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On supprime la caféine. Le souffle de la pointe a disparu.
Le 26. Les urines descendent à 920.
Le 27. Elles n’atteignent que le chiffre de 600.
Le 28. Elles remontent à 900.
Jusqu’au 3 août, elles oscillent entre 800 et 1000. A partir de ce moment, elles atteignent 1200, chiffre qu’elles ont toujours conservé depuis.
L’état général est devenu excellent, la céphalée a disparu. Le 30 août la malade sort guérie. L’examen des urines ne revèle aucune trace d’albumine.
L’action de la caféine sur la diurèse a été remarquable
dans ce cas, par sa rapidité et sa constance. Nous n’avons pas noté son influence sur la circulation, car il nous a été impossible de prendre aucun tracé sur la malade, en raison de l’état d’émaciation de ses membres.
Observation XI (Personnelle).
Cœur droit forcé.
Jeanne Vashussel, 41 ans, journalière, entre le 3 juillet, 1884, Salle St-Louis 18.
Depuis longtemps elle est gênée pour respirer, mais cette gêne s’explique par l’état de son thorax qui est ramassé sur lui -même. Le rachis présente la double déformation de la cyphose et de la scoliose.
Il y a deux ans, elle eut un œdème généralisé qui dura 45 jours. Lememephénomène se reproduisit, moins accentué pourtant, il y adeuxmois; l’œdème était limité à la moitié inférieure du corps.
A son entrée, on constate de l’oedème dur et lisse des membres inférieurs. La face est pâle, bouffie; sur le reste du corps il existe un peu d’œdème mou plus accentué du côté où la malade se couche. Les urines sont rares, et ne contiennent pas d’albumine.
Le cœur est irrégulier et difficile à ausculter en raison de la déformation du thorax. Pas de souffle, ni d’hypertrophie. Les ugulaires sont gorgées de sang et animées de battements dus jau reflux du sang veineux. Pouls petit, accéléré. Dans la poitrine, on ne trouve que des signes de bronchite avec congestion aux deux bases. Caféine, 0,50. Lait.
Le 6 juillet. Sous l’influence du repos et du traitement, l’œdème diminue légèrement. Les urines qui n’avaient pas dépassé 200, depuis l’arrivée delà malade, ont atteint le chiffre de 500 en 24 heures, et ont été en augmentant graduellement jusqu’au 14, où elles ont atteint 950 c. cubes. Le pouls s’est ralenti,
mais n’est pas devenu plus fort ni plus régulier. On continue la caféine, mais la malade demande le régime commun, car elle prenait très peu de lait.
Le 14. L’oedème a presque totalement disparu des jambes, mais il existe encore, assez marqué le matin du côté ou a eu lieu le décubitus.
Urines.
Selles.
Caféine.
Le 14
Le 21. Les urines n’ont pas été recueillies, la dyspnée apparaît de nouveau très intense. La caféine a été vomie. Pouls rapide, 110, très irrégulier.
Le 22. Les lèvres se cyanosent, la malade laisse aller ses urines dans son lit. Matité et râles crépitants à gauche, en arrière. Pas de souffle. T. 38°, 5.
Le 23. — Etat un peu meilleur, dyspnée moins intense. Le pouls est plus lent mais irrégulier, 80. Urines, 200. Selles 4 Tm 38°. Tv 39°. Caféine 0,75. On applique 20 ventouses sèches en arrière de la poitrine.
Le 24. La dyspnée augmente. Point de côté violent à gauche, T. 38°, on diagnostique une pneumonie. L’état de la malade est très mauvais. Injection sous-cutanée d’éther en avant de la poitrine. Injection morphinée au côté gauche.
Le soir, T. 36°8, la dyspnée augmente. La malade meurt à 10 h. du soir.
Le 26. — A l’autopsie on constate l’existence d’une pleuropneumonie à gauche. Le cœur est graisseux, le ventricule droit est dilaté. Capacité droite 60 c. cub. Capacité gauche 40 c. cub.
Dans le cas ci-dessus, la caféine a eu une action diurétique rapide. Si elle ne s’est pas continuée c’est qu’un
état grave promptement mortel est venu s’ajouter à celui pour lequel la malade était entrée à l’hôpital.
L’action sur le cœur a été moins notable; elle a été purement modératrice.
Dans l’observation suivante, cette double influence a été également marquée. Le pouls et la diurèse ont été avantageusement modifiés.
Observation XII (Personnelle).
Ictère catarrhal.
Vanderstene, Pierre, 49 ans, déchargeur de bateaux, entre le 12 juillet, salle Saint-Honoré, 8.
Il est malade depuis 4 jours et se plaint d’un embarras gastrique. L’ictère date de deux jours seulement. Pas d’antécédents morbides. Alcoolisme.
Le 12 juillet. A son entrée, le pouls est [lent et petit; on prescrit une bouteille d’eau de Sedlitz pour le 13 au matin, et du chiendent nitré comme boisson pendant la journée. Ses urines sont courtes et très colorées; l’analyse y décèle la présence des acides biliaires.
Le 15. — Légère [amélioration. Les urines sont très courtes, 600 dans les 24 heures. Selles, 2.
Au sphygmographe on constate que le pouls est petit et lent [Vide tracé 85), 56 pulsations.
On prescrit 0,25 de caféine, au lieu de chiendent nitré.
Le 16. — Le pouls est plus ample, et moins lent. Les urines ont notablement augmenté, 1200. Caféine, 0,50.
Le 17. — L’ictère a légèrement diminué. La tension artérielle est notablement accrue. Le pouls est plus fort mais toujours un peu lent, 63 pulsations {Vide tracé 86).
Les urines sont encore plus abondantes, 1400; elles sont moins colorées. Selles, 2. Même traitement.
Le 18. — Urines, 2000. Selles, 1. Mêmes caractères que la veille pour le pouls. Caféine 0,50 et eau de Sedlitz.
Le 19. — Urines, 1700. Selles diarrhéiques, 10. L’ictère a diminué d’une façon notable. Caféine 0,50.
Le 20. — Urines, 1800. Le pouls reste fort, sa fréquence est devenue normale, 72 pulsations à la minute.
Le malade se croit guéri et sort pour reprendre son travail, présentant encore une teinte subictérique.
Dans cette observation, l’action de la caféine a été rapide et très manifeste.
Sur la circulation, elle a produit une augmentation de tension dans le système artériel dès le lendemain de son administration; les tracés 85 et 86 1e prouvent d’une façon saisissante. De plus elle a ramené le pouls à sa fréquence normale.
L’action sur la diurèse n’a pas été moins marquée ; dès le lendemain les urines ont doublé et ont atteint plus du triple par la suite.
Observation XIII (Personnelle).
Néphrite interstitielle.
Levre, Mélanie, 48 ans, cuisinière, entre le 5 juillet 1884, salle St-Louis, 9.
Comme antécédents, elle a eu une attaque de rhumatisme généralisé en 1870. Elle aurait cessé d’être réglée à 36 ans. Elle fait remonter à 2 ans le début des accidents pour lesquels elle entre à l’hôpital. Elle urine beaucoup et souvent, ses urines sont claires, spumeuses, sans sucre ni albumine. Elle accuse de la céphalée, des troubles de la vue, de l’ouïe, et un affaiblissement graduel des forces. Le tronc et les membres inférieurs sont légèrement œdématiés. Elle présente en outre des accidents
cutanés de date ancienne, consistant en icthyose généralisée, et en démangeaisons pénibles. Elle se plaint d'éprouver souvent la sensation dite du doigt mort. De temps en temps, elle est en proie à de violentes crises gastriques, qui donnent lieu à des vomissements.
Au cœur, pas d’hypertrophie. A l’auscultation on entend un souffle occupant le petit silence à la pointe. Les urines sont habituellement de 1200 c. cub. à 1300.
Le 10 juillet. On prescrit 0,25 dé caféiné. Urines, 1300,
Urines. Selles. Caféine.
12 2000 3 id.
13 1900 Diarrhée id.