S INDUSTRIE ET COMMERCE
bouchés extérieurs : il déclara Dunkcrquc et Marseille ports francs * , afin d'y attirer les étrangers. Il envoya le chevalier de Clerville dans les ports de Normandie et de Picardie , pour consulter les marchands et négociants les plus habiles sur les moyens de « restablir le commerce qu'il , avoit trouvé entièrement ruiné ^ » Partout on répondit à l'envoyé de Golbert « qu'il ne falloit que de l'ordre , et puis encore de l'ordre. » Sans dédaigner ce conseil, qui répondait à ses idées de régularité administrative , Golbert fit preuve de vues plus neuves et plus hardies pour étendre le commerce extérieur de la France. Il demanda à tous les consuls des rapports détaillés sur les produits du pays qu'ils habitaient, sur la nature des importations, sur les contrées d'où on les tirait , et les moyens d'enrichir la France l de ce commerce. Rien de plus précis et de plus complet que ces instructions de Golbert aux représentants de la France. Une des plus remarquables est celle qu'il remit à l'évêque de Béziers, nommé ambassadeur en Espagne l Golbert y traite toutes les questions commerciales. G'était par l'Espagne que la plus grande partie du numéraire était importée d'Amérique en Europe. Golbert voulait l'échanger contre des marchandises françaises. Il recommande à l'ambassadeur d'obtenir des privilèges pour les négociants français , de soutenir leurs droits en Espagne , de se faire adresser par les consuls des rapports sur les moyens
ï Anciennes Lois françaises , tome XVni , p. 21 .
' Rapport du chevalier de Clerville, mscr. de la BiblioUièque nationale, n" 122 , f. Colbert. M. Darcste a publié une partie de "ce Mémoire dans son Histoire de l'Administration en Fratîce.
3 Mémoire servant d'instruction au sieur Evesque de Beziers s'en allant ambassadeur en Espagne sur le fyit du commerce. (Forbonnais, Recherches sïir les Finances, tome I*""", p. 41!.}