XVIII INTRODUCTION
galités injustifiables dans l'état présent de la société, il a cherché constamment à réaliser la probité dans l'administration et la liberté dans le Gouvernement. Cette tâche, il faut l'avouer, a toujours été rude ; aucun peuple ne l'a accomplie sans de douloureux et fréquents retours. Tandis, en effet, qu'un sentiment naturel porte l'homme à régler en maître ses propres affaires, un autre sentiment presqu'aussi fort et tout contraire le pousse à se tourner vers le Pouvoir, à demander à celui-ci une assistance et une direction presque sans limites. Voyez ce qui se passe parfois dans le plus modeste de nos villages, quand il s'agit de bâtir une école, de reconstruire l'église, de réparer la mairie. Ne commence-t-on pas presque inévitablement par rechercher, souvent par mendier, des subventions à toutes les bourses ? N'y a-t-il pas comme un assaut de demandes et de promesses, et n'est-ce pas là une des causes de cette faiblesse des mœurs publiques dont> sous les régimes précédents, nous avons été si souvent les témoins attristés ? A ce point de vue, il y aurait lieu de mettre quelque réserve dans l'octroi des ressources et des avances, que depuis quelques années l'Etat accorde si généreusement d'ailleurs pour les chemins vicinaux, la construction des écoles et les travaux publics. A l'aide du concours du Trésor, de grandes améliorations peuvent être réalisées sans doute ; mais les populations s'habituent vite à compter sur cette assistance, acquise dès qu'elle est implorée avec persévérance, et habileté. On se lance plus ou moins inconsidérément dans des entreprises qui dépassent les forces ou les besoins réels de la contrée. Une émulation vaniteuse s'établit entre les plus petites communes, et voilà comment on trouve dans les coins