XX INTRODUCTION
oblige d'avertir le Gouvernement qui fait fausse route. Décevante et subtile théorie qui mènerait droit à l'anarchie et à la confusion de tous les pouvoirs! Il n'est jamais nécessaire, jamais bon de violer la loi, quelque but qu'on poursuive, et le premier exemple que vous devez au pays, c'est celui du respect absolu de l'autorité. S'il en pouvait être autrement, où s'arrêterait-on d'ailleurs, et ne voit-on pas qu'à ce compte, aucune institution, ni là magistrature, ni l'armée, ni la liberté religieuse ne résisteraient à ces recommandations, à ces défenses, illégales autant que passionnées. Les conseils généraux et les administrations locales ont devant eux une assez belle carrière pour qu'elle satisfasse toutes leurs ambitions. Rien n'est inutile, rien n'est à dédaigner quand il s'agit des intérêts quotidiens des populations : un pont reconstruit, un chemin redressé, un travail bien et économiquement fait, servent plus que tout le reste à affermir et à faire aimer le Gouvernement du pays. La décentralisation n'a pas, au fond, de pires ennemis que ceux qui, sans frein ni règle, veulent tout brouiller en cherchant à tout réformer.
Les réformes, l'histoire de notre pays démontre qu'elles sont le fruit de l'expérience et que vouloir trop se hâter, c'est s'exposer à tout compromettre. A plusieurs reprises, en effet, des projets hardis ont été mis en avant : il ne s'agissait de rien moins que d'une refonte radicale de notre système administratif. Ainsi pn a • proposé de supprimer les préfets, de modifier la circonscription des départements, de reconstituer les provinces. Une réforme plus modeste, et dont il sera parlé dans le chapitre XXXV de cet ouvrage, tend à donner aux cantons une vie et une administration propre ; il est vraisemblable que ce projet aboutira tôt ou tard,