‹ De L'Acide Phénique Dans Le Traitement Des Affections Oculaires À Forme SécrétanteChapitre 5 sur 10 · GRAVE. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

GRAVE. TRAITEMENT

Aucun des malades qui se sont présentés à la clinique des Quinze-Vingts, atteints de conjonctivite

catarrhale simple, caractérisée par l’injeetion de la ennjonstive, surtout dans sa portion bulbaire, par une sensation de graviers, par une sécrétion mucopurulente légère, donnant lieu le matin à l’agglutition descils-et du bord libre des paupières, par des croûtes desséchées, n’a été traité par des caustiques. soit sous forme de collyres, :soit en cautérisations directes faites sur la conjonctive. Ne pouvant se soigner lui-même, il serait de toute nécessité pour le malade qui devrait suivre ce traitement de revenir tous les jours voir le inédecin qui le soigne. Avec l'acide phénique, le traitement devient d'une extrème simplicité, etile résultat tout:en restant excellent est aussi rapide. Parmi des malades dont nous avons pris les observations, un ‘certain nombre avait cependant déjà été cautérisé auparavant, en dehors de la clinique ‘des Quinze-Vingts. Nous avons constaté chez deux d’eutreeux, tous deux eautérisés au crayon de nitrate d'argent pour une simple conjonctivite catarrhale, chez l'un une abrasion .de l’épithélinm cornéen avec photophobie, épiphora, douleurs circumorbitaires très vives ; il n'y a pas de doute que la desquamation épithéliale de la cornée n'ait été la conséquence de la cautérisation intempestive avec le nitrate d'argent. L'autre était atteint depuis deux jours d’ulcère de la cornée, Malgré cet ulcère, le traitement par les caustiques avait été continué, Aussi l’ulcère gagnait-il en profondeur, etiune perforation était imminente. Des anstillations répétées du collyre au sulfate neutre d'ésérine, des

— #5 — pulvérisations fréquentes avee la solution phéniquée: unies au bandeau compressif ont amené une cieatrisation rapide de l'ulcère ; mais une taie métallilique très épaisse persiste, due: en grande partie aux: incrustations de nitrate d'argent dans les maïlles du tissu conjonctif réparant l'ulcère.

Dans le premier eas les douleurs nt persisté très vives jusqu'à la réparation intégrale de l’épithélrum cornéen, ce qui a été obtenu assez rapidement avec les pulvérisations phéniquées chaudes, les compresses chaudes de décoction de pavot et l'imstiilation d’ésérine et d’atropine alternativement,

Si dans le catarrhe conjonctival simple nous croyons à l’inutilité absolue des cautérisations, 1l n’en est pas de même dans les conjonetivites purulentes graves. Il n’est pas rare devoir la cautérisation avec une solution dé nitrate d'argent sur les culs-de-sac conjonctivaux après avoir retourné les panpières, cautérisations renouvelées le lendemam et unies aux lavages phéniqués, faire avorter une conjonctivite purulente s’annonçant à grand fraças et à marche rapide. Toutelois, nous avons vu des conjonctivites purulentes assez graves guéries Complèetment par le seul usage des lotions phéniquées. La forme bénigne la plus fréquente, sorte de conjonctivite catarrhale intense, sera toujours justierable du traitement par l’acide phénique. Dans la forme grave, caractérisée par le gonflement prononcé et parfois excessif et rapide des paupières qui prennent une coloration érysipélateuse, par

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l'apparition rapide d'un chémosis autour de la cornée, par l'altération précoce de cette membrane et par des douleurs vives, l'acide phénique rendra encore des services, mais ne pourra pas, dans beaucoup de cas, être employé seul. Les lavages fréquents, répétés toutes les heures, auront pour but de ne point laisser le pus séjourner sous les paupières et de diminuer [a sécrétion purulente. Lorsque pendant la période d'état de Ja conjonctivite purulente il survient une lésion cornéenne, nous croyons, avec M. Fieuzal, qu'il convient d’user de la plus extrême prudence dans les manœuvres pratiquées pour retourner les paupières, etque dans bien des cas il est préférable de supprimer les cautérisations qui deviennent alors plutôt nuisibles qu'utiles. Cette opinion n’est pas celle de tous les auteurs. Dans une thèse sur le traitement de la conjonctivite purulente grave, l’auteur rapporte un fait communiqué par M. Abadie, fait que nous reproduisons intégralement et qui est en contradiction avec ce que nous avançons :

« La cautérisation exerce une influence favorable pendant douze heures environ ; mais au bout de ce temps son action semble s’épuiser et la maladie reprend sa marche progressive. OR peut s’en assurer de la façon suivante :

« Un malade se présente à nous atteint de conjonctivite purulente avec lésion cornéenne: nous pratiquons une cautérisation séance tenante, avec une solution de nitrate d'argent à 3 0/0. Examinons

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