XII INTRODUCTION
avec attention et liberté, elles doivent être soumises au contrôle d'une assemblée dans laquelle se rencontrent et se heurtent les esprits les plus divers. Mais, précisément, cette diversité d'aperçus, cette opposition des intelligences permettent un examen complet, garantissent une décision presque toujours utile et modérée. Pour exécuter cette décision, une administration collective, fût-elle composée de cinq membres seulement, est ordinairement embarrassée ou insuffisante. Il faut l'unité pour que le pouvoir chargé d'agir soit fort, respecté et responsable. Cette unité est devenue la règle à tous les degrés de l'administration, et comme cette règle plaît à l'esprit français, que la netteté séduit toujours, rien n'a pu faire (Jévier notre organisation administrative de cet axe principal. Le pnéfet, à la tête du département, dans chaque arrondissement, le sous-préfet, les maires, dans toutes les communes, ont pu se tromper, exagérer leurs droits et commettre des injustices; l'administration française n'a pas cessé d'être, en général, simple, juste et honorée.
Le tribunal administratif de chaque département a, du reste, pour mission de soutenir l'œuvre de l'administrateur, en réprimant les injustices et les torts commis au préjudice des particuliers ; constitués sur des bases un peu étroites et f ragiles> les conseils de préfecture ont rendu d'obscurs, mais importants services, en réglant, presque sans procédure et sans frais, des litiges fort nombreux, d'un intérêt pécuniaire peu considérable la plupart du temps, mais que leur nombre seul pouvait rendre embarrassants et dangereux pour la marche régulière de l'administration.
Ainsi constituée, l'administration française était déjà merveilleusement préparéo à façonner et à conduire