‹ De l'administration de Louis XIV, 1664-1672Chapitre 8 sur 38 · ADMINISTRATION DES FINANCES · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DES FINANCES

RéftMines adiiilntetratives de Loals XIV. — Haavals état des finances en 4661. — Colbert oMtidIrar général : râsnltats de son adadatotration financière , de 1661 i 1697. — Moyens employés par Colbert : Chambre de Justice contre les traitants ( lQ6i-i665 }; condamna* tiens ; amendes de 440 millions: taùmlliation de Goénégaud , qui obtient des lettres d'aboUtlon. — DtanbiaUon du. droit ^e pcélevaleot les financiers sur les recettes : obifgâtions des receveurs généraux ; Impôts réafTermés; budget dressé. chaque année; réductioo des laitlm d augmentalloa des oùIm; suppression d'ofOoes: diminution de la gabelle ; tarif uniforme pour les douanes ; enquête sur les iitres de noblesse ; réforme de la comptabilité des villes et des provinces. — Remboursepient ft)r<ié des rentes ( 4604 ): mécoatent^nent eiclté par cette mesure. •> Rachat des domaines aliénés i 4664 ). — Opposition de Colbert aux emprunts. — Prospérité de l'agriculture sous radminlstration de Colbert.

Sous rinfluénce de la vigoureuse unité dont nous venons de retracer J'organisation y l'administration monarchique fit de rapides progrès. L'honneur des grandes réformes accomplies, de 1661 à 1672, revient sans doute à Louis XIV et à ses ministres. Cependant il ne faut pas oublier qu'elles avaient été signalées et préparées par l'opinion publique. Les États de .1 61 4 avaient appelé l'attention sur plusieurs des mesures qui furent adoptées par Ck)lbert. Du reste , cette remarque peut s'appliquer à toute l'histoire de France. Les Assemblées nationales , au milieu de refTervescence et des excès des passions popu-

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laires , ont presque toujours indicpié d'utiles réformes ^ venaient ensuite les Rois législateurs, qui, en laissait de cAté les projets téméraii^es ou prématurés , acceptaient et réalisaient les idées sanctionnées par la voix publique. Ainsi , les Etats de 1357 avaient demandé la réforme du Parlement , la fixité des monnaies , • la perception régulière de rimpôt par des commissaires généraux et des souscommissaires, nommés Élus. Charles Y fit du Parlement un tribunal permanent , accepta Tinstitution des Généraux et des Élus, qui devinrent des fonctionnaires royaux, et interdit Taltération des monnaies , si fréquente sous les . règnes précédents. L'Assemblée Gabochienne de 1413 réclama de nouvelles réformes, qu'accomplit Charles VU ; de ce nombre étaient la réorganisation de l'armée et le rétablissement de l'ancienne discipline ecclésiastique. Louis Xn réalisa une partie des améliorations demandées par les États de 1484, entr'autres la publication des Coutumes et la séparation des fonctions civiles et mili* taires. Les doléances des États d'Orléans (1561) et de Blois (1577) préparèrent les célèbres ordonnances d'Orléans (1561), de Moulins (1566) et de Blois (1579); enfin , le Tiers-État fit entendre , aux États de 1614, les réclamations les plus énergiques pour la réforme de l'administration. Richelieu consultait souvent les cahiers de cet ordre ; il satisfit en partie à ses vœux. Golbert , qui invoquait sans cesse l'autorité de Richelieu et s'in^irait de ses idées , continua ses réformes et les dépassa. La gloire de Louis XIV et de son ministre est d'avoir su répondre aux besoins et aux vœux de la France.

Les finances, surtout; appelaient, en 1661, une réforme prompte et énergique. Dilapidées par Mazarin cl

MAUVAIS ÉTAT DES nifAIfCBS SIf 1 661 . 73

FouqiK^ , embrooiUées par les traitants , elles étaient dans un effreyable désordre, comme Fattestent les Mémoires de Louis XIV ^ c Les dépenses ies plus nécessaires et les plus privilégiées de ma maison et de ma propre p«^ sonne étoient, ou retardées contre toute bienséance , ou soirtenues par le seul crédit, dont les suites étoienf & charge. L'abondance paroissoit.» en mtoie temps , diez les gens d'affaires ^ qui , d'un côté , couvroient toutes leurs malversations par toute sorte d'artifices , et les découvroimt, de l'autre^ p«r un luxe insolent et audadeux, comme s'ils eussent appréhendé de me les laisser ignor rer. » Heureusement Mazarin avait légué à Louis XIV son intendant Colbert^ dont le génie financier était encore aiguillonné par sa haine contre le surintendant Fouquet. Lorsque ce dernier eut été arrêté (4661 ), Louis XIV ne voulut plus de Surintendant. H en prit pour lui-même les fonctions, et s'adjoigtiit un Conseil, composé du maréchal de Viilcaroy, des deux conseillers d'État d'Aligre et de Sève, et d'un contrôleur général, qui ftit Colbert '. c C'est dans ce Conseil, dit Louis XIV, que j'ai travaillé continuellement d^uis à démêler la terrible conftision qu'on avoit mise dans mes affaires. »

La gloire de ces réformes financières revient surtout à Colbert, que Louis XIV daigne à peine nommer, et seulement comme l'exécuteur de ses volontés. Prafr-étre le Roi fut*il dupe, comme le prétend Saint -Simon % de

> Uémoirtê de Loms XIY, tome 1*', p. 9-10.

' i.-B. Colbert , né à Reims le 29 août 1619 , mort le 6 Beptembre 1683.. 3 Ment, de Louis XIV, tomc 1*', p. 104 , 10& , ïOS.—Mém. de Vabbé de Chûwj. édit. Petltot , p. 263. — Ancieimes Lois françaises , tome XVUl , p. 9.

^ Mémoires , tome XIII > p. 4.

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