X INTRODUCTION
administratif et judic'iaire. Quelques mois après, à propos d'une mesure prise par la muni<îipalité de Gray, la Constituante 'décrétait la règle dont le Conseil d'Etat a tiré la théorie du recours pour excès de pouvoir.
Eto.nnante et, à tous les points de vue, mémorable épo'^ue que celle-là, grande par la variété, l'importance
et la sagesse des mesures édictées, non moins grande jl^r le soin avec lequel ces législateurs, que rien n'arpStait ni ne décourageait, portaient leurs vues sur toutes les branches de l'administration ! Malheureusement, le désir d'innover fut poussé trop loin parfois : on crut trop aisément que l'administration s'improvise comme une théorie philosophique, que les lois les plus symétriques et les mieux combinées seront toujours les plus faciles à appliquer, et que pour bien gouverner un peuple, il faut lui donner le mode de gouvernement le plus conforme à la science. De là cette stérilité ou ce discrédit dont furent frappées des mesures excellentes en elles-mêmes, mais auxquelles manquait l'épreuve de l'expérience.
Et puis la lutte s'engagea bientôt violente et terrible entre la France et l'Europe ; il fallut courir au plus pressé; transformée en un vaste camp, la France ne s'occupa plus que de défendre son indépendance ; elle la défendit, sauva son honneur et son existence même au prix des plus héroïques efforts ; on comprend qu'au milieu de cette crise effroyable l'administration ait été négligée, qu'on ait essayé en l'an III une réforme bouleversant maladroitement l'œuvre de la Constituante, et qu'en définitive, le^ résultats de ces innovations successives aient été médiocres et peu appréciés.
Lorsque le Directoire fut renversé, un immense besoin