourd’hui dans les archives de la thérapeutique obstétricale. Nous citerons comme exemple : l’application de sinapismes et de vésicatoires volants sur les seins, proposée par Friedreich (de Rostock) ; l’application de ventouses sur les mêmes organes, conseillée par Scanzoni, ete. Ce dernier moyen a l’inconvénient de provoquer fréquemment des lipothymies, ainsi qu’en témoignent les observations de Chiari, Hohl, Kilian et Scanzoni lui-même. |
3° Les moyens externes ont, pour la plupart, une action. autrement puissante que les précédents. Parmi eux cependant, il en est qui méritent seulement d'être cités pour mémoire, et sur lesquels il n’y a pas lieu de s'arrêter; tels sont : les frictions sèches sur l’abdomen (d’Outrepont), les frictions abdominales combinées avec l'excitation du col de l'utérus par les doigis introduits dans le vagin (Ritgen), ete.
L'électricité à joui d’une certaine vogue. Les courants
continus ont été employés par Kilian, Schreiber et Dubois; les courants interrompus, par Henning. L’électro-magnétisme a encore trouvé des adeptes dans Dorrington et Simpson. Ces essais n’ont pas donné des résultats favorables ; Dorrington et Faye (de Christiania) ont publié chacun un succès ; mais il faut tenir compte, dans l’interprétation de ces faits, de ce que ces auteurs ont mis en usage, en même temps que le moyen qu’ils préconisent, l’un l'éponge préparée, l’autre les douches vaginales.
Tout récemment, Litschküss(1) a enregistré deux succès par l’emploi des courants induits, en applications purement extérieures, pendant un quart d'heure matin et soir.
Fleischmann (2) dit le plus grand bien des courants continus, qu’il appliquerait en portant profondément les réophores, enfermés dans une sonde-bougie, entre l'utérus et les membrânes. Il est permis de se demander si les résultats, dans ce dernier cas, sont dus à l'emploi de l'électricité ou à l’introduction de la sonde suivant la méthode de Krause; pour notre part, nous nous rallions sans hésiter à la seconde hypothèse.
Nous étudierons les procédés les plus importants dans - l’ordre suivant : É 1° Tamponnement du vagin (Schæller, Braün, Chassaguy); 8° Douches utérines (Kiwisch) ; 3 Perforation des membranes (Puzos, Meissner, Villeneuve); 4 Dilatation du col (Kluge, Busch, Barnes) ; 5° Décollement des membranes (Lehmann, Kohen, Krause, Tarnier, L. Dumas).
(1) Litschküss. Centralblatt für Gynæk. 1886, p. 883, in Bulletin de thérapeutique, 43 février 1887.
(2) Eleischmann. In Revue médico-chirurgicaie, 15:sept. 1886.
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1° TAMPONNEMENT VAGINAL
Schœller (1) pratiqua, pour la première fois, en 1839, le tamponnement du vagin en vue de provoquer l'accouchement prématuré; plus tard, il publia 5 observations, dont 4 succès.
Il conseille d’oblitérer le vagin avec des boules de charpie, dont les profondes seront enduites de cérat ; de renouveler le tampon tous les Jours, en pratiquant des injections dans les intervalles ; enfin, le tampon doit être enlevé quand l’utérus est entré franchement en contraction, et quand l’orifice commence à s’entr’ouvrir. Si le travail s'arrête, Schœller engage l’accoucheur à donner 0 gr. 50 d’ergot de seigle et à réappliquer le tampon. +
Hoffmann a relevé 20 cas dans lesquels cette manœuvre a été appliquée; sur ce nombre, il y eu 12 succès ; une fois, on fit suivre le tamponnement de la dilatation du col ; 7 fois le résuliat fut nul.
Depaul (2) a fait ressortir les inconvénients du tampon: les mucosités dont il s’imbibe se décomposent facilement sous l'influence de la chaleur du vagin, el RER ee une source :d'auto- infection.
Braüa a substitué son colpeurynter au ape de Schœller. Cet instrument se compose d’une poche en caoutchouc piriforme , de 5 à 10 centimètres de diamètre dans sa partie renflée, munie d’un tube à robinet au niveau de sa portion allongée ; il est introduit dans le vagin , et rempli d’eau tiède lorsque la partie renflée est en contact avec le
(1) Schœller; trad. de Stotlz. Gazette médicale de Strasbourg, janvier (2) Depaul. Gazette des hôpitaux, mars 4879.
RPOMEE museau de tanche. Avant Braün , Hüter avait proposé l’introduction dans le conduit vaginal d’une vessie animale remplie d’une décoction d’ergot de seigle. Stoltz a fait le relevé des cas dans lesquels l'instrument de Braüa a été appliqué ; il rejette son emploi dans les rétrécissements du bassin et l’admet dans les maladies qui, venant compliquer la grossesse, indiquent l’accouchement prématuré provoqué.
Récemment, M. Chassagny (1) a proposé un instrument qu’il désigne sous le nom d'appareil élytro-ptérygoide, et dont il a précisé les indications , relativement à l’accouchement prématuré provoqué. Cet appareil se compose d’une vessie extensible, que l’on introduit dans le vagin, et qui, gonflée par un liguide, remplit le conduit vaginal, envoie un prolongement dans l'orifice du col et dilate peu à peu la cavité cervicale. M. Hubert (2) a donné, à l’Académie de médecine en Belgique , la relation de trois succès obtenus par l'emploi de cet instrument; M. Hyernaux a obtenu, dans des expériences de laboratoire , sur treize applications, treize insuccès. La difficulté consiste à maintenir l'instrument dans le wagin et à l’empêcher d’en être chassé; les ailettes dont l’appareil est muni latéralement sont insuffisantes ; M. Hubert engage à se servir , dans-ce but, de l’antique ceinture de chasteté.
à à 2° DOUCHES UTÉRINES
Kiwisch a proposé d'introduire dans la vagin une canule perforée à son extrémité, et de projeter sur le col, pendant
(4) Chassagny. Province médicale, mai 1887.
(2) Académie de médecine de Belgique, 1886. — In Semaine médicale des 29 sept., 3 nov. et 22 déc. 1886.
un certain temps, un jet d’eau chaude à 34 ou 35°. Il a rapporté dix observations de succès obtenus par ce procédé; le nombre des douches qu’il fallut employer dans chaque cas variait entre quatre et dix-huit, et la moyenne de la durée du travail était de trois jours et demi (minimum, vingt heures ; maximum, sept jours).
Cazeaux conseille de placer un récipient d’une contenance de 8 à 10 litres, à sept à huit pieds de hauteur, d'y adapter un tube long et flexible, muni d’un robinet à 25 ou 30 cent. de son extrémité libre, à laquelle il fixe une canule de gomme élastique percée d’un seul orifice terminal. La femme doit être placée sur le bord du lit; on pratique deux ou trois injections par jour. Les douleurs, dans un cas, se se sont manifestées après une seule douche.
Blot dirige le jet liquide, non sur les lèvres du museau de tanche, mais dans l’orifice du col.
La posture qu’il est nécessaire de faire prendre à la femme, si on obéit aux préceptes de Kiwisch et de Cazeaux, est fatigante et très difficilement supportée. Aussi nous paraît-il légitime, dans les cas où cette manœuvre est indiquée, d'employer le dispositif qui a été décrit par MM. Pinard et Varnier (1) à propos de l'irrigation continue. Ces auteurs, au lieu de superposer les deux matelas du lit de la patiente, les juxtaposent en les repliant, et laissent entre eux un intervalle ; la femme est étendue dans son lit, et le siège correspond à la gouttière laissée entre les deux matelas. Cette gouttière est comblée par une toile cirée, percée d’un trou central qui permet l'écoulement des liquides dans un récipient sous-jacent. L’eau chaude qui doit servir à la douche est versée dans un vase épais en porcelaine qu'on place à une certaine hauteur, et s'écoule lentement, par l'intermédiaire
(4) Pinard et Varnier. Paris, 1886