BIOGRAPHIE D'OLIVIER LEFEBVRE D'ORMESSON
Famille d'Ormesson. — Naissance d'Olivier d'Ormesson , vere i(MO. — Son nuiiiage avec Marie de Fonrcy (1640) : 11 devient maître des requêtes ( 1643). -- Gommenoemont de son Journal ( 1643 } ; détails quil donne sur la régence d'Anne d'Autrldie , sur les Intrigue intérieures et la politique extérieure , sur la Fronde , Jusqu'en i6M . — Récit de la séanc dn Parlemeot ob Hasailo est proscrit ( 8 Janvier 1649). — Interruptfam du Journal , de 1661 & 1661 .- Procès de Fouquet ( 1661-1664 ). - Dlsgrilce d'Olivier d'Ormesson ( I6U5 ).- Consolation qu'il trouve dans ses relations d'amitié et dans sa OunlUe. — Solennité des ACTES BotBomnQCBS à cette époque. ~ Fin du Journal d'Olivier d'Ormesson ( 1619 ). — Samort(46B6>.
Olivier Lefebvre d'Ormesson appartenait à une de ces familles parlementaires où les talents et les vertus étaient héréditaires. Son aïeul, Jean Lefebvre', avait été intendant des finances sous Henri UI., et avait, eu pour amis les hommes les plus illustres du temps , entr'autres Jean de Morvîlliers. La vie de Jean Lefebvre , écrite par son fils , André d'Ormesson, se transmettait dans la famille, cgmme un souvenir et un exemple *. André d'Ormesson , père d'Olivier, reçut une de ces fortes éducations classiques qui marquent la fin du XYP siècle , et il a pris soin d'en écrire
< Né en 1525 et mort en 1600.
> Le manuscrit, corrigé de la main d'André d'Ormesson, se Irouvc à la Bibliothèque publique de Rouen , f. Leber, n« 5767.
44 BIOGRAPHIE d'OUVIER d'ORMESSON.
lui-même les détails*- Conseiller d'état et doyen du Grand- Conseil , il vécut jusqu'à une extrême vieillesse, et fat entouré d'une renommée si pure , si incontestée, qu'elle a trouvé grîice même devant Gui Patin*.
Ce fat sous les yeux de ce père savant et vertueux que grandit Olivier Lefebvre d'Ormesson , né vers 1610*. Il épousa, en 1 640, Marie de Fourcy , fille de Henri de Fourcy , président à la Chambre des Comptes de Paris. A cette occasion, son père lui donna la tenre et seigneurie d'Amboille, que lui avait apportée en dot sa femme Anne Le Prévost , fiUe de Nicolas Le Prévost, conseiller-maître à la Chambre des Comptes de Paris*. A partir de ce moment, Olivier d'Ormesson prit le titre de seigneur d'Amboille. En 1 643, il acheta ime charge de maître des requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roi , moyennant 180,000 livres (monnaie du
< On trouvera ce morceau dans l'Appendice , n« I. U m'a paru curieux de publier ce spécimen de l'éducation du XVl* siècle. On pourra le comparer au récit de Henri de Mesmes, publié par BoUin dang son Traité des Études. 11 donnera d'ailleurs une idée des Mémoires d'André d'Ormesson, dont le mscr. autographe est conservé dans la bibliothèque Leber.
3 Lettres de Gui PaUn, 13 février 1665 : « Le bonhomme d'Ormesson, &gé de quatre-vtngt-neuf ana, fut hier taillé pour la pierre; il a dormi toute la nuit, et on espère qu'il en guérira encore; il le mérite {Jour son extrême probité et sainteté de sa vie. » Edit. de M. Reveillé-Parise , tome III , p. S12. Gompar. p. 516.— André d'Ormesson était né en 1676 et mourut en 1666.
^ Je n'ai pu trouver la date précise de la naissance d'Olivier d'Ormesson. Mais son père, André, s'était marié en 1604 , comme le prouvent ses Mémoires mscr., ^ 303 verso. Olivier était ion troisième Als ; on peut donc placer sa naissance vers 1610.
* Mémoires mscr. d'André d'Ormesson, P> 206 recto. Ces détails sont tirés de la biographie de Nicolas Le Prévost , écrite par son gendre. La terre d'Am • boine ou AmboUe était située près de Paris, par delà le parc ou bois de Saint-Maur, comme l'a prouvé M. Walckenaer , dans le tome 111 de ses Mémoires sur Jp»« de Sévigné , p. 463. Cette terre s'est confondue avec la terre d'Ormesson , qui en était voisine , et le nom d'Amboille a disparu des caries ot dletlonnairps géographiques.
JOURNAL d'oLIVIKA d'orMESSON. 15
temps). CeA^ aussi à cette époque qu'il commença à ré* diger son Journal.
Ainsi , les Mémoires d'Olivier d*Ormesson datent de la fm du règne de Louis Xm. Ils retracent avec une minutieuse exactitude les derniers moments de ce prince , la scène solennelle où il remit au Parlemrat la déclaration pour la régence ^ et le lit de justice où elle fut enregis* trée ^. Louis Xm était à peine mort que ses dernières di^ positions furent violées, et que le Parlement, modifiant la déclaration royale , eoixféra à Anne d'Autriche la plénitude de Tautorité souveraine (48 mai 1 643) ^. On vit alors, sur les degrés du trône, d'où l'ftpre et redoutable cardinal de Richelieu avait foudroyé plutôt que gouverné les humains S un successeur doux et bénin , qui ne voulait rien, qui était au désespoir que sa dignité de cardinal ne lui permit pas de s'humilier, autant qu'il l'eût souhaité, devant tout le monde ^. Jules Mazarin n'était pas encore connu ; sa prudence passa pour de la timidité et encouragea les complots. Les exilés revinrent ^ les intrigants s'agitèrent. L'ambitieuse duchesse de Chevreuse •, jadis favorite d'Anne d'Autriche, reparut à la cour, et se flatta de reprendre près delà régente l'empire qu'elle avait exercésur la reine persécutée. Elle ramena l'ancien garde des sceaux , Charles
« Journal d^Oliv. d'Ormeison , l'* partie, ^ 9 verso.
» Ibld,
' ftid., f» 14 recto cl vereo.
* Ce sont les expressions mêmes du cardinal de Retz,, liv. H de ses Mémoires.
* Ibid.
^ Marie de Rohan-Montbazon , née en 1600 , mariée en 1617 au connétable de Luynes , et, en secondes noces, à Claude de Lorraine , due de Chevreuse , morte en 16(79.
16 BIOGRAPHIE D^OLIVIBR d'oRMESSON.
de TAubespine , marquis de Chàteauneuf ^ rival du chancelier Pierre Séguier *. « On les appeloit les deux Sosies, parce que Tun et l'autre avoient et la tapisserie et la robe de chancelier, estoient d'une mesme taille , fort noirs de visage et de poil, et tous deux d'un visage fort severe '. » Le désordre était partout : à la cour , où la cabale des Importante semblait sur le point de renverser Mazarin^; dans le Conseil d'État, où Moi^sieur, Gaston d'Orléans, et Monsieur le Prince , Henri de Bouii>on , père du grand Condé, se disputaient le pouvoir ^^ dans le Parlement, qui éclatait en menaces contre le ministère et préludait à la Fronde *. Les courtisans se réjouissaient de cette anarchie. « n n'y a plus, disait La Feuiilade^, que quatre petits mots dans la langue française : La reine est si banne ! » Saint- Évremond chantait, dans la suite :
Le temps de la bonne régence.
Temps où régnoit une heureuse abondance, Temps où la ville, aussi bien que la cour.
Ne respiroient que les jeux et Tamour.
Un magistrat d'un esprit sérieux et élevé comme Olivier d'Ormesson ne pouvait partager l'admiration des courti-
> II avait été nommé garde des sceaux en 1630, puis disgracié et emprisonné en I63&. U mourut en 1663.
> Né en 1688 et mort en 1672. 11 était chancelier depuis 1636.
3 Journal d'Oliv. d'Ormesson, S** partie, ^ 17 bis. Je conserverai , dans toutes les citations, Torthographe du manuscrit
« Ibid. , r«> 22 recto, et 23 recto et verso. Olivier d'Ormesson assistait au Conseil d'État en sa qualité de maître des requêtes.
* Ibid. , fr» 17 verso, et 24 verso.
« Ibid. , ^ 23 verso.
"! Mt^moires du cardimi de Hetz , livre 1% vers la fin.
RiGENCE d'aNNE D' AUTRICHE. 47
sans pour ce tourbillon de cabales et de complots qui entourait Anne d^ Autriche. Il voyait avec peine Taifai- Missement de Tautorité et le triomphe de l'anarchie. Un dicton populaire qu'il cite dans son Journal * résume la situation:
« La Reyne donne tout ,
» Monsieur joue tout,
» Monsieur le Prince prend tout ,
» Le cardinal Mazarinfaict tout,
» Le CSiancelier scelle tout. »
On ne se console de ces misérables intrigues que par la vue des grandes choses que la France accomplissait alors à Textérieur. Mazarin , qui , selon son expression , avait le cœur plus français que le langage , poursuivait avec habileté les projets de Richelieu pour l'abaissement de la maison d'Autriche '. Condé triomphait à Rocroy, à Fribourg , à Nordlingen et à Lens ; Turenne , d'abord moins heureux , pénétrait au cœur de l'Allemagne et menaçait TAùtriche jusque dans ses états héréditaires. Le RoussUlon , l'Artois et l'Alsace conquis , lé Portugal délivré , la
^ Journal ffOliv. (FOrmetton , l^ partie, ^ 35 redo. Ce dicton est une iml- Ution de celui que cite L'Étoile, Journal de Henri ittf p. 306 de Tédltion de Pctltot :
Le pauvre peuple endure tout ,
Lee gens d'arme» ravagent tout,
La sainte Eglise paye tout ,
Les favoris demandent tout.
Le Parlement vériûe tout ,
Le chancelier scelle tout ,
La Reine-mère conduit tout ,
Le Pape leur pardonne tout ,
Chicot ( le fou du Roi ) tout seul rit de tout , Le diable , à la fin , aura tout.
* Mignel , Kégociation» pour la iueeestion d*E$pagne , tome I«^.
18 BIOGRAPHIE d'olivier d'ORMESSON.
Catalogne envahie , la Suède triomphante , la Hongrie détachée de l'Autriche , l'Italie secouant le joug de l'Espagne, enfin l'Empire triomphant de l'Empereur, tels étaient les résultats de cette glorieuse politique. I^s contemporains, et surtout les parlementaires, n'en comprirent pas toujours la grandeur. Écrasés d'impôts , ils ne voyaient que la misère publique; la postérité seule devait recueillir les fruits de leurs sacrifices. C'est un mérite pour Olivier d'Ormesson de s'être élevé au-dessus de ces souffrances du moment, et d'avoir porté un jugement équitable sur la politique extérieure de la France, « La postérité, écrit-il dans son Journal S lira avec admiration les grandes actions que nous voyons de nos jours : que les armes d'un Roy de neuf ans se fassent craindre partout, et que, depuis trois ans , nous ayons battu partout nos ennemys. En cette campagne, le mareschal de Turenne a poussé les ennemys , qui ne l'ont osé attendre. En Flandre , après avoir pris Courtray en présence d'une armée aussi forte que la nostre , au milieu de leur pays , forcer Mardick avec deux mil cinq cens hommes dedans , fermer Dunkerque et le prendre, sans qu'ils ayent tenté aucun secours -, en Catalogne, assiéger Lerida ; en Italie, retourner une seconde fois plus forts que la première et y prendre pied : ce sont choses qui seront admirées à l'advenir, et le duc d'Anguien surpasse maintenant les plus grands héros, ayant faict quatre campagnes admirables , terminées par la prise de Dunkerque , non pas seulement par bonheur, mais par valeur et conduitte , donnant luy seul tous les ordres , les exécutant , et ayant esté deux fois blessé cette
» Journal doiiv. d'Ormesson , l" partie, P» 82 reclo , à la date du 16 octobre 164G.
JOURNAL d'olivier d'ormksson. 49
campagnO) et plusieurs des siens tués autour de luy, vigi* lant , libéral , caressant. »
Malheureusement , les discordes civiles tinrent suspendre le cours des victoires. Olivier d'Ormesson retrace toutes les phases de la première Fronde avec une minutieuse fidélité , et donne de nouveaux détails sur une histoire qui semblait épuisée. Luttes des maîtres des requêtes contre le ministère, union des cours souveraines , violence des enquêtes, efforts du Premier Président^, pour les modérer, assemblées de la Chambre SaintrLouis, propositions audacieuses pour changer la forme du gouvernement , arrestation de conseillers le 26 août 4648 , barricades , enfin , fuite de la Cour et guerre civile : tous ces faits , déjà si souvent racontés par des témoins oculaires , reçoivent une nouvelle lumière des Mémoires d'un magistrat sincèrement animé de l'esprit de corps , mais assez éclairé et assez sage pour redouter les extrémités où se précipitaient de fougueux parlementaires. Le Jownal d'Olivier d'Ormesson nous transporte réellement au milieu de ces scènes étranges , où le mélange d'écharpes bleues, de dames , de cuirasses , de violons dans les salles de l'Hôtel-de-Ville^ le bruit dé tambours et le son de trompettes sur la place , donnaient , dit le cardinal de Retz , un spectacle que Ton voit plus dans les romans qu'ailleurs. Il n'était pas moins extraordinaire d'entendre des conseillers au Parlement discuter sur la guerre, en calculer les chances , en préparer les ressources , et , s'animant d'un belliqueux enthousiasme , faire retentit* le sanctuaire de la
> Matthieu Molé, né en 1681, conseiller au Parlement en 1606, président d'une Chambre des Enquêtes en 1610, procureur général en 1614 , premier pr^ident en IGH , garde des iweaux en 16&1 , mort en 1666.
20 BiOGRAraiE d'olivier d'ormbsson.
justice de leurs acclamations guerrières. Olivier d'Ormesson , qui assistait , comme maître des requêtes , aux séances du Parlement , retrace fidèlement ces scènes , qui dégénéraient souvent en burlesques imitations de la Ligue. Je n'en citerai qu'un exemple : c'est le récit des discussions qui préparèrent l'arrêt célèbre rendu , le 8 janvier 1649, contre le cardinal Mazarin. D'Ormesson rappelle d'abord la mission confiée à Omer Talon et aux gens du Roi pour se rendre à Saint-Germain , et le mauvais accueil qu'ils avaient reçu 4e la Cour \ Cette partie de son récit est parfaitement d'accord avec le rapport d'Orner Talon , im^ primé dans les Mémoires de cet avocat général ^. D'Ormesson continue en ces termes ' :
< Les gens du Roy retirés , l'on dict que la Ville , ayant reçu une lettre de cachet , avoit député vers la Reyne , sans en communiquer au Parlement ^ Les advis demandés, le doyen fut d'advis d'attendre le retour desEschevins pour délibérer. M. de Bruxelles ^ dict qu'il ne falloit pas per^ dre de temps : tandis qu'on délibère à Rome , Sagonte est pris ; qu'il * falloit songer à sa défense et lever des troupes pour faciliter les vivres -, que ce n'estoit contre le Roy 5 au contraire, c'estoit pour son service et pour nostre salut : otnnis honesta ratio expediendœ salutis ^. Ainsi
> Journal (fO/ii;. d'Ormesscn , f* partie , ^ 139 recto et Yerro.
a Mém, d:omer TaUm , édlt. PeUtot , tome 11 , p. 883 et tuW.
' Journal d'Oliv, (FOrmeston , l** partie , M29 verso et suIt.
* Voy. BegUtret de rHàtel -de-Ville départ» pendant la Fronde, tome l^, p. 76 et sulT. ; ouvrage publié par la Société de Ilfist. de France.
^ Cett le conseiller plus connu 80U8 le nom de BrouBtel.
^ Journal d^Oliv, d'Ormeiêon , l** partie , M30 recto.
^ Cioéron , Pro Mifone , c. I .
JOURNAL D^OUVISR d'oRMBSSON. S4
fiit.d'advis de lever des troupes ei songer à se deffendre. Chacun estoit de cet advis , mais adjoustoient quelque cir-, constance pour la garde de la ville , comme de commettre de Messieurs pour estre au Conseil de la ville^ le tout sans parler du Cardinal. Je fus d'advis de renvoya encore les gens du Roy, songer à la seureté de la ville , et , pour les moyens, les remettre au Conseil de police. M. Yiolle dict : Ire itertm in lachrymas ^ c'estoit se mooquer; que Ton ne vouloit point de quartier *, qu'il falloit songer à sa défense ; fut de tous les advis proposés , mats adjousta qu'il falloit faire, des remontrances par escriptpour faire cognoistre et designe^^antheur de tous ces desordres.
» Poubliois que M. Payen opinant que la défense estoit légitime et très aisée ^ qu'ayant porté les armes , il sçavoit l'ordre qu'il y falloit tenir, et que, pour avoir des trouppes, l'on en pouvoit avoir pour peu d'argent; que , dans Paris, il y avoit bien neuf cent mil âmes ; que , de leur faire, payer à chacun quatreescus , ce n'estoit pas trop ; que celii faisoit trois millions six cent mil escus; qu'il enfretiendroit avec cela dix mil hommes de pied et quatre mil dievaulx ; que , si cela ne sufBsoit , on pouvoit joindre à une compagnie de cent hommes deux cents bourgeois , qui faisoient trente mil hommes de pied et douze mil chevaulx , et qu'en nécessité faisant doubler la somme , c'estoit soixante mil hommes et vingt-quatre mil chevaulx. Apres quoy, il n'y avoit plus rien à (^ndre, et qu'il feroit mieux qu'il ne disoit^ si la compagnie le vouUoit employer, et qu'il pren« droit à honneur de perdre la vie pour le service du Roy et
< VirgUe,£it^ide,IV,4l3:
Ire Uerum m lacrymas , iterum tcntare precando CogituTf elc.
i'i BIOGRAPHIE d'olivier d'oRXESSON.
celuy du Parlepient. Il fut suivi d'une ires grande aodamation , chacun se croyant en seureté après cela et disant que c'estoit là parler et qu'il ne falloit qu'un honum pour relever un Estât. Pour moy, je creu entendre les dix s^t cent mil clochers du CatkoUcan ^
» Tout le inonde estoit si animé que les advis de conférence estoient rejettes comme lasches. Le président de Blancmesnil Ait le premier qui nomma le cardinal Mazarin pour 4e déclarer aujtheur des désordres et perturbateur du repos public. Apres luy, il ftit condamné par tous , chacun enchérissant, les uns de déclarer ses biens acquis et confisqués au Roy. M. de Machault, prieur de Saint-Pierre d'Amyens, adjousta de mettre sa teste à prix ; ce qui fit rve, estant ecclésiastique^ les autres, de déclarer ses bénéfices impetrables. Ce qui me surprit fut que les présidents de Novion , de Believre , de Nesmon et Le Cogneux alloient endierissant sur cet advis et avec chaleur , et propofioîeiiten niesme temps toutes les facillités de se deffendre. Le président de Mesme réduisit tous les advis de Messieurs , disant qu'il y avoit un Conseil de ville pour donner tqus les ordres particuliers, auquel on pouvoit commettre quatre de Messieurs pour y assister et rejetta la proposition de nommer douze de Messieurs pour régler toutes choses; cela sentoit le Conseil des Seize de la Ligue ; et qu'il falloit que ce fut le Parlement qui donnast tous les ordres généraux ^ que , pour maintenir l'ordre
' « En France , y a dii-sept cents mille doehen , dont Parte n'est cMnpté que pour un : qu'on prenne de chacun clocher un homme catholique, soldoyé aux despens de la paroisse, et que les deniers soyent maniez par les docteurs en théologie pu pour le moins graduez nommez, nous ferons douze cents mille combattants et cinq cents mille pionniers, elc. r Satyre Menippee , édit. de Ch. Nodier , tome !«'. p. 26.