‹ De l'administration de Louis 14 (1661-1672) d'après les mémoires inédits d'Olivier d'OrmessonChapitre 9 sur 54 · UT DK JUSTICE (22 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

UT DK JUSTICE (22 DÉCEMBRE

Tadvis aux deus pairs ecclésiastiques , puis aux pairs laicques et mareschaux de France , et après descendit aux présidents de la cour ^, qui dirent l'un après l'autre que ces trois déclarations contenoient des clauses importantes ; qu'ils n'en pouvoient pas dire leurs advis présentement. Ensuite M. le Chancelier demanda l'advis au premier banc des conseillers d'Estat et maistres des requestes, sans aller à M*"* du Parlement , soit par paresse ou qu'il jugeast qu'ils lui diroient la mesme chose que les présidents , et après , estant remonté au Roy et redescendu en sa place, il prononcea en la forme ordinaire , sinon qu'il dict seulement : « Ce consentant le procureur gênerai , et non, ce » requérant. » Apres , le Roy se leva , descendit et dict un mot en passant au Premier Président. Et après , M. le Chancelier leur parla et dict que le Roy luy avoit commandé de leur dire qu'il vouloit que sa volonté fut exécutée et leur défendit d'en délibérer. Apres , chacun se sépara. » Malgré la défense du Roi , plusieurs conseillers demandèrent l'assemblée des chambres ^. Les députés des enquêtes s'adressèrent, suivant l'usage, à la grand' chambre, et , quoique le Premier Président leur opposât la défense formelle du Roi, ils persistèrent dans leur demande. « Je sçeu, ajoute d'Ormesson ^, que le Roy est fort aise de cette resolution pour tesmoigner sa colère contre la compagnie. » Plusieurs jours se passèrent en démarches , que firent les plus sages , pour éviter cette Fronde au petit pied K « Du costé du Roy, il voulloit l'Assemblée , re-

* Journal d'Oliv. d'Ormesson, 2»* partie, f» J26 recto. ^ Ibid., 2">« partie, f» 126 recto et verso. 3 Ibid., 2"'« partie, fo 126 verso.

< Ibid.

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solu d'exiler le premier qui parleroit '. » Enfin , le 1 1 janvier 1 666 , le secrétaire d'État , Michel Le Tellier, vint ordonner au Premier Président de réunir les chambres le lendemain , le Roi voulant terminer cette affaire avant d'aller visiter les garnisons de Picardie l En effet , le mardi 1 2 janvier, il y eut assemblée des chambres ^ le Premier Président rappela la défense faite par le Roi aux membres du Parlement de délibérer sur les édits enregistrés dans le lit de justice. Tous gardèrent le silence , « et , après quelque temps , personne n'ouvrant la bouche , M. Le Cogneux , président de la Tournelle , se leva , et chacun le suivit l'un après l'autre , et , ainsi , la compagnie se sépara, sans qu'il y fut dict une seulle paroUe , la consternation paroissant sur le visage de tous. Il n'y a point d'exemple d'une chose pareille dans le Parlementa »

L'année suivante , à l'occasion de l'enregistrement de l'ordonnance civile ou Code Louis (20 avril 1667), une nouvelle opposition se manifesta dans le Parlement , et Louis XIV saisit cette occasion pour frapper un coup décisif. L'enregistrement avait eu lieu en présence du Roi et sans la moindre résistance \ Mais , quelques jours après, des conseillers demandèrent l'assemblée générale des chambres ^ Le Premier Président objecta la défense

» Journal d'Oliv. d'Ormesson, 2"'« partie, f" 126 verso. — « Je voulois me servir de cette rencontre pour faire un exemple éclatant ou de l'entier assujettissement de cette compagnie ou de ma juste sévérité à punir ses attentats. » Mém. de Louis XIV, tome II, p. 48,

=» Journal d'Oliv. d'Ormesson , 2"" partie, f» 127 recto.

3 Ibid. , 2"« partie, f» 127 verso.— Les ilf^wofre* de Louis XIV, tome II, p. 47-48 , confirment le récit de d'Ormesson, mais sans entrer dans aucun détail.

♦ Voyez le récit de cet enregistrement dans le chapitre relatif à la réformation des lois.

^ Ces détails sont empruntés à un journal étranger, le Diarium Europœum,

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