INTRODUCTION. XXIII
nations qui aient, avec la même persévérance que nous, poursuivi à travers tous les mécomptes la conquête d'un gouvernement sage, laissant à chacun la même liberté et assurant à tous la sécurité et la paix. Or, les conseils généraux ont été dans chaque département les interprètes constants et autorisés de ce besoin, de ces instincts permanents du pays. Ils forment une véritable élite de citoyens, choisis qu'ils sont d'ordinaire parmi ceux que le talent, la naissance, la propriété foncière, l'industrie* élèvent au premier rang. Assez nombreuses pour que la discussion y soit complète et, d'autre part, ne comptant point un nombre de membres tel qu'il y ait lieu de redouter les orages et les lenteurs des assemblées politiques, les assemblées départementales ont presque toujours été le modèle et le théâtre d'une discussion courtoise et vraiment éclairée. Leurs procès-verbaux instruisent quiconque sait les lire avec recueillement ; d'ailleurs l'administration départementale touche aux objets les plus divers; elle ne se perd pas dans des détails infimes, ni dans des querelles de clocher; mais, à un autre point de vue, elle concerne les besoins matériels des populations, ce qui l'empêche de s'égarer dans le v^gue de théories hasardées et prétentieuses. Elle a développé et soutenu la vie municipale en aidant les communes dans des travaux que seules celles-ci n'auraient probablement jamais pu accomplir. Ainsi, le développement de l'instruction primaire a l'une de ses causes dans l'établissement des écoles normales, fondées et entretenues par les départements; et si cette instruction est aujourd'hui regardée par tous comme un besoin social de premier ordre, on sait que les conseils généraux ont rivalisé de générosité et d'ardeur pour venir en aide