‹ De l'Action possible du Thymus sur les organes génitauxChapitre 9 sur 20 · SO · texte numérisé non relu

SO

sieurs mois après à la Société de Biologie, il fut présenté à la Réunion Internationale Neurologique de 1922, il fut montré au cours de M. Abrami, la même année, puis en 1923, au cours de M. Gley et à celui de M. Widal.

« En août dernier, pour étudier l'influence des nucléoprotéides sur les symptômes présentés par ce chien et en particulier sur la polyurie, nous lui avons donné chaque jour plusieurs centaines de grammes de ris de veau cru et de la rate.

« La quantité des urines, sauf un jour où brusquement elle tomba de 400 à 700 cl., ne varia guère, le poids resta le même (28 kg.) ; mais en septembre ce chien présenta une excitation génitale insolite qui étonna, d’autant plus que depuis 4 ans, il n’avait manifesté aucun instinct génésique.

« Au début de décembre, son poids était encore de 27 kg., ses urines atteignaient le chiffre de 4 L., mais sa verge avait plus que doublée, ses bourses s'étaient développées et ses testicules proportionnellement avaient pris un développement énorme.

« Une nouvelle administration de ris de veau, seul par ingestion prolongée pendant 9 jours fut suivie d’une nouvelle augmentation de volume appréciable à la mensuration.

« La quantité considérable de tissus de veau que ce chien a ingéré n’autorise pas une conclusion formelle sur le mécanisme du fait que nous signalons ; il se peut, que dans les tissus de veau, animal en évolution, dans les plasmas de ces tissus, se trouvent des substances qui excitent les fonctions génitales.

« Le fait, s’il était solidement établi, serait déjà fort intéressant, mais nous ne pouvons nous empêcher de pen-

LR 6.

Re

ser à une action spéciale du thymus sur les organes genitaux : les derniers, on le sait, augmentent de volume, quand le premier regresse.

« Quelques expériences de thymectomies paraissent favorable à lhypothèse d’une corrélation fonctionnelle entre les deux organes, mais elles sont différemment interprêtées par les auteurs ».

L'expérience fut reprise sur d’autres chiens.

Voici trois observations que nous pouvons résumer ici, grâce à l’obligeance de M. Gournay.

1 Observation

Petit chien adulte. Poids, 5 k. 500, verge et testicules normaux.

Le 10 août 1923, on lui fait une trépanation par la voie palatine avec une inclusion d’éponge dans la région parahypophvysaire.

On constate bientôt les changements de l’état général et surtout du côté des organes génitaux.

À l’examen du 8 octobre, on note que le poids est diminué jusqu'aux 4 k. 500, que les bourses sont en voie de disparition, que les testicules sont mous et très petits, de volume de petits haricots.

Le chien devint parétique.

Jusqu'au 17 octobre, le chien reste sur le régime ordinaire. Du 18 octobre au 1° janvier on le met sur la viande crue, d’abord 500 gr., puis 300 gr. quotidiennement. :

Le 27 décembre, on constate l’amélioration de l’état général. Le poids est de 5 k. 500. En revanche, les organes génitaux n’ont pas changé : les testicules sont mous et petits, les bourses effacées.

FEES — à —

On change la nourriture. Du 2 au 9 janvier, on donne au chien, 150 gr. de ris de veau par jour. On le remplace par 300 gr. de viande crue pendant une période du 10 au 27 janvier. Le 25 janvier, on revient au ris de veau que l’on administre jusqu’au 7 février, à la dose de 50 grammes chaque jour.

Le chien est revu le 28 janvier 1924. Le poids est de 5 k. 900. Les testicules sont plus gros et plus durs.

Le testicule gauche mesure : en longueur, 2 c. 5 ; en largeur, 1 c. 6.

Le testicule droit mesure : en longueur, 2 c. 3, en largeur, 1 c. 5.

Le 6 février, le chien fait à plusieurs reprises des tentatives de coit avec une petite chienne. Il y a des érections, mais sans un succès complet. A l’examen des gouttes qui suintent du penis, on ne trouve pas de spermatosoïdes.

Le 8 février, on passe de nouveau à la viande crue.

Le 22 février, le poids était de 6 kg.

Le testicule gauche mesurait : en longueur, 2 c. 7 ; en largeur, 1 c. 7.

Le testicule droit mesurait : en longueur, 2 c. 6 : en largeur, 1 c. 7.

2° Observation

Chien adulte. Poids 6 k. 500. Verge et testicules normaux.

Le 28 août 1923, on lui pratique une opération de la base du crâne, de la région parahypophysaire.

Le chien commence à engraisser. Les urines deviennent plus abondantes, quoique présentant de grandes

ET > Eceling

L'LÉd

ET

variations de quantité : 460-1.300 cc. au lieu de 275-770 antérieurement.

Le chièn est mis au régime ordinaire. Le 4 octobre le poids est de 8 k. 500. A l’examen des organes génitaux, le 8 octobre, on constate que les testicules sont devenus plus mous et plus petits ; leur volume est celui de gros haricots. La verge est normale.

Le 18 octobre on met le chien sur la viande crue : 300 gr. par Jour. Les urines et le poids commencent à tomber. Le 23 octobre, le poids est de 7 k. 500. Le 19 novembre le poids est de 7 kg., les testicules mous de même volume.

Le 14 décembre, poids — 7 k. 800, les testicules sont en même état. A la mensuration :

Testicule droit : longueur, 2 c. 3 : largeur, 1 c. 4.

Testicule gauche : longueur, ? c. 3 ; largeur 1 c. 4.

Le 27 décembre, le poids est de 7 k. 400 ; les testicules en même état ; les bourses sont peu affluentes.

On passe au ris de veau.

On donne au chien 150 gr. de ris de veau par jour, du 2 au 9 janvier 1924, puis du 25 janvier au 3 février seulement, 50 gr. chaque jour.

On voit que les testicules commencent lentement à augmenter de volume.

Le 28 janvier, le poids est de 8 kg.

Le testicule droit mesure : en longueur, 3 c. ; en largeur 1 c. 8.

Le testicule gauche mesure : en longueur, 2 ce. 6 ; en

largeur, 1 c. 6.

Le 2 février, le poids est de 8 k. 300.

fratii ER

oh

Le 4 février, le testicule droit a : en longueur, 2 c. 8 ; en largeur, 1 c. 9.

Le testicule gauche a : en longueur, 2? c. 9 ; en largeur, 1 c. 7.

Le chien ne fait preuve d'aucune excitation génésique.

Trouvé mort le 25 mai, le chien présenta à l’autopsie, une très grosse lésion posthypophysaire médiane.

3° Observation

Chien adulte jeune. Verge et testicules petits.

Le 17 décembre 1923, on pratique la même opération que dans les deux premiers cas.

Le 27 décembre, on note que le poids est de 9 kg., la verge est normale, les bourses sont à peine formées ; le volume des testicules est celui d’une noisette.

Le 29 janvier 1927, le poids est de 8 kg. ; les testicules ont plutôt diminués ; les bourses sont effacées.

Le 22 février, le poids est de 8 k. 600 ; les testicules ont nettement diminués, ils sont très mous.

Du 1° au 22 février, le chien recevait la viande crue. À partir du 23 février et pendant 5 jours jusqu’au 29 février, on lui ajoute du ris de veau ; on donne 200 gr. de viande crue et 200 gr. de ris de veau par jour.

Le 28 févriér on constate que les testicules sont un peu plus durs, mais que leur volume n’a pas bougé.

On administre du ris de veau encore pendant 4 jours, du 6 au 9 mars, puis on revient au régime de la viande crue.

Aux deux examens : le 2 avril et le 9 fuillet, on n'a

pu remarquer aucun changement du côté des organes génitaux,

VX Ve

Trouvé mort le 18 juillet, le chien présenta à l’autopsie une grosse lésion de la base du crâne.

La technique des trois expériences que nous venons de résumer était la même que celle de la première, exposée dans la note de MM. Camus et Gournay. On pratiquait une lésion de la région parahypophysaire, on provoquait la regression des organes génitaux, on mettait le chien successivement sur le régime ordinaire, sur la viande crue et sur le ris de veau, et on notait l’évolution de l’état général et celui des organes génitaux.

Comme les auteurs de ces expériences nous pensons qu'il faut être très prudent dans l'interprétation de leurs résultats. Il semble bien cependant à la lecture minutieuse des protocoles, que l’action exercée par l’ingestion de grandes quantités de thymus est indiscutable.

L'apparition de l’appétit sexuel dans un cas, l’augmentation constante du volume des testicules chez tous les animaux observés plaident bien en faveur de l’action opothérapique.

Nous allons d’ailleurs dans le chapitre suivant étudier des observations qui conduisent à des conclusions analogues,

se

L'influence de l'Extrait du Thymus sur la Cryptorchidie chez l'Homme

En vue d’étudier l’action de l’opothérapie thymique sur le développement des organes génitaux, M. P. Lereboullet et Gournay ont tenté l'administration de l'extrait du thymus dans trois cas du syndrôme adipose-génital clinique, chez deux garçonnets et une fillette.

Voici un résumé de leurs observations.

1° Observation René A., 12 ans. Salle Labric.

L'enfant est né à terme, pesait 3 k. 500 à la naissance, était nourri au sein jusqu'à l’âge de 22 mois.

De 7 à 22 mois l’enfant souffrait des diarrhées, et à partir de 18 mois, il se plaint du prurit. Il a fait une rougeole à 1 an, une coqueluche à 6 ans. A l’âge de 5 ans. l’enfant aurait eu des oreillons ; à 9 ans, une fièvre à 38-39° pendant 20 jours.

À 3 ans le petit malade présentait des adénopathies cervicales volumineuses.

Depuis l’âge de 5 ans, l’enfant commence à engraisser d’une façon anormale. Tl devient somnolent, éprouve des céphalées surtout frontales, accuse de l’épistaxis et des troubles digestifs, de l’appétit capricieux, avec dégoût des aliments gras, des selles plus fréquentes que normale-

ment, se produisant après chaque repas et attestant des aliments non digérés.

RE NE, SLR

CEE.

À l'examen, le 25 juin 1926, on constate une adiposité très marquée du corps entier, mais surtout de l’abdomen. L'enfant a une taille de 143,5 em., pèse 55 kgs, tandis que le poids moyen pour un garçon de son âge est de 30 kgs environ.

Les organes génitaux sont très peu développés. Les bourses sont petites, la verge minuscule, le testicule droît est en ectopie.

On note sur la lèvre supérieure la présence de poils assez nombreux pour un enfant de 12 ans, et contrastant avec le peu de développement des organes génitaux.

Il y a une malformation des pieds, ils sont plats et en valgus, surtout le gauche. En outre, le malade a une po lyurie et une polydipsie assez marquées, ses mictions sont très fréquentes. Si on le laissait faire, il boirait trois litres au moins par jour.

L'enfant accuse une dyspnée d’effort, lorsqu'il court ou monte l’escalier, mais l’auscultation du cœur, ni des poumons ne révèle rien de particulier.

Le pouls est à 100. La tension artérielle est normale.

Depuis 1 an l’enfant souffre d’une transpiration abondante, se plaint d’avoir trop chaud la nuit.

Depuis trois ans, il présente des tics, des clignements des yeux, des haussements des épaules, des mouvements de salutations de la tête, et d’étirement du cou.

Les réflexes sont normaux.

L'enfant à une belle dentition.

Il est très apathique, a beaucoup de peine à se lever le matin, travaille médiocrement.

À l’examen oculaire, on trouve que les pupilles réagis-

sent normalement à la lumière. Il n’y a pas de limitation

du champ visuel, pas de troubles de l’acuité visuelle.

Los

PE, eu

L'enfant n’a pas de glucosurie. Le dosage de la glucose dans le sang donne un gramme par litre.

L'épreuve du métabolisme basal a été faite deux fois, : le 1° et le 22 juillet. La 1° fois M.B. se montrait à 48, M.B. normal pour un garçon de 12 ans étant 50, on avait l’écart absolu de —2 et l'écart % de —4 % ; la 2° fois, M. B. monta à 51, l’écart absolu fut alors de +1 ; l’écart % de +2 % ; c’est-à-dire que les écarts étaient dans les limites de variations physiologiques.

L'examen du sang a donné :

W— H7 Hecht— H6

La T° étant 37,6° au moment de l’entrée du malade: ans le service accusait pendant le séjour à l'Hôpital des oscillations entre 37°-38°.

Somme toute, il s'agissait d’un syndrôme adiposo-génital avec une adiposité notable, le retard du développement de l’appareil génital très accusé, une polyurie, des troubles cérébraux, nerveux et digestifs.

Le malade entre à la Salle Labric, le 25 juin 1926. Le 28 juin on commence l’opothérapie thymique, que l’on prolonge jusqu’au 23 juillet. On administre l’extrait perthymique, préparé dans les laboratoires Carrion, à la dose quotidienne de 2 cc.

Le médicament se montre bien actif. En peu de temps, on aperçoit une amélioration de l’état général avec régularisation des fonctions digestives, atténuation de somnolence et certaine stimulation neuro-motrice.

On constate en même temps une diminution de poids. Le 25 juin l’enfant pesait 55 kgs, le 21 juillet 53 kg, le T juillet 52 kg. 400, le 14 juillet 52 kg. 450, le 21 juillet 50 kg. 350.

EN

Cette tendance à la perte du poids persiste, même après la suppression du médicament. On note également une tendance à la diminution de la polyurie.

Enfin on voit les bourses grandir et se développer peu à peu. Le testicule droit ectopié commence à descendre et se montre dans les bourses vers la fin du traitement.

Le 5 août l'enfant quitte l'Hôpital, ayant le poids de 49 kgs 600 pour une taille de 143 em.

Quand il revient le 7 octobre, il pèse 50 kgs pour une taille de 145 cm. Les testicules se développèrent encore un peu depuis sa sortie du service. La mère signalait chez son fils la diminution des urines et l'augmentation de l’appétit.

L'examen du 22 janvier 1927, révèle des changements importants du côté des organes génitaux, il n’y avait plus d’ectopie testiculaire, le testicule droit entra complètement dans les bourses, on a pu constater l'augmentation de volume de deux testicules comparativement à celui du dernier examen.

2° Observation

Léon H., 13 ans, salle Labrie.

L'enfant entre à l'Hôpital le 9 octobre. Il mesure 130 em., par conséquent sa taille est inférieure à la normale pour son âge, environ de 142 cm. Il pèse 43 k. au lieu de 32-39, poids normal pour un garçon de 13 ans.

A l’examen on voit le pannicule adipeux bien développé sur le corps entier, mais la bouffissure est surtout marquée à la face et à l’abdomen.

Il existe une exophtalmie,

On sent mal la thyroïde qui ne donne pas de saillie.

Il n’y a rien de particulier à l’appareil respiratoire.

L’auscultation révèle de l’éréthisme cardiaque, l’enfant a une dyspnée d'effort bien nette.

Le pouls est à 90, T.A. 6-11.

L’appétit est capricieux, mais il n’y a pas de troubles digestifs.

L'enfant à des mictions fréquentes.

La polyurie claire est à 2 litres environ.

Les organes génitaux sont très peu développés. Le malade a la verge et les bourses très petites. Les testiculés sont presque enfouis dans la graisse abdominale.

Les réflexes sont normaux.

Les pupilles réagissent bien à la lumière et à la distance, il n’y a pas de troubles de l’acuité visuelle.

L'enfant est un peu sourd. Il a une petite voix aigüe d’un timbre de soprano.

Il est somnolent, lent à se mouvoir, sommeille dans la journée, surtout après les repas, mais en même temps, il est très émotif et pleure facilement.

Dans ses antécédents on ne retrouve pas de trace de la syphilis. Le Wassermann est négatif.

Le dosage de la glucose donne 1 gr. 50 pour 1 litre de sang.

L'épreuve du métabolisme basal a montré qu’il était de 3,1 % inférieur à M.B. normal, cet écart étant dans les limites des variations physiologiques. |

Il semble que le malade est d’une famille de gros mangeurs.

L'enfant entre au service avec la température 37,6 le soir, 37,2 le matin ; elle se tiendra sensiblement au mé-

Page 1