IV INTRODUCTION
peuples de l'Europe ; si nos lois sont encore tout imprégnées de Pesprit des lois romaines, si notre droit moderne a recueilli avec soin les règles admirables du droit romain, la raison écrite, nous tenons aussi de l'Empire romain lui-même ce besoin de direction, ce désir de régularité et d'uniformité qui sont la règle et l'honneur d'une administration éclairée.
Ces traditions se sont conservées à travers le moyenâge, on l'a remarqué souvent. Charlemagne, dans tel de ses capitulaires, fait des règlements aussi savants et aussi compliqués que l'aurait pu faire un édile romain et que le ferait un préfet de nos jours. Et l'on ne voit pas que cette réglementation minutieuse ait surpris ou irrité lés peuples à demi-barbares à qui elle était envoyée au nom de l'Empereur. "Elle forme pourtant un singulier contraste avec les mœurs et les occupations ordinaires de l'époque. Mais, tel était le prestige de l'autorité, les populations se pliaient si aisément à ces exigences d'un pouvoir ami des détails, mais bienveillant, qu'il était plus facile de faire observer ces mesures de police, si détaillées et parfois si bizarres, que de rendre aur mœurs quelque dignité -durable, aux personnes quelque respect des droits d'autrui.
Une fois de plus, il fut démontré que la régularité des formes administratives n'est nullement incompatible avec un pouvoir absolu ; à trois siècles de distance, l'administration essayait de discipliner les aptitudes et les caractères les plus divers; Théodose, Justinien et Charlemagne continuaient au fond une œuvre identique et tâchaient de suppléer, par l'énergie et la multiplicité des mesures, à l'esprit d'initiative, aux vertus morales qui faisaient défaut à leurs contemporains. Toutefois, et ce résultat mérite assurément d'être signalé, si le