RIT
spectre. En 1861 Ritter et Wolloston découvrirent que ce noircissement pouvait être obtenu au delà du spectre visible. Il existe donc des radiations inactives sur notre rétine qui se révèlent seulement par leur action chimique. Toute la région du spectre capable d'agir sur la plaque photographique est appelée région actinique. Elle s’étend au delà des limites de lextrémité supérieure du spectre visible et sa portion invisible porte le nom d’ultra-violet.
I n'y a cependant pas de démarcations absolues entre ces différentes radiations. Il n’y a pas de radiation du spectre qui soit rigoureusement froide où rigoureusement inactinique. Il s’agit en l’espèce d’une seule forme d'énergie, l'énergie radiante, ce qui différencie, ce qui distingue ces diverses radiations c’est leur longueur d'onde. Les longueurs d'onde de ces différents rayonnements (c’est-à-dire la distance qui sépare deux ondes ou les mouvements vibratoires sont synchiones) vont en croissant de Pultra-violet à linfra-rouge.
D’après Chatin et Carle lultra-violet commence
au-dessous de À — 5% 392, tandis que linfra-rouge s'étend au-dessus de 2 — 5x 698. Depuis 1907 les phy-
siciens ont adopté comme unité de mesure PAngstrôm qui est le dix-millième de micron ou dix-millionième de nillimètre, notation qui permet de donner plus de précision aux chiffres obtenus.
En ce qui concerne le spectre ultra-violet, Corne observa, en étudiant le spectre solaire, qu'il s’éten-
dait jusqu’à une limite donnée par À — 2.910 A. On
LME
a cherché depuis à obtenir des spectres plus étendus dans la région ultra-violette et on s’est adressé à des appareils à incandescence à vapeurs métalliques. En faisant jaillir l’étincelle d’induction entre des électrodes de magnésium, de cadmium, de zine, on a pu reculer le spectre ultra-violet jusqu'aux longueurs d'onde À: — 2.780 ‘Mg) z = 2.140. (cadmium) À = 2.020 (Zn). Soret a même été plus loin et a obtenu des radiations de 2 — 1.850 qui correspondent à la raie la plus réfrangible de lalimunium.
Ces déterminations ont pu être faites grâce à l’emploi des spectroscopes munis de pièces optiques transparentes aux radiations ultra-violettes. Mais à Pair libre, ces radiations ne peuvent être observées que jusqu’à une certaine limite ; = 1.800 A. Au-dessous elles sont rapidement absorbées par l'oxygène et Pair. D'où la nécessité d'opérer avec un spectroscope placé dans le vide.
Schumann, à laide d'un spectroscope en spath fluor placé dans le vide découvrit dans le spectre de hydrogène, des radiations de très faible longueur d'onde, reculant ainsi l’extrémité supérieure du spectre jusqu’à À = 1.250 A.
Lyman utilisant la méthode des réseaux métalliques concaves fonctionnant par réflexion à pu mesurer la longueur d’onae À — 1.030 A.
Enfin, plus récemment, Lenard et Ramsauer, en étudiant l'émission d'une puissante étincelle éclatant entre électrodes daluminium, ont découvert des radialions ultra-violcttes de longueur d'onde inférieure à ) = 1.000 A.
Tout dernièrement M. Holweck, dans une note présentée à l'Académie des Sciences par M. Lippmann (28 févr. 1921) montra qu'il n'y avait pas de solution de continuité entre Iles radiations lumineuses et les rayons X de grande longueur d'onde. Par un dispositif complexe, cet auteur put déceler et étudier Îe rayonnement émis pour une différence de potentiel de 25 volts entre l’anode et la cathode (: du spectre continu 493.10 cm.) et acquérir la certitude qu’il ne s'agissait pas de rayons ultra-violets parasites en déterminant absorption de cette radiation dans le celluloïd. Aïnsi se trouva réalisée pour des radiations de longueurs d'onde comprises entre 1.000 et 10.10- $ em. une liaison continue entre la lumière et les rayons À.
Depuis l’extrémité du spectre visible, jusqu'aux adiations ultimes de lextrémité droite du spectre, nous avons donc toute une gamme de rayons dont la longueur d'onde va progressivement en décroissant. On les divise généralement en trois groupes
a) L’ultra-violet ordinaire qui s'étend de lextrémité du violet à 3.000 A.
b) Lultra-violet moyen qui s'étend jusqu’à 2.225 A. extrémité du spectre de mercure perceptible dans l'air.
c) L'ultra-violet supérieur qui s'étend jusqu'aux rayons de Lyman et au delà 2 — 1.000 A.
Les lampes du type Finsen donnent toute la gamme des radiations jusqu’à z — 3.000, elle se prolonge
même dans lultra-violet moyen, mais létendue et
l'intensité de cette portion du rayonnement sont relativement assez faibles.
Les lampes au fer donnent au contraire un spectre très riche en ultra-violet moyen.
La lumière de la lampe à vapeur de mercure est très riche en rayons bleus, violets et ultra-violets. Dans les lampes à paroi de verre l’ultra-violet esl retenu par le verre à partir de À = 2.900. La lampe en quartz est la source la plus puissante de rayons actiniques de toutes longueurs d'onde. La limite supérieure de son spectre s'étend jusqu'à ; — 2.224.
Ces résultats très intéressants au point de vue physique entrainent-ils des déductions thérapeutiques pratiques; en d’autres termes y a-t-il intérêt au point de vue de la thérapeutique dermatologique à étendre le plus possible l’extrémité droite du spectre ultraviolet et à rechercher les radiations de plus courte longueur d'onde possible? L'expérience a permis de répondre par la négative. Bordier et Nogier ayant exposé leurs bras pendant 15 secondes contre la fenêtre de quartz de la lampe de Kromayer furent atteints rapidement d'une inflammation tonsidérable avec rougeur et gonflement. Au bout de trois jours il se forma une bulle qui se rompit au {° jour. Après un mois seulement s’'acheva la réparation, laissant après elle une légère pigmentation.
Même si les tissus ne sont plus en contact avec la lampe et séparés d'elle par une courte distance, on peut observer également des lésions d’actinodermite. mais alors les réactions obtenues sont toujours en raison inverse du carré de la distance. |
Ce sont d'ailleurs des lésions toujours superficielles pouvant s'accompagner, si elles sont intenses, de nécrose superficielle, mais n’entrainant pas après leur réparation de troubles trophiques comparables aux radiodermites. Leredde et Pautrier étudièrent chez un sujet atteint d'un violent erythème, et sur eux-mêmes, les lésions histologiques provoquées par ces actinodermites légères. Is observèrent des lésions affectant principalement l’épiderme : exfoliation par place de la couche cornée, état spongoïde de corps muqueux avec accroissement des espaces inter-cellulaires, figures de Karyokinèse dans la couche basale beaucoup plus nombreuses qu’à l’état normal; du côté du derme infiltration œdémateuse avec nombreux éléments cellulaires, vaso-dilatation marquée avec dissociation légère des faisceaux conjonctifs. Lorsque la réaction atteint le stade bulleux, ces auteurs observèrent que le liquide s’échappant de la bulle était riche en polynucléaires et en gros noyaux. L’épiderme sous-jacent à la bulle avait dans ses parties superficielles un aspect homogène avec de nombreux Iymphocythes en voie de migration vers la bulle; dans la profondeur, les cellules avaient conservé leurs noyaux. Du côté du derme infiltration œdémateuse accentuée.
Toutes ces expériences démontrent donc bien qu’il s’agit de lésions superficielles intéressant l’épiderme et les couches superficielles du derme. Moœller arrive aux mêmes conclusions; cependant d’après cet auteur
des expositions prolongées ou intenses entraîneraient
ATTEUER
une abondante éxsudation séro-fibrineuse riche en polynucléaires et en globules rouges, avec thrombose dans les vaisseaux du derme et nécrose épithéliale consécutive. Opérant sur l'oreille du lapin albinos, cet auteur observa que les lésions ne restaient pas localisées sur la portion irradiée, mais siégeaient également sur la face non exposée du cartilage. Cette expérience permet de conclure qu'il existe dans le rayonnement hétérogène employé, des radiations ayant un pouvoir pénétrant suffisant pour traverser les couches superficielles des téguments. D'après Lenkeïi (opinion toute personnelle d’ailleurs), la Hmite extrême de pénétration des rayons actiniques (pouvoir de pénétration des rayons bleus) serait de 3 centimètres. Une grande quantité du rayonnement ultraviolet se trouve donc arrêtée par l’épiderme et y détermine des réactions plus ou moins violentes signalées plus haut.
La nature de ces radiations a été mise en évidence par Freund. Employant un arc éclatant entre des électrodes constituées par un alliage de plomb, zine, ‘admium, très riche en rayons de courte longueur d'onde, il examina par la méthode spectrographique la transparence de lambeaux épidermiques provenant des bulles de vésicatoires et de pemphigus.
En comparant les épreuves spectrographiques obtenues avant et après l’interposition du lambeau épidémique, il constata que la transmission de lultraviolet cesse à partir de À — 3.260. Au delà toutes les
radiations sont arrêtées; toutes les radiations com-
EN
prises entre l'extrémité du violet et 1 — 3.260 traversent l’épiderme. Sur les tissus vivants les résultats furent identiques, l'oreille comprimée entre deux lames de quartz ne laisse pas passer les radiations plus rapides que 2 — 3.260. Pour Jansen cette limite s'abaisserait à 3.220.
Il résulte donc de toutes ces expériences des déductions thérapeutiques intéressantes, à savoir que les rayons de courte longueur d'onde de Fultra-violel extrême, absorbés par une très petite épaisseur d’air sont retenus par les couches les plus superficielles des tissus, que seuls ont une action pénétrante les rayons de grande longueur d'onde.
M. Nogier a bien insisté sur ces points el a tiré de ces données les déductions suivantes
1° Si l’on désire en thérapeutique des effets biotiques, il faut se borner aux rayons du spectre visible et à l’ultra-violet ordinaire.
2° Si l’on recherche un effet bactéricide il faut d'adresser à l’ultra-violet moyen.
3° Ï]l est inutile de rechercher des sources riches en ultra-violet extrème puisqu'il magil pas en profon deur, tout en déterminant des réactions douloureuses parfaitement inutiles.
Il convient d’ajouter de plus, que l’on peut accroïitre ce pouvoir de pénétration des rayons de grande longueur d'onde, en supprimant un des obstacles qu'ils rencontrent dans la traversée cutanée, à savoir Îla nappe sanguine des couches superficielles du derme.
L'’ischemie provoquée par la compression aussi par