‹ De l'administration départmentaleChapitre 21 sur 152 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

Sans doute, il ne faut pas au détriment des droits de l'Etat étendre démesurément la sphère d'action des pouvoirs locaux. La décentralisation serait un malheur et une erreur également funestes, si elle avait pour conséquence d'énerver et de compromettre l'unité de la nation. Mais il faut bien s'entendre. La décentralisation n'est ni la suppression ni la négation du pouvoir politique, entre les mains de qui doit constamment rester la destinée du pays. La centralisation est nécessaire à la grandeur d'une nation comme la nôtre ; car cette centralisation garantit et maintient l'intégrité et l'unité de la vie sociale. Ce qui constitue la décentralisation, c'est le règlement des intérêts locaux abandonné à ceux que ces intérêts touchent directement et pour ainsi dire exclusivement. Que tout ce qui regarde la justice, l'armée, les contributions publiques soit réservé au pouvoir central, rien de plus juste; mais que chaque commune, chaque département puissent administrer en toute liberté leurs écoles, leurs routes, leurs établissements de secours et autres; que chaque contrée puisse varier, suivant ses traditions et ses besoins, l'administration de ses intérêts purement intérieurs ; que l'activité intellectuelle des habitants soit mise en éyeil ; que chacun ne rejette pas sur l'autorité centrale les conséquences plus ou moins prévues d'une mauvaise mesure, voilà ce qui forme les caractères, augmente le goût des affaires publiques et crée dans une nation des mœurs politiques vraiment viriles. Nous avons eu souvent l'instinct de cette décentralisation, plus que nous n'en avons eu véritablement la pratique et les bienfaits. Cependant, il est vrai de dire qu'à travers toutes ses crises, le pays a poursuivi le même idéal ; ami de l'ordre, ennemi de l'arbitraire et d'iné-

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