‹ De l'administration de Louis XIV, 1664-1672Chapitre 14 sur 38 · DOUANES INTÉRIEURES · texte numérisé non relu

DOUANES INTÉRIEURES

cepeiHlant à diminuer le nombre des douanes intérieures; douze provinces, qu'on appela les cinq grosses femies, consentiront à ouvrir de libres communications pour le commerce intérieur. C'étaient PIle-de^France , la Normandie , la Picardie , la Champagne , la Bourgogne , la Bresse et le Bugey, le Bourbonnais , le Poitou, TAunis, l'Anjou , le Maine et la Touraine. Elles purent coinmercer entr'elles âVec une entière liberté *; Le reste des provinces fut divisé en deux catégories : les unes étaient réipior lée& provinces, étrangères , les autres traitées comme pays étrangers. Les premières , qui étaient la Bretagne , l'Angoumois, la Marche, le Périgord, l'Auv^^e, la Guyenne, le Languedoc ^ la Provence, le Dauplûné, la Flandre,' l'Artois, le Hainaut et la Franche-Comté, n'avaient pas voulu se soumettre au tarif établi par Colbert pour les provinces dm cinq grosses fermes; elles avaient conservé leurs douanes intérieures. Les secondes étaient l'Alsace , la Lorraine , les Trois-Évêchés ( Toul , Metz et Verdun) , le pays de Gex, les villes de Marseille , Dunkerque, Bayonne et Lorient. Libres daùs leurs relations avec l'extérieur,, ces provinces étaient traitées par le reste de la France comme pays étrangers pour l'importation et l'exportation. Colbert fut obligé de subir cette division bizarre , créée surtout par le régime féodal , dont la France portait encore les traces. Mais , du moins , il atténua les inconvénients de ces entraves artificielles. Il fit pour douze provinces de la France ce que, de nos jours , le Zolherein a ac)[^ompli pour une partie de l'Allemagne.

Colbert s'efforça d'ouvrir au commerce français des dé-

■ Anciennes LoU françaistit , tome XVllI , p. 4 1 .

98 iwufiniiB tT conrBRCt.

bouches extérieurs : il déclara Dunkerqne et Marseille ports francs ', afin d'y attirer les étrangers. Il envoya le chevalier de Clerville dans les ports de Nwmandîe et de Picardie, pour consulter les marchands et négociants les plus habUes sur les moyens de < restablir )e commerce qu'il avoit trouvé entièrement ruiné '. » Partout on répondit à renvoyé de Golbert « quMI ne fidioit que de l'ordre , et puis encore de l'ordre. » Sans dédaigner ce conseil, qui répondait à ses idées de régularité administrative , Golb^ iSt preuve de vues plus neuves et phis hardies pour étendre le commerce extérieur de la France. Il demanda à tous les consuls des rapports détaillés sur les produits du pays qu'ils habitaient, suf la nature des importations, sur les contrées d'où on les tirait , et les moyens d'enrichir la France de ce commerce. Rien de plus précis et dé plus complet que ces instructions de Coibért aux représentants de la France. Une des plus remarquables est celle qu'il remit à l'évéque de Béziers, nommé ambassadeur en Espagne ^ Colbert y traite toutes les questions commerciales. C'était pw l'Espagne que la plus grande partie du nitinéraire était imp(N^ tée d'Amérique en Europe. Cdbert voulait l'échanger contre des marchandises françaises. Il recommande à l'ambassadeur d'obtenir des privilèges pour les négociants français , de soutenir leurs droits en E^agne, de se faire adresser par les consuls des rapports sur les moyens

' Anciennes leu fnmçaue» , tome XYIII , p. 2 1 .

* Bapport da chevalier de Qerville, mscr. de la Bibliothèque nationale, TV* 122 , f. Colbert. M. Dareste a publié une partie de ce Mémoire dans son Histoire de T Administration en France.

' Mémoire servant d'instmctlon au sieur Evesquc de Beziers s'en allant ambassadeur en Espagne sur le fait du commerce. ( Forbonnais , necherches sur les finances, tome I", p. Mi.)

coiifAomEs m coviibrcie. 9Q

d'aupnenter les knportiiiions:françaifle6, de s'entourer des plus habiles i^mmeroauts , et de se diriger par leurs avis.

. Ce iîit surtout par le développemeirt du système colonial que Colbert ouvrit de oouveauai déboiiebés à Tiridustrie française. Le cwinieree de mer lut ^anobli, et une ordonnance royrie permit aux gentilshommes de s'y livrer sans déroger*. La France eut des compagnies de c(mmarce, à l'imitation de la Hollande et de FAngletmre, Colbert montra la {dos grande «deur pour les organisa; il fit BoUiciter partout des souscripticms , et parfbis même les imposa. Le Journal d'Olivier d'Ormesspn en founiit la preuve^: ^c Jeudy (31 juillet 1664) , après midy, il y eut ComêeU de groÊidêâireetion^^ dwBsA lequel le Ro^ envola quérir M' le Chancelier, xpii fevÎBt peu après, et dict que le Roy Tavoit mandé pour luy dire qu'il afiSactioimeit fort la compagnie pour le commerce des Indes Orientales e(; ipi'il ^roit que tous Messirars du Conseil * y titrassent ^ et , après s'estre estendu sur les louange de ce grand dessein , M' Benryer^tira de. son pcNrtefeuille le rocrfle dfe ceux qui s'y engageoient , et M^ le Chancelier s'y mit pour XL™ liv. ^ M' le maréchal de ViHeroy et tous Messieurs des finances *, après , on le présenta à Messieurs du Con-

' Anciennes Lois françaises, tome XVIII, p. 217.

* Journal d'Oliv. d'Ormess'on , 2*« parlie, f- 61 reclo.

^ Oit appelail ainsi la section du Conseil d'État qui s'occupait des finances et se réunissait sovsla présidence éa Chancelier. Le GdnseildefAtrcdirecttbR arait pour chef le président du Conseil des Finances.

* 11 ne s'agit pas de la Chambre de justice , comme le suppose M. P. Clément , qui' fait allusion à ce passage dans son Bistoire de Colbert, p. 176; il est question du Conseil d'État. Voyez plus haut, chap. 111 » la division elles attrihutions de ce Conseil.

'■* Commis de Colberl, dont il a ét<; qucMion dans le procès de Fouquet.

100 IlfDUSTRIE ET COnSHCE.

seil qui furent surpris. M"* de Yerthamon signa pour dix mil livres. M"* Dediameaux refusa d'abord , dict que le traictement qu'on faisoit à ceux qui avoient faict des établissements , et que l'on depossedoit, ne donnoit pas grande espérance, etc. M"* le Chancelier le regarda de travers , et on luy dict à l'aureille'de signer, et [il] signa en grondant. M""* les maistres des. requestes signèrent après , pour des sommeis différentes. M*^ de Bercy signa pour mil livres ', M' Colbert s'en mocqua et dict que cela ne se foisoit par la considération de l'argent, de sorte qu'il mit trois mil livres. M"* JBesnard y mit trois mil livres. Ainsi chacun des autres. Ces sommes sont payables en trois ans. » On montra en général peu d'empressement à fournir le fonds social de 46 itiillions^etil falhit que le Trésor le complétât. « M. Hotman m'a dict ce matin , raconte d'Ormesson^ que M*^ Colbert estoit hyer au matin allé à Rassemblée du commerce et avoitdict que la compagnie ne se mit plus en peine de trouver des fonds, paroéque, des quinze millions , le Roy en foumissoit trois millions , éL que, des douze restants , il y en avoit d'asseuré huict et que le surplus le Roy les feurniroit et qu'ils pouvoient former leur compagnie. » Elle fut enfin constituée le 20 mars 1 665 , comme le prouve le Journal de d'Ormesson * : « Le vendredy, 10 mars (1665), le matin, à la Chambre de justice , où j'appris qu'il debvoit y avoir assemblée , en présence du Roy, de tous les intéressés au commerce, pour la nomination des directeurs. Le samedy, 21 mars , M"" Chamillart m'a dict qu'il s'estoithyer trouvé à l'assemblée du Louvre, où tous les intéressés^ pour six mil livres

» joama/, >• partie, ^8S recto, ?.

> Ibid. , ^ 98 redo, à la date du 6 février 1666.

COMPAGNIES DE COMBRCE. 101

et audessus , estoient mandés. La liste imprimée porloit indistinctement les noms des princes , dues , mardiands , sans ordre , ayant pris la date que chacun s'estoit inscript ^ . Le Roy s'assit au bout d'une table , sur laqudle estoit un petit cof&e. M' le Chancelier, derrière sa chaire , fit une harangue en faveur du conunerce , louant le Roy ; que M"* Oribert seroit le chef v qu'en son absence M"* de Thou etH"* Voisin, comme Prévost des Marchands, y préside^ roient , le loua des services qu'il avoit rendu à l'Hostel-de- Ville, et après chacun aporta dans le coflBre son billet ; mais il y en avoit quantité préparés qut la table et cachetés que les intéressés prirent et mirent dans le coffre ; ee qui surprit quelques gens. M"* le Premier Président y estoit et tous ceux de la Cour intéressés-, le Roy après se retira^. »

Cinq compiignies s'organisèrent successivement , sous les auspices, de Colbert, pour le commerce des Indes Orientdes et Occidentales, du Levant, du Nord et de l'Afrique (Sénégambie) ^. Jamais les colonies françaises ne furent. plus florissantes. Le Canada, l'Acadie , Terre- Neuve , Sainfr-Pierre et Miquelon formaient la Nauveller- France j dans l'Amérique Septentrionale. René Robert Cavelier de la Salle pénétrait dan» la Louisiane , et en prenait possession au nom du Roi de France ^ Saint-Domingue , la Martinique , la Guadeloupe , Tabago , la Barbade , etc., formaimt aux Antilles un empire français dont il ne nous reste que de faibles débris. Cayenne dans

■ U y a dans le maer. mttruiel; c*est ane erreur évidente.

* Coraparei Loret, JTkz^ hUtoriqtœ, Lettres de» 7 Juin et 27 septembre IG65.

3 Aneiennet Loiê françauet , tome Xvm , p. 36 , 38 , 21 1.

« Ufe ofLa Salie , by M' Sparks of Cambridge , MasMchosets. - UUtmre et Dctcriptwn de la Noweite-Fraiee , par Charlevoix (1744).

102 COUmiKS KT HAIINB.

la Guyane,. Fort- Louis au Sénégal, Pondîehéry aux Grandes4nde8 , Bourbon et Madagascar sur la oAte orientale d'Afrique , étaient les entrq^Ats d'un ooouneroe qui luttait sans désavantage contre la concurrence de la Hollande et de rAngleterre.

Une puissante marine nuKtaire protégeait les colonies ; la France en dut surtout l'organisation au gouvernement de Louis XIY et au ministèrb de Golbert. A Jamort de Masarin, la marine française était dans un état déj^orable. D n'y avait dans les pcnrts que t8 Mtiments dé 90 à 70 canons. Avant de créer une marine', il fUlait réparer le désordre des finances. Mais Louis XIY avait le cœur tr6p haut pour subir l'outrage qu'avait toléré Sully \ et abaisser le pavillon de ta. France devant les^aisseaux anglais. On ne saurait trop rappeler la lettre qu'il écrivit à son mibassadeur à Londres, et où req[)irent de si nobles sentimenls^ : « Ce que j'ai remarqué dans toute la teneur de votre di^cbe, c'est que le Roi mon frère ni ceux dont il prend le conseil ne me connaissent pas encore bien, quand ils prennent avec moi des voies de hauteur et d'une certaine fermeté qui sent la menace. Je ne connois puissance sous le ciel qui soit capable de me faire avancer un pas par un diemin de cette soirte t, il me peut bien luriver du mal , mais non pas une impression de crmnte. Le Roi d'Angleterre et son Chancelier peuvent bieji voir à peu près quelles sont mes forces , mais ils ne voient pas mon cœur. Moi , qui sens et connois fort bien Pun et Tautre ,

* à'conoMte» royaUi /édit. Petitot, tome IV, p. 297 :'« Ce que vous cotwristei sagement • , disent à Sully les Kcrétaires qui écrlTeol sous sa 4iotée.

' Œuvres deLoms XiVy (orne 111, p. ^1 et nulv.; lettre an comte d'iù»trades, 26 janvier 1662.

MARINB HILRAIIIR. 103

je désire que , pour tonte réponfle à une déclaration si hautaine , ils sachent par votre bouche , au retour de ce oourri^, gw je ne dem€»de ni ne cherche d^accommodement en l'affaire du paviVon , parceque je saurai bien sratenir mon droit, quoi qu'il en puisse arriver. » Pour que ces grands sentiments ne fiissent pas une fanfaronnade ^ il fallait une puissmte marine, Louis XIV s'en occupait. «Je {MTétends mettre bientôt mes forces de mer en tel état, dtUl dans la méiose lettre Vque les Anglois tiendront à grâce , que je veuiHe bien alors entendre à <tes tempéraments toudiant un droit qui m'est dû plus légitimement qu'à eux. »

Les éfTorts du* Roi forent d'abord secondés par de Lionne, au dépitaient duquel appartenait la marine. Ce ministre fit répairer de vieux yaisseaux , en acheta 32 des Prbvtnoes-Unies , et en fiM; construire 42 en France. Le vénal Chartes II abandonna à Louis XIY les conquêtes de Cromwell , Dunkerque et Mardick. Une fonderie de canona fut établie à Amsterdam pour le compte de la France^ on attira des constructeurs hollandais, des tisserands et des cordiers de Hambourg, Dantzig et Riga; 30,000 marins ftirent classés , le port de Brest agrandi , celui de Toulon creusé. Dès 1665 , le duc de Beaufort parcourut la Méditenranéet la tête d'une flotte flrançaise et détruisit les flottes de Tunis dt d'Alger ^ Bu 4666 , il commanda sur l'Océan une flotte de 3i vaisseaux , montée par 4 0,556 hommes ; il devait se joindre aux hollandais , alliés de la France , poqr combattre la flotte anglaise. Le Journal de

I OEuvrei de Louiê XIV , tome lU , p. 69.

* M ign^t , Négociations relatives à la succession d'Espagne , tome 1 1 , p . 48-49 ; dans 1» Documents inéditi de l'Histoire de France,

lOi MARINE MILITAIRE.

d'Ormcsson parte souvent de la flotte de Beaufort , et les détails qu'il donqe prouvent avec quel intérêt la France en suivait les mouvements : « Le samedy 26 septembre ( f666) S je flis chés M'' d'Haligre ; il nous diot que M"* de la Feuillade revenoit de l'armée d^Hollande et avoit dict qu'elle s'estoit retirée dans ses porto ^ sans avoir voulu attendre plus longtemps M'^ de Beaufort , et que le Roy avoit mandé à M' de Beaufort de joindre les HoUandois et se retirer au Texel , n'ayant pas seureté pour luy d'attendre à la rade de Dieppe les Ang^ois^ Çt il fut remarqué qu^ , depuis Brest jusques à Dunckerque , la France xi'avoit pas un port pour retirer un grand vaisseau , et que c'estoit pourquoy il h'estoit pas possible que la France fut puissante sur la mer Oceane* » Après avoir parlé de Peffroyable incendie qui dévora une partie de Londres , d'Ormesson ajoute : « Je croid que cet incendie a sauvé M' de Beaufort, et que, sans doubte, l'armée [angloise] avoit eu ordre de ne poinct combatre pour ne rien bazarder dans cette conjoncture ^ Depuis, M*^ de Beaufort, aarrivé à la rade de Diei^e , n'ayant poinct.trouvé les HoUandois , par l'advis de M' le marquis de Crequy, prit le parti de retourner aussitost à Brest , n'estant pas en estât de se défendre contre les Anglois. Ce qui a si biBi réussi que , par un bonheur extraordinaire , les Anglois , qui estoient à l'isle d'Uyt ( Wight ) , n'ayant peu sortir, à cause du vent contraire, pour attaquer M' de Beaufort, aussitost le vent cessé, s'estoient mis à la voille, et croiant rencontrer M' de Beaufort au Pas de Calais , avoient pris leur route le long de leurs costes comme la plus courte , et , pendant

« y<Mir/ui/ , 2*" partie, f- 138 vcréo.

» Ibid., r» 138 verso, 26 dcptembre lUm.

EXPiDinOR DE BBAUFORT. 105

ce temps y M^ de Beaufort qui retoumoit à Brest ie long des costes de France, avoit passé, sans estre veu des Anglois , et ainsi , avoit évité le combat. Un seul vaisseau tomba dans leur armiée , qui M pris. Je sçay cette nouvelle deM'deVilleroy*.»

Ainsi , les flottes françaises n'osaient pas encore tenir la mer en présence de& Anglais. On était bien loin de Tépo- (fae où les amiraux français lutteraient contre les Anglais et les Hollandais réunis. La France ne parvint à ce degré de puissance navale que par des progrès successifs. En 4667, le nombre des vaisseaux français s'éleva à 59 , dont deux de 80 canons étaient montés par 600 hommes d^équipage ; les autres , de 66 à 30 canons « avaient 500 à 200 hommes d'équipage. Il y avait 5 autres vaisseaux en construction , 5 frégates de moyenne grandeur « 20 de 14 canons; en tout, 110 navires portant2,713 ca- . nous et SI ,91 5 hommes d'équq)age^.

La marine française ne prit tout son essor qu'à l'époque où elle passa sous la direction de Colbert (1669). En trois années, de 1669 à 1672, le nombre des vaisseaux s'éleva à 196 , dont 119 gros vaisseaux, 22 frégates et 56 bâtiments légers ; 1 60,000 niatelots fbrent classés^ l'Ecole des GardeS'Marines établie , et le port de Rochefort creusée Colbert obtint , en 1672, que son fils iSeignelay lui fôt adjoint au département de la marine , avec droit de survivance. Il avait pris le plus grand soin de Téducation de

> Nicolas de Neuville, maréehal de Villeroy, avait été gouverneur de Louis XIT, et était alors président du Conseil des finances. 11 mourut en

' Mignct , Pfegoeiatiom relatives à la wccession d'Espagm , fome II » p. 48-i9.

' Journal d'Oliv. d'Ormesson , 2*» partie , f" 185 verso.

106 MAftlMB ULRAIU.

ce flis, et n'avait rien négligé pour la rendre digne deç fonctions auxquelles il était destiné >. Il siurveilla constamment son administration , et ne cessa de l'animer de son esprit. Rien ne montre mieux ractivité^rintelUgence, l'esprit pratique de Colbert , que sa correspondance avec Seignelay et avec l'intendant de mmne du Terron ^ On y voit poindre la plupart des améliorations réalisées dans la suite. Un Conseil de marine ' et un Conseil de constructions navales ^ ftirent institués à Paris pour éclairer le ministre de leurs avis. Dans les porte , l'administration fut s^)arée du conunandement militaire et confiée à deux intendants , qui résidaient, l'un à Rochefort y pour l'Océan , l'autre à Toukm , pour la Méditerranée. L'unité de poids et de mesures ftit établie dans les arsenaux de la marine ^. Des ordonnances multipliées et entrant dans les détails les plus minutieux réglèrent l'approvisionnement . des vaisseaux ^, la garde des arsenaux % le paiement des matelots au retour de chaque expédition ^, la visite des vaisseaux par les intendants de marine *; enom mot, elles prescrivirent toutes les mesures capables de former et d'entretenir un bon matériel. ;

' Voyez les Mémoires rédigés par Colbert pour Seignelay : Documents inédits de VHistoire dé France , tome IV aes Extraiu de ta BWUothèqws nationale, p.â08,^l3,&3$,6a6,Ml,etc

> Ibid.

3 Anciennes lois françaises , tome XIX , p. 166.

« lbld.,p. 118.

» Ibid. , tome XVIII , p. 436. ^

« Ibid. , p. 367, 370 , 37 1 ; tome XIX , p. 5.

7 lbid.,tom6XVIU,p. 438.

» Ibid.,tomoXlXvP.24.

9 Ibid. , tome XIX , p. 103.

ADMINISTRATION DS €OLBBRT BT DE SEIGNELAY. 107

Le imnistre s'oocijfia avec le même zèle du peraônnel de la marine. Qiaque vaisseau eut un uonriitre d'officiers déterminé *) ils ne reçurent leur commission que du Roi', tandis que, pendant Iragfemps, le Grioid-Amiral avait jxnmné à tous les grades dans la marine militaire^ Les lieutmants et enseignes , qui formaient la pépinière des capitMnes , forent astreints à suivre les cours d'bydrognqdiie et de constructions maritimes', et à assister à Texercice du canon \ Des revues fréquentes ^ et une discipline sévère^, Tintèrdiction de toute tav^ne è bord des vfflsseaux , la surveillance exercée sur les eapitûnes^ qui ne pouvaient ni s'éloigner de leur bord S ni licmcier leurs matdots sads éongé spécial^, enfretinreat le bon ordre dans l'équipage. Les matelots étaient fournis par Tinscrqvtion maritime^, qui avait rraiphcé la violence brutale et les réAiltats toujours incertains de la pregte. Une éecrfe spéciale finmait l'aifillerie de marine ". Deshôpitaux reçurent les marins Messes^'. Les étrangers qui servaient sur les vaisseaux français étaient naturalisés au bout de cinq ans et exemptés du firoit d'aïAame^^. Enfin, les matelots

s JNdoMeff LoU ftmçoUu , loqie XYIU , p. 442.

> n>id. , tome XVIU , p. 369.

3 Ibid. , tome XIX , p. 238 et 242.

« Ibid., p. 238.

^ Ibid., p. 167.

^ n)id.,p. |]8etl37.

7 Ibid.fP. 1&7. '

« Ibld.,tomeXVIII,p.205.

9 lbid.,toraeXlX,p.408.

'«» Ibid., tome XVlll , p. 870.

<> Ibid., tome XIX, p. 16G.

>> Ibid., p. 118.

<^ Ibid., tome XVIU, p. 434.

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