‹ De L'Actinothérapie Combinée à l'Électrolyse négative dans le traitement des Nœvi plans vasculairesChapitre 8 sur 17 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

L'inconvénient de cette méthode est que lon ne peut traiter à la fois qu'une petite surface de la iésion, ce qui prolonge considérablement la durée du traitement lorsque le nœvus présente comme il arrive fréquemment d'assez fortes dimensions.

Le temps d'irradiation est variable suivant les cas. Il dépend en effet de plusieurs facteurs qui sont :

1° La tension du secteur à courant continu sur lequel est branchée la lampe;

2° L'intensité utilisée. À cet effet un rhéostat est placé sur le pied de lPappareil. Au moyen d’un curseur métallique on peut faire varier à volonté l’intensité des radiations émises;

3° La sensibilité de la peau sur laquelle on agit. Variable suivant la région, l’âge, le sexe, variable également d’un individu à l’autre. Par une même lampe branchée sur un même secteur, avec une même intensité de rayonnement émis, on obtiendra chez tel individu la réaction désirée en vingt minutes, par exemple alors que chez tel autre une demi-heure d'irradiation sera nécessaire pour obtenir le même résultat;

4 L'âge de l'appareil. Après un fonctionnement prolongé, le quartz sous l'influence vraisemblable de la très haute température de l’are subit des modifications intimes et devient moins transparent aux rayons actiniques. D’après les travaux de M. Berthelot, il est vraisemblable de penser que le quartz se polymérise €t devient ainsi moins transparent à l’ultra-violet. M. Bordier a bien montré que ces dif-

férences dans la quantité des rayons émis à l’émes-

gence de la lampe, suivant lâge de celle-ci, pouvait rarier dans des proportions énormes. C’est ainsi que, avec une lampe neuve, M. Bordier obtient au bout de 5 secondes la teinte étalon 0 de léchelle actinométrique; avec la même lampe ayant deux ans d'usage, il faut 35 secondes pour obtenir cette même teinte étalon du chromo-actinomètre de Bordier. D’après cet auteur voici un tableau donnant une idée très nette de limportance du facteur àge dans la

quantité de rayons émise par une lampe donnée

Temps nécessaire pour le virage.

Lampe neuve. Après 2 ans.

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- Le chromo-actinomèire de Bordier peut donc permettre de mesurer la quantité d'énergie radiante émise par une lampe d'un àge indéterminé et par suite d’en déduire facilement la durée d'exposition nécessaire pour obtenir la réaction cherchée.

Cet appareil présente d'ailleurs un intérêt plus scientifique que pratique. Dans le eas particulier une erreur de dosage peut entrainer une réaction violente dépassant le but proposé, mais n’est jamais suivie de troubles trophiques graves comparables à ceux que l’on voit se produire au cours des radio-

dermites.

Pratiquement on arrive rapidement avec une certaine habitude du maniement de la lampe à obtenir empiriquement la réaction cherchée sans jamais Ia dépasser. Avec la lampe que nous avons utilisée dans le laboratoire de M. Belot, il nous a fallu un temps de pose de 25 à 30 minutes pour obtenir cette réaction, c’est-à-dire la phyctène. Il faut, en effet, pousser assez loin pour obtenir un bon résultat thérapeutique et ne pas se contenter d’une réaction érythémateuse due à une irradiation insuffisante. On se gardera bien cependant de dépasser le stade phlyctène et d'aller jusqu’à l’escharre qui pourrait laisser après elle une cicatrice disgràcieuse.

En utilisant cette technique on voit apparaître dans les 24 heures qui suivent l’irradiation un érythème violent qui va en s’accentuant et qui s'accompagne parfois de légère sensation de brülure. Puis la surface érythémateuse s’œdématie, et au bout de 48 heures généralement la surface irradiée se couvre de vésieules: le plus souvent lorsque la réaction est franche et assez violente une large phlyetène apparaît avan! les dimensions de toute la surface irradiée. C’est une bulle parfois de volume considérable qui vers le cinq ou sixième jour commence à s’affaisser; elle se des: sèche bientôt et ne laisse plus après elle qu’un placard croûteux jaunâtre qui s’effrite et tombe spontanément vers le huit ou dixième jour. Au-dessous apparail une surface rosée blanchâtre, quelquefois légèrement pigmentée. Cette pigmentation est d'ailleurs transi-

toire et disparaît assez rapidement. Elle s’observe

surtout lorsque la compression a été imparfaite et il est facile de l’éviter en effectuant une compression aussi intense et aussi minutieuse que possible.

On peut dans une même séance traiter plusieurs points différents d’une même tâche afin de hâter le résultat thérapeutique en avant bien soin de délimiter strictement les régions irradices et de ne pas empiéter sur une surface qui vient déjà d’être irradiée. Plusieurs séries d'irradiation sont souvent nécessaires, mais il faut avoir soin avant de revenir sur un point d'attendre que la réaction antérieure soit complètement terminée, c’est-à-dire environ douze à quinze jours. De nouvelles séances sont parfois utiles pour raccorder les différents points d’abord traités isolément, et obtenir ainsi un aspect uniforme de l’ensemble de la tache.

Après la première irradiation on observe toujours une décoloration plus ou moins sensible suivant les individus, execptionnellement une décoloration lo-, tale. C’est alors qu'il est utile de compléter l'action thérapeutique des rayons actiniques en lui combinant un autre agent thérapeutique véritablement efficace, à savoir l’électrolyse négative, ainsi que l’ont préconisée MM. Belot et Nahan dans les observations qu'ils ont bien voulu nous communiquer publiées dans le Journal de Radiologie (T. IE, n° 6, 1916).

Technique de l'électrolyse. — La technique de l'électrolyse a été rigoureusement précisée par notre

maître M. le Docteur Brocq. L’appareillage en est peu

Dr

compliqué ef comprend : un appareil géncrateur, batterie de pile ou accumulateurs, une électrode active constituée par une aiguille en platine iridié, une électrode indifférente, un rhéostat et un milliampèremètre.

L'appareil générateur doit être une batterie dé pile ou daccumulateurs donnant un courant strictement continu, I ne faut pas autant que possible employer le courant continu du secteur qui donne toujours un courant légèrement ondulé plus douloureux pour le patient. L’électrode active n’est autre qu'une aiguille très fine en platine iridié analogue à celles que M. Brocq préconisa dans le traitement de lhypertrichose, suffisamment résistante cependant pour pouvoir pénétrer dans les tissus sans se recourber. La tige de ces aiguilles a de 20 à 22 millimètres de long; elle est montée sur un cylindre d'environ 15 millimètres de hauteur et de 3 à + millimètres de diamètre dont l’axe est relié à l'extrémité du fil conducteur. Cette aiguille est reliée au pôle négatif.

L’électrode indifférente est un cylindre de métal ou de charbon recouvert d’une peau de chamois que Fon relie au pôle positif. ù

Enfin un rhéostat permet d'augmenter insensiblement l'intensité du courant traversant Ie patient el de revenir insensiblement à zéro, sans provoquer de secousses toujours douloureuses. Le rhéostat est bien préférable au collecteur, qui provoque une secousse chaque fois que le curseur passe d’une borne à

l’autre.

D. Pipe

Le patient étant couché sur un lit d'opération bien éclairé, lélectrode indifférente, recouverte de coton hydrophile humecté d’eau salée, est placé sur ses genoux, reposant elle-même sur une épaisse serviette ou une toile imperméable. La manette du rhéostat est poussée de façon à obtenir approximativement l'intensité désirée. Dans l'occurence il faut s’en tenir à de très faibles intensités : 1 milliampere est suffisant par le résultat que lon cherche à obtenir. De fortes intensités ont, outre le désavantage d’être douloureuses, l'inconvénient de laisser après elles des cicatrices disgracieuses qu'il faut avant tout éviter. En ne dépassant pas 1 milli, on obtient un résultat esthétique remarquable sans aucune trace de cicatrice.

L’aiguille est ensuite mise en place. En déprimant légèrement les téguments on met en évidence les nombreuses telangiectasies qui sillonnent la couche dermique. Avec la pointe fine de l'aiguille négative on “athétérise sucessivement ces petits vaisseaux. Les ions négatifs produisent une destruction rapide du vaisseau cathétérisé, une trainée blanchâtre se produit, le sang en est rapidement chassé et au bout de 10 à 15 secondes l'oblitération du vaisseau est obtenue. Avec beaucoup de patience on arrive ainsi à détruire successivement toutes les telangicctasies apparentes déjà atténuées d'ailleurs par l'action antérieure des rayons actiniques. Après chaque séance, on répète cette manœuvre et on arrive ainsi au bout de plu-

sicurs séances à obtenir une décoloration parfois

ns.

Let ee

totale ne laissant absolument aucune cicatrice, résultal parfait au point de vue esthétique puisqu'il ne laisse après lui aucune décoloration tranchant sur la couleur des tissus environnants, aucun trouble trophique plus disgracieux souvent que la lésion elle-

méme.

Indications Thérapeutiques

Les résultats thérapeutiques obtenus par cette méthode combinée varient suivant les formes auxquelles on a affaire. D’après Kromayer (Deut. Med. Woch., 17 fév. 10) relevaient de l’action de l’actinothérapie les nœvi étendus rouges et bleus rougeûtres superficiels formés par un petit nombre de dilatations vasculaires. Les petits nœvi rouges de constitution surtout artérielle étaient redevables de la radiumthérapie. Enfin les nœvi de moyenne grosseur de cons- Utution mixte étaient justiciables du traitement combiné actinothérapie et radium.

Il est un élément qui parait surtout influencer le pronostic thérapeutique, c'est la plus ou moins grande superficialité des lésions. Il est facile au moyen du vitro-presseur de M. Brocq de se rendre compte si La lésion disparait complètement, en partie ou totalement à la vitro-pression, et d'autre part au moyen des graduations de cet appareil de mesurer la distance qui sépare les vaisseaux les uns des autres.

Dans les formes superficielles disparaissant complèétement à la vitro-pression avec vaisseaux assez

espacés, on obtient avec l’actinothérapie combinée à

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