‹ De l'administration départmentaleChapitre 19 sur 152 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

Afin d'appeler un contrôle plus direct encore sur les assemblées départementales, la Révolution de 1848 amena la puhlicitjs des séances des conseils généraux, à laquelle, depuis onze ans, nous sommes revenus. C'était inviter le pays à marcher en avant et témoigner en lui une confiance que le passé rendait légitime. Mais le régime de 1852 interrompit brusquement le progrès : par un étrange abus des mots, il donna le nom de décentralisation à ce décret du 25 mars qui fortifiait le pouvoir préfectoral et en faisait véritablement l'arbitre de toute administration dans le département. La solution qui autrefois était réservée au ministre appartenait dorénavant au préfet, de sorte que la garantie d'un examen fait de loin et avec impartialité était presque fatalement enlevée aux intérêts privés. Conseils municipaux et conseils généraux allaient sentir désormais la dépendance d'un pouvoir qui, n'étant pas lui-même sûr du lendemain, devait naturellement exagérer la défense de l'autorité centrale et ne pas s'arrêter dans ses complaisances envers celle-ci. La France a subi ce régime, que tous les amis de la liberté ont déploré et détesté. Telle a été la pression de l'opinion publique, que quelques années après^ l'Empire lui-même sentit le besoin de relâcher les liens dans lesquels il avait, pour son profit et notre malheur, tout étreint : presse, associations, travaux publics, bienfaisance. Comme son intérêt l'avertissait de la faute qu'il avait commise, il tenta de transformer l'administration et d'y faire pénétrer le goût de l'initiative privée en même temps que la liberté. Il serait injuste de ne pas reconnaître qu'en 1866, la loi sur les conseils généraux et, dans les années qui suivirent, les lois municipales, sur la presse, sur les réunions,

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