‹ De L'Actinothérapie Combinée à l'Électrolyse négative dans le traitement des Nœvi plans vasculairesChapitre 7 sur 17 · SOIT · texte numérisé non relu

SOIT

Le principe de ces appareils est dû à Arons, de Berlin, qui découvrit en 1892 que les vapeurs de mercure traversées dans le vide par un courant électrique, produisent une lumière très riche en ultraviolet. Divers modèles ont été construits, surtout en Allemagne et en Amérique.

La lampe Uvioz est constituée par un cylindre de 15 à 65 centimètres. Le pôle négatif est entièrement recouvert de mercure et se trouve à la partie inférieure, le tube occupant une position presque verticale. Le pôle positif est à la partie supérieure. Dans l’intérieur du tube se trouve un miroir en forme de gouttière qui concentre dans une seule direction les rayons lumineux. Les modèles d'intensité sont conslitués par trois où quatre tubes posés parallèlement sur le même support. L’allumage se fait par un simple mouvement de bascule. La paroi du cylindre est constituée par un verre d'une composition spéciale imaginé par Zschimmer (Schott à Iéna) qui laisse passer une assez grande partie de l’ultra-violet jusqu’à À = 2.530.

La lampe Cooper-HEWrrr cest basée sur le même principe, mais ici les radiations ultra-violettes sont en grande partie arrêtées par l'enveloppe en verre (à partir de À = 2950).

Kuch, physicien attaché à l'établissement Herœus, à Hanau, substitua en 1905 au tube de verre un tube en quartz transparent à lPultra-violet. En outre de cette propriété, le quartz ayant un point de fusion

plus élevé que le verre, permet de débiter dans le

tube des quantités plus élevées d'énergie, d’où augmentation de l'intensité actinique.

Kromayer fit construire un modèle, qui malgré ses inconvénients est encore employé couramment en théapeutique dermalologique. C’est un de ces modèles présenté par la Société des lampes de quartz de Nancy que nous avons utilisé pour traiter nos malades.

Elle est constituée par un tube cylindrique de quartz de 10 cm. de long et d’un em. de large en forme d'U renversé dans lequel on fait le vide. Les deux extréimités sont recourbées horizontalement en arrière et terminées par deux réservoirs où se trouve le mercure dans lesquels plongent les deux pôles et la conduite électrique, La branche cathodique est plus étroite et le mercure y monte à un niveau supérieur, ce dispositif permettant le refroidissement de la cathode. Ce tube est entouré d’un second tube en quartz isolant le premier de la circulation d’eau, le tout étant entouré d’une gaine métallique à lPintérieur de laquelle, entre le système de quartz et la boîte métallique existe une circulation d'eau permanente. Au devant de la gains métallique est ménagée une fenêtre ronde obturée à volonté par une lame de quartz ou un verre uvioi lorsque l’on emploie un rayonnement filtré. Enfin, au devant de ce système, un compresseur, également en quartz de dimension et de forme variées, permet la compression des téguments. La lampe est montée sur un support métallique, permettant de la fixer à hauteur variable. Elle fonctionne sur courant continu : pour 120-140 volts elle absorbe # à 5 ampères. À laide

d'un rhéostal on peut modifier l'intensité du courant el par suite celle de la lumière. Un simple mouvement de bascule suffit pour lallumage.

Un des gros inconvénients de cette lampe est qu’elle ne peut fonctionner que dans la position verticale. La compression est parfois très difficile à effectuer complètement d'une façon rigoureuse. De plus, Île quartz s’altère rapidement à l’usage et sa transparence diminue rapidement, Enfin des dépôts calcaires se forment sur le quartz lorsqu'on emploie de l'eau courante; ces dépôts forment filtre et doivent être fréquemment enlevés par une solution chlorhydrique à 10 %. l

La Jaimpe de Kromayer donne un rayonnement très riche en ultra-violet moyen, descendant jusqu'à , = 2.225. Avec interposition d'écran uviol,. elle retient lultra-violct jusqu'à À = 2.530.

La valeur de la pénétration de rayonnement de celle lampe a été l’objet de nombreuses discussions et les expériences faites à ce sujet ont abouti à des résultats contradictoires. Kromaver lui attribuait une puissance de pénétration trois fois supérieure à celle de Finsen. Hesse et Stern, ainsi que Bering, arrivent au contraire à des conclusions lout à fait opposées.

Wichmann, employant un rayonnement filtré au bleu de méthylène et opérant sur une orcille de lapin, accorde à Ia lampe de Kromayer une action profonde (très marquée supéricure au Finsen. Busk, Maas, répétant ces expériences, arrivent à des con-

clusions opposées.

TE

Purkhauer, étudiant les lésions histologiques produites sur le vivant par la lampe de Kromayer, accorde à celle-ci un pouvoir de pénétration intense. puisqu'elle détermine sur une oreille de lapin irradiée des altérations du cartilage de la face non exposée, ainsi qu'une infiltration œdémateuse sous-cutanée très marquée.

De toutes ces discussions, il semble résulter à l'heure actuelle que le pouvoir de pénétration du rayonnement émis par la lampe de Kromayer est relativement faible, même avec un rayonnement filtré. I agit sur les couches superficielles, mais beaucoup moins sur les couches profondes du derme. Son action est remarquable dans les nœvi superficiels et d'infiltration moyenne, mais d’un résultat beaucoup moin bon dans les nœvi profonds. C’est en provoquant une hypertrophie du tissu conjonctif et par suite une diminution du calibre des vaisseaux qu’agit lultraviolet, avec une action d'autant plus intense et d’autant plus efficace que la lésion siège dans les couches les plus superficielles du derme.

La connaissance qualitative du rayonnement suffit généralement aux besoins de la pratique, Pexpérience permettant de déterminer le temps nécessaire pour obtenir une réaction voulue, sans s’exposer ici à de graves inconvénients.

M. Bordier, cependant, opérant d’une façon scientifique et rigoureuse, a construit un chromo-actinomètre permettant de doser le rayonnement émis.

En appliquant une bande de papier au ferrocyanure

En,

au contact de la fenêtre de la lampe, on obtient ainsi une relation entre la teinte obtenue et les temps pendant lesquels agissent les rayons. L'auteur a cherchs à étalonner ces teintes pendant les temps 1, 2, 4, 6, 12, 24, 36. Il désigne ces teintes par des numéros, 0, I, I, HE, IV, V, VI Il chercha ensuite à définir une unité de quantité afin de pouvoir connaitre la valeur de chacune des teintes en fonction de cette unité. L'auteur prit comme unité la quantité de rayons u. v. N épaisseur d’un em. est capable de réduire un milligr.

qui agissant sur une solution & Az Of Ag. et sur une d'Ag. par Cm. carré.

Une fois cette unité définie, il n'y avait plus qu’à trouver le nombre d'unités représentées par chacune des teintes-étalons de l'échelle actinométriques.

Pratiquement, d’après M. Bordier, ces correspon-

dances sont les suivantes

Dé CLR 09 unité TO PP ER 1 es — Il 2 agir LOST SE

IV 6 l'EPALEENOMPO : 7, VIRE ST À —

Divers facteurs pour une lampe donnée font varier la quantité de rayons émis. C’est ainsi qu’elle varie dans de notables proportions avec l'intensité du cou: ‘ant

MR ÉS., à ©

de Intensité (Ampères), Temps nécessaire pour visage teinte RER TEE FOR 60 | (End A PE ER Tr CRE à 70 D ete a VAR Es 120 CRT EN RL Ne en DS ER NE 210

Un autre facteur très important est l’âge de la lampe, le quartz subissant des transformations qui le rendent moins transparent. Nous reviendrons d’'ail-

leurs plus loin sur ce sujet.

LEÉCHIINTEERER

Il est indispensable pour obtenir un résultat thérapeutique d'observer une technique rigoureuse et de ne pas s'éloigner d’une ligne de conduite dont il est utile de préciser les grandes lignes. Tandis que dans le traitement de certaines affections dermatologiques, névrodermites, lichen, prurit, pelade, par exemple, il est utile d'obtenir une réaction uniquement superficiclle, ici au contraire, il s’agit d'agir en profondeur, toute relative d'ailleurs, sur les couches superficielles et moyennes du derme. Dans le premier cas, on utilise 1e rayonnement global de la lampe, dans le second. nous ferons intervenir deux éléments nouveaux modiliant le rayonnement et la pénétration. Ce sont la

filtralion d'une part, la compression de l'autre.

liltralion. — Les ravons ullra-violets de courte longueur d'onde sont absorbés en quantité considérable par l'épiderme et la couche cornée; il n’en est pas de méme des radiations du spectre visible et de l’ultraviolet moyen; celles-ci présentent en effet un certain

pouvoir de pénétration dont nous recherchons dans

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le cas particulier leffet thérapeutique. Il est donc indispensable de sélectionner le rayonnement en supprimant les radiations actiniques de l'extrémité droite du spectre, radiations déterminant une réaction violente des couches superficielles inutile et pouvant faire obstacle au passage des rayons plus pénétrants, pour n'utiliser que lultra-violet ordinaire et moyen dont l’action thérapeutique seule nous intéresse. A cet effet, on peut faire circuler devant la fenêtre de quartz une solution de bleu de méthylène qui absorbe les rayons ultra-violets les moins pénétrants, c’est-àdire les rayons de faible longueur d'onde. Il est plus commode, et c’est la technique que nous employons, d'interposer entre la cage métallique et la lampe où se fait la circulation d’eau et le compresseur en quartz, une lame de verre uviol bleu foncé. Ce verre n’est perméable qu’au bleu violet et ultra-violet moyen, et arrête le vert'et le jaune, émis d’ailleurs en

très faible proportion par la source lumineuse.

Compression. — Cependant le pouvoir pénétrant des rayons actiniques n’est pas tel qu'il pourrait atteindre les couches moyennes et profondes du derme lorsque les téguments sont normalement irrigués. La nappe sanguine des couches supérieures du derme absorbe la presque totalité des rayons et lon n'obtient alors qu’une réaction toute superficielle. En pratiquant par la compression une ischémie aussi parfaite que possible de la région à traiter, on se

place dans les conditions les plus favorables à la

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pénétration du rayonnement. Une bonne compression est très difficile à réaliser : il faut en effet adapter la surface à traiter à la convexité du compresseur d: quartz, la lampe étant fixe et ne pouvant fonctionner que dans une position déterminée, c’est-à-dire lorsque sa fenêtre est dans un plan vertical ou légèrement oblique. Chez l'adulte le patient arrive de lui-même à obtenir une compression suffisante. Chez l'enfant la compression est plus délicate ; l'indocilité de ce dernier nécessite souvent la compression par un aide et le maintien de la surface à traiter sur le compresseur de quartz. Au niveau de certaines régions et particulièrement aux angles de la face, à l'angle interne de l’œil, siège fréquent de nœvi vasculaire, la compression est particulièrement difficile et délicate. A ce niveau il est préférable pour obtenir une ischémie aussi parfaite que possible d'employer des compresseurs de faible dimension. Les constructeurs en fournissent une assez grande variété de modèles, de dimensions et de formes variables, rondes ou cylindriques, facilement interchangeables sur larmature métallique de la fenêtre.

Afin d'agir d'une façon uniforme sur la surface à traiter il est nécessaire de la diviser en un certain nombre de petites surfaces carrées de 3 centim. environ de côté que lon limite au moyen d’un corps opaque aux rayons actiniques. L’emplâtre rouge de Vidal est d’un emploi commode, adhère fortemeni aux téguments, ne se déplace pas pendant la durée de lirradiation et réalise un écran tout à fait suffisant

pour protéger les tissus environnants.

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