‹ De l'administration départmentaleChapitre 17 sur 152 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

à son gré le pays. Ce n'était pas tout encore : au sommet, le Conseil d'Etat domina tous les agents comme tous les pouvoirs inférieurs; par les règlements d'administration publique, par l'action incessante qu'il exerça durant le premier Empire, le Conseil d'Etat affermit véritablement l'autorité centrale, compléta et

interpréta les lois, et, redressant les erreurs des diffé-

rents administrateurs, fit aimer cette centralisation absorbante qu'on n'envisage pas aujourd'hui sans une sorte d'effroi.

Au moins, par la formation des listes communale et nationale, le pays sembla-t-il prendre quelque part, durant bien peu de temps, il est vrai, à la désignation de ses administrateurs. Bientôt la volonté de l'Empereur dicta tous les choix, imposa à tous les agents absolument révocables et dépendants des ordres que nul ne songeait à discuter; mais telle était pourtant la force de l'habitude, tel était le besoin d'ordre, que les désastres de 1814 et de 1815 n'ébranlèrent presque pas notre édifice administratif. Le pays, qui maudissait la conscription et les droits réunis, ne demanda pas la suppression des préfets, ni une part plus grande dans la gestion des affaires locales. On réclama, on obtint la liberté politique; un véritable Parlement fut établi, le Gouvernement constitutionnel s'essaya et bientôt s'affermit chez nous; mais la Restauration continua de nommer les maires, les conseillers de département et d'arrondissement, et rien ne fut relâché de la rigueur de la tutelle administrative. Il semble que la nation tout entière, les yeux tournés vers la tribune, du haut de laquelle de Serre, Foy, Benjamin Constant, Manuel, Camille Jordan lui envoyaient les accents d'une éloquence qu'on n'a point surpassée, fît peu de cas des libertés locales, et, flère

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