EXPÉDITION DE BEAUFORT
ce temps , M' de Beaufort qui retournoit à Brest le lon^ des costes de France, avoit passé, sans estre veu des An- ^lois , et ainsi , avoit évité le combat. Un seul vaisseau tomba dans leur armée , qui fut pris. Je sçay cette nouvelle de M' de Villeroy ^ »
Ainsi , les flottes françaises n'osaient pas encore tenir la mer en présence des Anglais. On était bien loin de l'époque où les amiraux français lutteraient contre les Anglais et les Hollandais réunis. La France ne parvint à ce degré de puissance navale que par des progrès successifs. En 1667, le nombre des vaisseaux français s'éleva à 59 , dont deux de 80 canons étaient montés par 600 hommes d'équipage ; les autres , de 66 à 30 canons , avaient 500 à 200 hommes d'équipage. Il y avait 5 autres vaisseaux en construction , 5 frégates de moyenne grandeur , 20 de 14 canons ; en tout ,110 navires portant 2,71 3 canons et 21 ,91 5 hommes d'équipage ^
La marine française ne prit tout son essor qu'à l'époque où elle passa sous la direction de Colbert (1 669). En trois années, de 1669 à 1672, le nombre des vaisseaux s'éleva à 1 96 , dont 1 1 9 gros vaisseaux , 22 frégates et 55 bâtiments légers ^ 1 60,000 matelots furent classés^ l'Ecole des Gardes-Marines établie , et le port de Rochefort creusé '\ Colbert obtint , en 1 672 , que son fils Seignelay lui fût adjoint au département de la marine , avec droit de survivance. Il avait pris le plus grand soin de l'éducation de
' Nicolas de Neuville , maréchal de Villeroy, avait été gouverneur de Louis XIV, et était alors président du Conseil des Finances, 11 mourut en
^ Mif^net , iSégociations relatives à la succession d'Espagne , lome II , p. 48-i9.
' Journal d'Oliv. d'Ormcsson , 2""^ partie . f" 185 verso.
106 MAUINE MILITAIRE.
ce fils , et n'avait rien négligé pour le rendre digne des fonctions auxquelles il était destiné*. Il surveilla constamment son administration , et ne cessa de l'animer de son esprit. Rien ne montre mieux l'activité, l'intelligence, l'esprit pratique de Colbert , que sa correspondance avec Seignelay et avec l'intendant de marine du Terron ^ On y voit poindre la plupart des améliorations réalisées dans la suite. Un Conseil de marine ^ et un Conseil de constructions navales * furent institués à Paris pour éclairer le ministre de leurs avis. Dans les ports , l'administration fut séparée du commandement militaire et confiée à deux intendants , qui résidaient, l'un à Rochefort, pour l'Océan, l'autre à Toulon , pour la Méditerranée. L'unité de poids et de mesures fut établie dans les arsenaux de la marine ^. Des ordonnances multipliées et entrant dans les détails les plus minutieux réglèrent l'approvisionnement des vaisseaux ^, la garde des arsenaux \ le paiement des matelots au retour de chaque expédition ", la visite des vaisseaux par les intendants de marine % en un mot , elles prescrivirent toutes les mesures capables de former et d'entretenir un bon matériel.
' Voyez les Mémoires rédigés par Colbert pour Seignelay : Documents inédits de l'Histoire de France , tome IV des Extraits de la Bibliothèque nationale, p. 508, 513, 528,530, 541, etc.
2 Ibid.
^ Anciennes Lois françaises , tome XIX , p. IG5.
4 Ibid., p 118.
•' Ibid. , tome XVni , p. 436.
6 Ibid. , p. 367, 370, 371; tome XIX , p. 5.
' Ibid., tome XVni, p. 438.
« Ibid., tome XIX, p. 24.
•■> Ibid. ,lomrXlX, p. 163,