INTRODUCTION. IX
en insistant particulièrement toutefois sur la nécessité et les prérogatives du pouvoir central.
Toutes les branches de Tadministration, toutes les parties de l'Etat furent l'objet de réformes tantôt hardies, tantôt pleines de maturité et toujours inspirées par le plus ardent amour du bien public. On a maintes fois remarqué de quelle activité les législateurs eurent besoin et firent preuve pour opérer en si peu de temps des changements si profonds. Ce qui n'est pas moins digne de remarque, c'est que ces mesures administratives si nouvelles furent immédiatement appliquées; le mécanisme, si différent de tout ce qui avait précédé, fut mis en mouvement, et dès l'abord il imprima à la marche des affaires l'unité et la célérité que l'Assemblée constituante avait cherchées.
Il n'est pas étonnant, d'ailleurs, que ces réformes aient trouvé des esprits généreux pour les faire passer sur le champ dana la pratique. La plupart des hommes qui firent partie des administrations et des directoires de département et de districtavaient fait, enquelque sorte, un noviciat administratif dans les assemblées provinciales, et celles-ci fournirent même à la Constituante bon nombre de ses orateurs les plus éminents. Chez beaucoup de ces hommes, sans doute, l'inexpérience était grande encore ; mais ils étaient pleins de confiance dans l'avenir, pénétrés du sentiment de leur responsabilité, et ne reculaient devant aucun obstacle quand il s'agissait de l'intérêt de leurs concitoyens ou des droits.de la justice. D'ailleurs^ la Constituante ne dédaignait pas de surveiller, d'encourager, au besoin de redresser l'administrateur. On sait qu'elle posa d'une manière inébranlable, dans la loi des 16-24 août 1790, le principe toujours respecté depuis de la séparation des pouvoirs