DES MÊMES GANGLIONS
Cette dégénérescence se confond fréquemment avec la dégénérescence dite scrofuleuse. Aussi, leur étiologie se confond-elle souvent, et chacun sait combien il est difficile, dans bien des cas, de faire la part exacte des deux diathèses.
Dans le paragraphe A, nous avons assigné à la tuméfaction simple de ces ganglions une série de causes pathologiques qui sont applicables a la tuberculisation proprement dite de ces mêmes organes. Nous devons noter parmi elles les phlegmasies pulmonaires de la rougeole, de la coqueluche, de la grippe, de la fièvre typhoïde.
Toutes ces affections peuvent éveiller, en quelque sorte, la scrofule jusque-là à peu près latente, et c est ainsi que de la tuméfaction simple, les ganglions trachéo-bronchiques passent à la dégénérescence dite strumeuse.
A ce propos nous ne pouvons nous empêcher de rap-
peler la fréquence relative de la tuberculisation pulmonaire après les affections énumérées ci-dessus : rougeole, coqueluche, grippe, fièvre typhoïde.
Enfin une cause puissante, et de toutes la plus fréquente, est la phthisie pulmonaire que nous avons déjà vue figurer dans l’étiologie de l’engorgement ganglionnaire simple.
D. Dégénérescence cancéreuse.
Dans les six cas de dégénérescence cancéreuse (1) que nous indiquons dans la troisième section de notre Résumé , deux fois les poumons étaient sains, indemnes de l’altération qui avait frappé les ganglions (2) ; mais dans tous les cas, excepté dans le cas de M. Pasturaud (lymphadénôme), il y avait un cancer primitif dans un autre point du corps. (3).
E. Anthracosis.
L’anthracosis des ganglions trachéo-bronchiques a certainement pour point de départ une altération analogue des poumons. Nous nous sommes déjà expliqué à ce sujet, pp. 57, 76.
F. Adénie.
Dans V adénie, l’hyperthrophie des ganglions trachéobronchiques se rapporte à la même étiologie obscure que 1 hypertrophie concomitante des ganglions des autres régions, car on ne trouve rien dans le parenchyme pul-
(1) Le mot cancer est pris dans son sens le plus général.
(2) Observations 1 et 5 de la 3e section.
(3) Consulter en outre l’obs. du D1 2 3' Hayem (voy. p. 15, à la bibliographie).
monaire qui puisse en être considéré comme le point de départ.
G. Gangrène.
Dans les quatre cas de gangrène des ganglions trachéobronchiques, consignés dans la cinquième section du tableau, on note les particularités suivantes au point de vue de l’étiologie.
Dans l’obs. 1, il y avait gangrène de la muqueuse du larynx ;
Dans l’obs. 4, gangrène des poumons;
Dans l’obs. 3, endocardite ulcéreuse septique;
Entin dans l’obs. 2, le sphacèlea paru s’être développé sur place.
5° Hérédité. — D’une façon générale l’hérédité ne paraît jouer aucun rôle spécial sur l’adénopathie trachéobronchique qu’elle qu’en soit la nature.
Nous devons pourtant signaler ici un travail du docteur Ch. Lerey (de Francfort), intitulé : De la dégénérescence caséeuse des ganglions bronchiques et mésentériques chez les jeunes enfants , dans ses rapports avec la tuberculose héréditaire (1).
En voici l’analyse d’après la Tribune médicale :
ce L’auteur a autopsié un nombre considérable de « nourrissons provenant de source tuberculeuse : le plus « souvent il a trouvé leurs ganglions bronchiques tout à ce fait sains, lorsque la tuberculose venait du père, mais «. il n’a vu que deux fois des ganglions être sains quand ce c’était la mère qui était tuberculeuse.
(1) Tribune rnéd. du 8 mars 1874, emprunté à la Rivista clinica, de Bolognei
« Ainsi c’est plus qu’une prédisposition, c’est une « transmission directe de la maladie qui se produit des « parents à l’enfant pendant la vie fœtale, et souvent « celui-ci peut être infecté par sa mère avant même que « la maladie se soit développée chez cette dernière ; « l’auteur cite des faits de ce genre.
« Importance pratique : si l’on voit un enfant dépérir « lentement et sans interruption, malgré les bonnes « conditions hygiéniques au milieu desquelles il est « placé , il faut soupçonner quëlque dégénérescence « caséeuse ganglionnaire, et si l’événement vous donne « raison, il est impérieusement indiqué de surveiller la « santé de la mère chez laquelle la tuberculose som- « meille, et qu’il faut préserver de l’explosion de la ma~ « ladie. »