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OBsERvVATION II (Résumée).
(Actinomycose thoracique, in Raingeard, thèse de Paris, 1895.)
G.… Charles, âgé de six ans. Père tuberculeux. Mère bien portante. À quatorze mois, convulsions. À trois ans et demi, fièvre typhoïde avec toux qui, depuis, n’a jamais complètement guéri. Fut surpris plusieurs fois, allant étancher sa soif dans l'écurie, avec l’eau contenue dans les seaux où buvaient les chevaux. Dans cette écurie, il y eut en 1895 ou à la fin de 1894 un cheval atteint de toux et d’une éruption cutanée.
En juillet 1895, chute à la renverse d’une hauteur de 30 centimètres. Une semaine après apparut une scoliose à convexité gauche ; en même temps un abcès gros comme une noisette se développa sur le bord interne de l’omoplate et vers son milieu. Audessous se produisit une tumeur qui s’ouvrit spontanément et laissa écouler un pus grumeleux. Traitement parl'iodurede potassium et l'incision : il sortit un pus jaune et bien lié. La cicatrisation suivit sa marche normale, mais tout autour du champ opératoire apparurent des tumeurs nouvelles ; les ganglions axillaires se prirent et sur l'épaule du même côté se montrèrent des traînées noueuses d'aspect singulier. Un abcès dans l’aisselle gauche fut ouvert et donna du pus en assez grande quantité. Pas de fièvre, L'enfant fut alors envoyé à l'hôpital Saint-Joseph, le 4 janvier 1896, avec le diagnostic hypothétique de farcinose.
Examiné à son entrée, le malade présente dans la région dorsale des nodosités séparées par des espaces de peau saine et groupées en deux tuméfactions distinctes, La tumeur gauche est ovalaire, longue de 9 centimètres, large de 4. La peau est surélevée, paraît normale; elle est parsemée de nodosités formées de deux parties : l'une périphérique représentée par un soulèvement des couches superficielles de la peau, l’autre centrale, à peu près circulaire, constituée par une cuticule violacée tellement mince qu'elle laisse voir par transparence des grumeaux jaune rouge
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mobiles dans un liquide séreux très peu abondant ; on perçoit une fluctuation douteuse en ces points. Ces tumeurs ne paraissent pas communiquer les unes avec les autres, ni avec la tuméfaction qui les supporte. La tuméfaction droite mesure 8 centimètres de haut en bas et 6 cm. 1/2 de large. C’est un vaste plateau saillant, À côté de tumeurs à peau violacée, saillantes ou non, on voit quelques ulcérations, les unes à fond jaunâtre, à bords décollés et violacés; les autres taillées comme à l'emporte-pièce. Ces ulcérations semblent communiquer dans la partie profonde du derme. La peau de la région est toujours normale ; elle est mobile, décollée ; à la partie inférieure surtout, on sent une fluctuation profonde.
Les ulcères laissent suinter un liquide à peine furulent et en faible quantité. En dehors de ce groupement principal, on voit cinq plaques au-dessous de l'extrémité inférieure de la cicatrice, Placées sur deux lignes verticales,elles sont ovoïdes,régulièrement découpées dans la peau; elles présentent 4 à 2 centimètres de long sur À de large. Elles ne forment aucune tumeur sur la paroi et leur surface modifiée se continue sans ligne de démarcation avec la peau saine. Tantôt lisses, tantôt irrégulières, avec ou sans points jaunâtres, elles sont d’un rouge parfois très vif, sèches et parcheminées au toucher.
À l'union de l’épaule et du cou, où un abcès volumineux avait été ouvert, on voit trois cordons parallèles ; ils partent sensiblement de la tumeur dorsale gauche. Ils ont une direction commune pendant 5 à 6 centimètres, puis divergent ; pour aboutir, l’un à l’acromion, les deux autres à une plaque sternale. Ils sont formés d’une série de renflements limités à l’extérieur par une peau translucide, violacée. On aperçoit par transparence un ou deux grains jaunâtres qui flottent dans un liquide séreux. Autour de cette cuticule, sur 1 millimètre environ, la peau rouge relie ces nodosités.
Sous l’aisselle du même côté se voit un cordon analogue aux “précédents, à convexité antérieure, long de 5 à 6 centimètres. Là encore un abcès s’est ouvert et il existe une fistule qui suinte
légèrement.
Sur la région sternale, au point où aboutissent les cordons de l'épaule, au niveau du manubrium, on voit deux ou trois ulcérations à bords irréguliers, non décollés, à fond jaunâtre, séparées par une peau violacée, Peu de suppuration.
Au niveau de ces lésions cutanées, la peau est æ une sensibilité extrême. Les hémorragies se produisent facilement.
A l'examen des poumons : matité vers le milieu du poumon gauche, respiration exagérée à la base du poumon droit, souffle très accentué à la partie postérieure et moyenne du poumon gauche. Toux faible. Crachats rares et spumeux.
Cœur, foie, rate normaux, Les ganglions cervicaux et cruraux ne sont pas sentis. Réflexes rotuliens exagérés. En février, les lésions dorsales droites tendent à s’agrandir ; du côté du sternum, une tache rouge vif envahit peu à peu le derme,
7 mars. — A la suite de recherches bactériologiques, le diagnostic d’actinomycose cutanée est posé définitivement. Le traitement ioduré est établi. Cependant les ulcérations sternales s’agrandissent.
Dans la région dorsale droite les ulcères s'étendent de plus en plus tandis que les lésions gauches finissent par disparaître, L'état pulmonaire ne varie pas.
9 mars. — Etat somnolent qui se continue les jours suivants. Diarrhée assez abondante. Vomissements intermittents.
8 avril 1896. — Mort.
4 avril. — Autopsie.
Dans le poumon gauche, noyaux indurés ayant au centre des petits grains d’actinomyces.
Points jaunes actinomycosiques dans les méninges médullaires.
Liquide fétide avec quelques actinomyces dans la cavité pieurale gauche qui communique avec la fistule située à gauche du Sternum, au niveau du troisième espace intercostal,
OBSERVATION III (résumée. )
Actinomycose de l'abdomen. (In von Bonsdorff, De l'actinomycose chez l'homme, 1894.)
Homme âgé de dix-sept ans. Une infiltration indurée semblable à un fibrome s'était produite dans le grand droit de l’abdomen, On en fit l’excision et il se trouva que c'était de ’actinomycose. L’infiltration s’étendit ensuite dans la partie inférieure de la paroi abdominale. Mort. Ou trouva à l’autopsie que le foyer primitif de l'infection était dans l’S du côlon et qu'il y avait des métastases dans l'intestin grêle, le foie et les poumons.