‹ De l'administration de Louis XIV, 1664-1672Chapitre 26 sur 38 · PUISSANCE DES LE TELLIER · texte numérisé non relu

PUISSANCE DES LE TELLIER

gres a faict réussir la seconde, parceque M"^ Le TeUier ayant obtenu l^greement de M*" le Cardinal Antoine, il le dict au Roy, et marqua que la coadjutorerie de Rheins estoit un mesme tiltrede duché que Langres, une plus grande dignité estant archevesché , et neantmoins qu'il ne desirok Tune plus que l'autre que , parceque ceHe de Rheins n'estoit qu'à deux journées de Paris et celle de Langres heau^ coup plus esloignée ; et ainsi , sans faire une grande diffe* rence de ces deux grâces, le Roy luy accorda sur le champ celle de Rheins.

> Tout le monde considère cette grâce comme trop considérable pour M^ l'abbé Le Teliier , à son aage , etc., et que c'estoit un effect et de la boane fortune de M^ Le Teliier et de la puissance que les trois ministres ont sur le Roy '; car ils font , chacun , tout ce qu'ils veuUent pour leur interest.

» Je vis M' Le Pelletier qui me dict que l'on avoit eu grande peine à engager M"* Le Teliier à faire cette de* mande au Roy, à cause de sa modération , et c'est le discours que Ton faict à tout le monde , fort esloigné de la vérité; car l'on convient qu'il y avoit longtemps que cette affaire se negotioit avec M' le cardinal Antoine, et il n'etft pas vraysemblable que ce fut à son insçeu.

> Le samedy 16 juin , je fas à S^-Germain faire ma cour et pour faire mes compliments à Sf Le TeUier ; je vis M' de Turenne , qui, me parlant de la coadjutorerie, [dit] qu'il ne falloit plus que M*^ Le Teliier parlast de modération, et que, sur cette affaire , il le trou voit embarrassé,

' 11 Faut cnlpndrc ici Le Teliier, ColbeH H de Lionne. Louvoiit n*avail pas encore le tilre de secrétaire d'État. *

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