AUTORITÉS LOCALES
butions*, qu'on leur avoit abandonnés durant la guerre, sous prétexte de pourvoir à la sûreté de leurs places et de les tenir en bon état ^ mais qui , allant à des sommes immenses pour des particuliers , les rendoient trop puissants et trop absolus. » Louis XIV ne laissa pas même aux gouverneurs l'autorité sur les troupes. « Je renouvelai insensiblement et peu à peu presque toutes les garnisons , ne souffrant plus qu'elles fussent composées, comme auparavant , de troupes qui étoient dans leur dépendance , mais d'autres au contraire qui ne connoissoient que moi ; et ce que l'on n'eût osé penser ni proposer quelques mois auparavant s'exécuta sans peine et sans bruit, chacun attendant de moi et recevant , en effet , des récompenses plus légitimes, en faisant son devoir ^ » Louis XIV empêchait ainsi , suivant son expression^, que le peuple ne fût opprimé « par mille et mille tyrans , au lieu d'un Roi légitime, dont la seule indulgence fait tout ce désordre. «Dans le même but , il réduisit à trois ans la durée des fonctions des gouverneurs ^ et les retint le plus souvent à la Cour. Cette réforme ne s'accomplit pas sans provoquer les plaintes des grandes familles. A une époque même où la nouvelle organisation était depuis longtemps consacrée , M™® de Sévigné parlait avec indignation des atteintes portées aux droits des gouverneurs : « Trouvez -vous bien noble et bien juste, écrivait-elle à sa fille ^, de se faire un mérite de dégrader ce beau gouvernement (de Bretagne)? N'est-ce
» Mém. de Louis XIV, tome I", p, 67.
^ Ibid., p. 58.
3 lbid.,p 61.
* Ibid., p. 197-198.
=* Lettre du 6 novembre 1G89.