Patouillard, Les Hyménomycètes d'Europe, 1887, p
l’examen des explications qui ont été
MOLLIÀRD.
A coté de cette première action insuffisante, J. Foucaud fait
intervenir la décomposition du mycélium mort. L. Caillete avait déjà donné cette explication du phénomène des cercles mycéliens, en faisant remarquer que les Champignons absorbaient une grande quantité de potasse et d’acide phosphorique, que leur mycélium se décomposait en grande partie l’hiver et abandonnait à la terre les matières puisées dans le sol; au printemps suivant le gazon absorbait ces dernières et prenait ainsi une vigueur toute spéciale. Cette absorption de certains éléments du sol par les Champignons permet de comprendre le mode de végétation circulaire de ces végétaux qui s’étendent vers de nouvelles régions qui ne sont pas épuisées; la décomposition du
mycélium pouvait également permettre de comprendre l’existence
de la zone II interne, mais il se trouve que c’est précisément dans la région périphérique IV, où le mycélium est en voie de développement, que l’herbe est la plus vigoureuse; aussi l’explication proposée, qui doit correspondre à une partie du phénomène, me paraît encore insuffisante, en ce qui concerne tout au moins le cas du Mar mm lus Oreades.
Iiiard enfin cherche à rattacher le phénomène qui nous occupe à un cas de symbiose existant entre le mycélium du Marasmius elles racines des Phanérogames; cette explication dérive selon toute évidence des idées de Frank sur les mycorhizes; Giakd admet que « les hyphes fournissent aux herbes des prairies de l’humidité et un sol plus meuble ». En fait, si on prend les poids frais et les poids secs de feuilles de Plantains qui se sont développés dans les zones IV et V, on constate dans le premier cas une teneur en eau de 83,5 p. 100, alors qu’elle n’est que de 80,9 dans le second; les plantes relativement très développées de la couronne extérieure sont donc un peu plus riches en eau que les plantes témoins. 11 me parait cependant bien difficile d’admettre cette action du mycélium, se traduisant dans la zone IV par de l’eau cédée aux Phanérogames, alors que, dans la bande III, le même Champignon absorbe l’eau du sol avec tant d avidité qu’il dessèche absolument la végétation. L analyse en eau du sol montre qu’il n’y a que 5 p. 100 d’eau dans la région 111,
irales assimilées par les
1. Cailletet (L.), Sur la nature des substances minérales Champignons (C. R. Acad. Sc., 1876, t. LXXXII, p. 1205).
T. LVII. (SÉA
(séances)