RÉTRÉCISSEMENTS DU BASSIN
« L'accouchement prématuré provoqué est aujourd’hui le traitement spécifique des femmes enceintes rétrécies. » (Bajou) (1).
Les rétrécissements du bassin sont, de tous les états pathologiques de la femme, ceux qui nécessitent le plus souvent la provocation de l'accouchement prématuré. Dans le cas de bassin rétréci, l'intervention s’impose. On peut combattre par divers moyens une hémorrhagie, des convulsions, des accidents cardiaques ; on ne peut modifier le squelette d’un bassin déformé. Aussi, sur 250 cas d'accouchement prématuré artificiel
(1) Bajou. Thèse de Paris, 1885, n° 207
2107) Re
relevés par Lacour (1), 225 avaient-ils rapport à des bassins rétrécis.
Le rachitisme est la cause la plus fréquente des déformations du bassin; voilà pourquoi, lorsqu'on est appelé à examiner une femme enceinte présentant quelques-uns des attributs de cette dyscrasie osseuse (incurvation des membres, déviations vertébrales, déformations articulaires, chapelet costal, inégalité de courbure et nodosités des clavicules), il faut immédiatement porter son attention sur le bassin et en mesurer soigneusement les diamètres. D'où le principe, formulé par les auteurs, d'engager toute femme suspecte au point de vue de la conformation de son squelette, à faire pratiquer l’examen minutieux de sa cavité pelvienne dès le début d’une grossesse.
Le rachitisme n’est pas la seule cause des rétrécissements du bassin ; après lui, il faut citer l’ostéomalacie, les luxations congénitales de la hanche, les fractures de cuisse avec raccourcissement, la luxation de la dernière vertèbre lombaire sur la première vertèbre sacrée, désignée sous lenom de spondylolysthésis (Kilian, Grynfeltt), l'effondrement de la colonne lombaire sous l'influence d’un ramollissement tuberculeux (spondylisème d'Hergott), etc.
Nous n'insisterons pas sur la description anatomique des diverses formes de rétrécissement du bassin ; nous en dirons tout juste ce qui est nécessaire pour expliquer l’intervention par l'interruption provoquée de la grossesse. D'ailleurs cette étude, qui est fort vaste, n’occupera qu’une partie minime de notre travail ; les rétrécissements du bassin réalisent en eïet l'indication la plus ancienne et aujourd’hui la mieux établie de l'accouchement provoqué. Nous passerons rapidement sur ce sujet, pour nous occuper avec plus de détails des points sur lesquels la science moderne commence seulement à être
fixée.
(4) Lacour. Thèse de Paris, 1844, n° 47.