HUHIUATION DE H. DE GUÉ>^GAUD
ses moyens (Tobreption et de subreption. M*^ BriUac dict quMl y anroit inconvenieDt ^ fiMProa des difficultés , prétendant qu'il seroit mieux de finir aujourdhuy, et il me 8en^>le qu'il né disoit pas cela à propos ; car leurs règles estoient. prises, et il n'estoit pas capable de les* faire changer'. Enfin, M' deGuenegaud estant entré, vestu de noir , s'estant advancé au-derant du bureau , M'' le Chancelier luy a faict lever la main et prester le serment de dire vérité ; ensuite, le greffier luy ayant dict de se mettre à genoux t il s'y esIT mi& un gçnouil à terre seule^lent. M' le Chancelier ayant dict qu'il falloit y mettre les deux genoux , il les y a miis , et puis il luy a demandé s'il avoit ebtenu des lettres d'abolition, a dictqu'ouy -, si elles contenoient vérité , a dict qu'o&y ; s'il vouloit s'en servir, a dict qu'oûy. J'oubiiois qu'avant faire entrer M' de Guenegaud, M' Poncet^ a leu la requeste de W de Guenegaud y4fisant que, dans le procès criminel intenté contre luy, il avoit obtenu lettres d'abolition et qu'il en. demandoit l'enterinjsment^ que ^ sur cette requeste, ayant esté ordonné le soit monstre , le procureur gênerai avoit donné ses conclusions : Q^fi le dict «S** de Guenegaud mandé en la Chambre et o0y, iV ferait ce que de raison. Sur quôy, il avoit esté mandé, et, après avoir refondu ce que dessus , M^ le Chancelier a ordonné la lecture d^ lettres -, ce que Foucault^ a faict. Elles contiennent la ^confession de tous les chefs d'accusation, et, à la fin, il y a : S'a Majesté se reservant de U taxer à telle somme qu*elle advisera. La lecture achevée, M. de Guenegaud tousjours àgenoux,
' Journal d'Oliv. d'Ormesson , .2*» partie, f^ 124 recto. ,
' Conseiller d'État , membre de la Chambre de jpslice. ^ Joseph Foucault était grefAer de la Chambre de justice.
78 ADHINISTRATIOH DES FinÂNGES.
et luy retiré , M*^ le procureur gênerai a requis de bouche la communication des dictes lettres pour y donner ses moyens d*obreption et.subreption. M. le Chancelief ayant demandé les qdvis, les conclusions ont esté surrïes ; après, on 8*est levé et retiré. .
> Le vendredy, 18 décembre (1665 ) , le matin , à la Chambre de justtcç , M. le Chancelier venu , M"* Poucet a leu la requestë de M' de Guenegaud , les lettres d'abolition avec les conclusions dû procureur gênerai, qui n^empeschoit [le? lettres] estre entérinées, à la charge que S. M. feroit telle taxe qu'elle adviseroit et de dix mil livres d'aumosne. M** Poneet à dict que le procès de M' de Guenegaud avoit esté instruict , rapporté, veu, etc.; que les juges debvoient juger selon la rigueur des ordonnances et des loix , ne pouvoir pas s'en départir; maïs que les Rois pouvoient les combattre par la clémence ; qu'H se souvehoit d'un beau mot d'un grand chancelier d'un grand Roy d'Italie Theodoric , Casstodore : Pelùf querela cnm justitia pietate vincitur; que le Roy avoit ftiict grâce à M** de Guenegaud par ses lettres d'abolition , et qu'il estoit d'advis de les entheriner^ à la charge de la taxe et de l'aumosne de dix mil livres. Tous ont esté du mesmo advis sans parler , sinon W Brillac , qui a dict que l'on ne condamnoit poinct un accusé à une aumosne , sans l'interroger, et qu'il estoit mieux de ne poinct parler de la taxe , le Roy la pouvant hite et mesme estant juste. M"* le Chancelier a dict que c'estoit M' de Guenegaud qui avoit luy mesme dressé ses lettres , les avoit présentées avec cette clause et ainsi qu'il n'y avoit rien à dire ^ et a fmy. Apres il a dict que les comédies finissoient par les mariages et la Chambre de justice par la clémence. »