‹ De l'Accouchement Prématuré ProvoquéChapitre 6 sur 31 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

Deux points importants doivent être précisés dans cette étude :

1° À quel moment l’accouchement prématuré provoqué peut-il être pratiqué?

2° Dans quel cas l'accouchement prématuré doit-il être provoqué ?

I. À quel moment l'accouchement prématuré provoqué peut-il être pratiqué? — L’accouchement prématuré pro” voqué ayant pour but et pour conséquence, dans les cas heureux, le double salut de la mère et de l’enfant, ne peut évidemment être réalisé qu’à une époque où ce dernier sera viable.

Aux termes des articles 312 et 314 du Code civil, est réputé viable l’enfant né plus de cent quatre-vingt jours après la conception, c’est-à-dire ayant atteint six mois révolus. La viabilité, au sens médical du mot, doit être comprise dans des limites plus restreintes. On s'accorde généralement à reconnaître que l'enfant est viable, c’est-à-dire apte à jouir de la vie extérieure, à la fin du septième mois, au deux cent dixième jour. Certainement, on a vu des fœtus nés avant cette époque

vivre, atteindre et dépasser le terme; ce sont là de rares exceptions, suffisantes tout au plus pour justifier les réserves de la loi, mais impuissantes, par leur rareté même, à justifier une règle générale d'intervention. On devra donc toujours attendre, pour réaliser l’accouchement prématuré, que la grossesse ait dépassé le deux cent dixième Jour, et se rappeler, en outre, que la viabilité du fœtus sera d’autant plus affirmée qu’on opérera à une époque plus voisine du terme.

La détermination de la période à laquelle se trouve une grossesse dans un cas donné est souvent difficile à établir. On se basera pour le faire sur l’époque à laquelle les menstrues se sont supprimées, et où se sont montrés les premiers signes fonctionnels d'un début de grossesse. Barnes conseille de compter l’âge de la grossesse à partir de la fin des dernières règles, et d’agir à partir du deux cent cinquantième jour après ce délai. Si cet élément, le plus utile à considérer, fait défaut, si la date exacte de la conception ne peut être précisée, l’accoucheur sera réduit à invoquer un signe bien moins certain, les premiers mouvements actifs du fœtus. Enfin, à défaut de tout renseignement tiré des commémoratifs, il devra s’en tenir au résultat de l’examen clinique de la femme pour apprécier l’époque de la grossesse.

Nous empruntons à l'ouvrage de M. Tarnier (1) le tableau des phénomènes que l’on constate chez une femme arrivée au huitième ou au neuvième mois, c’est-à-dire en état de donner le jour à un fœtus viable :

Huitième mois.— Le fond de l’utérus remonte à cinq travers de doigt au-dessus de l’ombilic; l'utérus est généralement incliné à droite. Toute la portion vaginale du col est ramoilie, l'orifice externe est fermé chez les primipares; il est ouvert

(4) Tarnier et Chantreuil. Traité d’accouchements.

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chez les multipares, et permet d’introduire dans la cavite du col toute la première phalange. La cavité du colest fusiforme chez la primipare, infundibuliforme chez la multipare. Il existe un écoulement de colostrum; des vergetures apparaissent sur les seins. — Au niveau de l'abdomen, on constate de nombreuses vergetures, un effacement complet de la dépression ombilicale ; le ballottement fœtal existe encore ; les mouvements actifs, le souffle utérin, les battements du cœur du fœtus, sont intenses ; la tête, chez les primipares, est engagée dans l’excavation.

Dans la première quinsaine du neuvième mois, le fond de l'utérus s'élève dans la région épigastrique et sous les fausses côtes droites. Tout le col est ramolli, sauf l'anneau de l'orifice interne. Chez les multipares, le doigt peut être introduit jusqu’à cet anneau, qui est fermé ; s’il y a eu antérieurement des accouchements nombreux, il peut pénétrer jusque dans la cavité utérine. Chez la primipare, l’orifice externe est légèrement entr'ouvert,imais ne permet pas l'introduction du doigt. — Les troubles gastriques et les vomissements sont fréquents ; il existe de la gêne respiratoire ; tous les phénomènes fonctionnels observés jusqu'alors s’accroissent. Tout les signes physiques cités dans le paragraphe précédent existent, à l’exception du ballottement.

Pendant la deuxième quinzaine du neuvième mois, le fond de l’utérus s’abaisse ; l’orifice interne se ramollit et s’entr’ouvre chez les multipares ; la cavité du col a une longueur de 4 centimètres, et le doigt arrive sur les membranes. Dans les derniers jours, le col s’efface ; le doigt traverse un orifice dont les bords sont minces et résistants chez les primipares, épais et souples chez les multipares. — Les vomissements cessent, la gène de la respiration disparaît; en même temps, les varices et les œdèmes sont plus prononcés ; il existe du ténesme vésical ; la marche devient plus difficile. Comme

hope signes particuliers : on trouve la tête plus engagée ; la femme ressent des douleurs lombaires, elle se plaint fréquemment de coliques.

Ces signes ont une valeur réelle pour apprécier l’époque de la grossesse dans un certain nombre de cas; mais, empressons-nous de le dire, dans la majorité des faits où l’accouchement prématuré se trouve indiqué, il est impossible d'attribuer à la plupart des signes physiques une valeur probante, à cause de la déformation des parties.

II. — Dans quels cas l'accouchement prématuré doit-il être provoqué ?

L'accouchement prématuré artificiel est indiqué :

1° Dans les rétrécissements du bassin ;

&° Dans certains états pathologiques mettant obstacle à une heureuse solution de l’accouchement à terme.

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