‹ De l'administration départmentaleChapitre 20 sur 152 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

apportèrent des changements graves et heureux à l'arbitraire dans lequel le pays étouffait et se débattait depuis 1852. Ces mesures, mêlées comme toujours de défiance et d'hésitation, ne purent arrêter le second Empire sur la pente où il glissait; le pays toutefois s'en servit pour réclamer enfin la restitution de ses libertés nécessaires, comme les appela M. Thiers'd'un nom qui fit fortune. Et après l'efibndrement du régime impérial, après avoir essuyé des désastres presque sans nom dans son histoire, la France a repris possession d'elle-même; elle marche depuis, non sans angoisses, mais sans relâche, dans la voie d'une liberté féconde autant que laborieuse.

La loi de 1871 sur l'administration départementale a été l'une des premières et l'une des plus complètes mesures de décentralisation inspirées au législateur par le patriotisme et l'expérience. Le livre qu'on va lire montrera assez, nous osons l'espérer, quelles ont été tout à la fois la sagesse et la portée décentralisatrice de cette loi du 10 août 1871. L'admiration redouble, quand on se reporte aux circonstances dans lesquelles cette loi a été discutée. La France était, dans vingt de ses départements, occupée par l'étranger; une insurrection formidable était à peine vaincue ; partout le sol était couvert de ruines ; toutes les parties de l'administration avaient souffert; chacun frémissait de douleur et presque de désespoir. Ce fut au milieu de ces tristesses inoubliables que l'Assemblée nationale discuta, avec une gravité et une lenteur vraiment admirables, toutes les réformes sur lesquelles elle comptait pour régénérer le pays. Il faut dire, à l'honneur de l'une et de l'autre, que le pays n'a pas trompé les espérances de l'Assemblée, et celle-ci n'a pas trop présumé des conseils généraux.

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