ADMINISTRATION DE COLBERT ET DE SEIGNELAY
Le ministre s'occupa avec le même zèle du personnel de la marine. Chaque vaisseau eut un nombre d'officiers déterminé *^ ils ne reçurent leur commission que du Roi ^, tandis que , pendant longtemps , le Grand- Amiral avait nommé à tous les grades dans la marine militaire. Les lieutenants et enseignes , qui formaient la pépinière des capitaines , furent astreints à suivre les cours d'hydrographie et de constructions maritimes^, et à assister à l'exercice du canon ^ Des revues fréquentes^ et une discipline sévère ^ l'interdiction de toute taverne à bord des vaisseaux , la surveillance exercée sur les capitaines \ qui ne pouvaient ni s'éloigner de leur bord ^, ni licencier leurs matelots sans congé spéciaP, entretinrent le bon ordre dans l'équipage. Les matelots étaient fournis par l'inscription maritime *^ qui avait remplacé la violence brutale et les résultats toujours incertains de la presse. Une école spéciale formait l'artillerie de marine '*. Des hôpitaux reçurent les marins blessés 'l Les étrangers qui servaient sur les vaisseaux français étaient naturalisés au bout de cinq ans et exemptés du droit d'aubaine ^'\ Enfin , les matelots
ï Anciennes Lois françaises , tome XVIII , p. 442.
' Ibid. , tome XVIII , p. 369.
3 Ibid. , tome XIX , p. 238 et 242.
* Ibid., p. 238.
Mbid.,p. 167.
G Ibid., p. 118 et 137.
7 Ibid., p. 157.
8 Ibid. , tome XVIII , p. 205.
9 Ibid., tome XIX, p. 408.
'o Ibid., tome XVIII , p. 370.
»' Ibid. , tome XIX , p. 166.
•^ Ibid., p. 118.
'^ Ibid., lomeXVIU,p. i;i».
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mariés savaient qu'en leur absence la sollicitude du Gouvernement s'étendait sur leurs femmes et sur leurs enfants*.
Colbert et Seignelay ajoutèrent à tant de preuves de leur merveilleuse activité la rédaction d'un Code maritime l Ils conservèrent la juridiction spéciale des tribunaux nommés Amirautés^ avec les différents sièges qui en dépendaient. Il n'y avait que deux tribunaux supérieurs , qu'on apï)elait Tables de marbre. L'un siégeait à Paris et l'autre à Rouen. L'Amirauté de Paris comprenait les sièges particuliers de Dunkerque , Boulogne , Abbeville , Calais , Eu , Tréport , les Sables-d'Olonne , Saint- Valery-sur-Somme. A la Table de marbre de Rouen ressortissaient les Amirautés particulières de Harfleur, Bayeux , Caen , Carentan , Caudebec et Quillebeuf, La Hougue , Hontleur, Saint-Valery-en-Caux , Touques. Dans le midi de la France, les sièges particuliers de l'Amirauté relevaient des Parlements d'Aix , de Toulouse et de Bordeaux. Le Parlement de Rennes jugeait les appels des sièges particuliers de Bretagne. Les Tables de marbre se composaient d'un lieutenant civil et criminel , d'un lieutenant particulier, de cinq conseillers , de trois substituts du procureur du Roi et d'un greffier receveur des amendes. Chaque siège particulier avait un lieutenant civil et criminel , un procureur du Roi , un greffier et plusieurs huissiers ou sergents. En conservant ces tribunaux ,
» Anciennes Lois françaises , tome XIX , p 157.
» Ibid., p. 382 et suiv. Cette ordonnance sur la marine ne fut publiée qu'en 1681, mais elle fui préparée en partie pendant l'époque qui nous occupe. Voyez les lettres de Colbert ( 1671 ), publiées par M. P. Clément, Hist.de Colbert, p. 385 et suiv. Colbert, dans sa correspondance avec du Terron, parle aussi de l'importance des règlements préparés pour la marine. Voyez p. 524 et 551 du tome IV des Extraits de la Bibliothèque nationale, dans le recueil des Documents inédits de l'Histoire de France.