VI INTRODUCTION
avec Tagrandissement du pouvoir royal. D'abord restreint à des objets de médiocre importance, le pouvoir administratif s'étendit et se développa peu à peu. On le trouve en germe dans ces règlements faits par les communes qui ont acheté des seigneurs ou obtenu du Roi le droit de s'administrer librement. Bientôt le Pouvoir royal, profitant de ses premiers succès, sentant d'ailleurs l'appui que les classes inférieures lui donnent contre les seigneurs, multiplie comme à plaisir les occasions et les moyens de réglementation ; il se donne comme le protecteur de quiconque ne sait se défendre suffisamment soi-même, et nul objet n'échappe bientôt à ses préoccupations. On sourit parfois en lisant cette multitude d'ordonnances de police suggérées au Roi par des événements les uns futiles, les autres plus graves, et qui fournissent matière à une réglementation d'ordinaire gênante et superflue.
Au XVIP siècle, le pouvoir royal a atteint son apogée, et l'on peut dire à ce moment que la France est le pays le plus centralisé de l'Europe, Richelieu et Colbert ont, en effet, continué et achevé l'œuvre de Louis XI et de François P"". Tout dépend de la volonté du maître, tout aboutît à Versailles, tout en vient et se répand de là jusqu'au fond dès provinces : à tel point qu'un publiciste éminent a pu dire que la centralisation était l'œuvre propre de l'ancien régime.
Cette assertion est plus vraie qu'on ne l'a cru souvent. Et pour s'en convaincre, il suffit de remarquer que la vie provinciale, si fortement attaquée déjà' par Richelieu, fut à peu près entièrement annihilée par Louis XIV, qui trouva du . reste les seigneurs et le peuple également dociles à ses vues : les seigneurs, un regard du Roi était leur récompense et, quittant