‹ De l'administration départmentaleChapitre 23 sur 152 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

perdus, sur des landes, des maisons d'école, des bâtiments publics d'un goût douteux, construits à grands frais et maladroitement copiés sur ce qui a frappé les regards dans la ville voisine. Plus de simplicité n'eût nui à personne, et il eût mieux valu qu'un architecte pressé de faire grand n'imposât point aux habitants de cette campagne le luxe d'une construction trop vaste et à beaucoup d'égards souvent assez inutile.

Le désir d'imiter l'Etat ou les grandes villes ruine ainsi souvent dans nos communes rurales l'initiative privée et maintient les pires restes de la centralisation. Un autre péril non moins grand consiste dans l'exagération en sens contraire de l'importance et des attributions des pouvoirs locaux. La distribution et la hiérarchie des divers pouvoirs constituent aujourd'hui un des axiomes certains de la science politique. On n'intervertit jamais les rôles sans danger, et même avec la pensée du bien public on compromet toujours l'ordre social, quand on viole les compétences et qu'on excède les bornes tracées par la loi à toute autorité, quelle qu'elle soit. On a bien vu la gravité de ce péril, quand des conseils généraux excités par des sentiments généreux ont méconnu le caractère de leur institution, exprimé des vœux politiques et annoncé l'intention d'être les seuls régulateurs de l'opinion publique. Les préfets et le Gouvernement ont, à bon droit, résisté ; l'opinion s'est émue, et avec une incertitude qui se comprenait, elle s'est demandé s'il ne lui faudrait pas regretter la réforme décentralisatrice de 1871. Heureusement, craintes et incertitudes se sont vite dissipées.; chacun a repris sa place; il faut que chacun la tienne toujours. Vous dites que ce vœu politique traduit la pensée de vos mandants, qu'un devoir civique vous

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