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CHAPITRE XXV

Qu8 l'Eaiope marché au catholicisme sans passer par Iscésarisme.

Où va l'Europe? sedemande-t-oa. L'anarchie, qui est partout, enfantera-t-elle son fruit ordinaire, le despotisme ? Las des tournois parlementaires et du régime des porte- plumes, les peuples dirontils à un porte-sabre : Délivre-nous du soin de nous gouverner ? En un mot , aurons-nous VËre des Césars y comme nous le prophétisait naguère un publiciste distingué ?

Le lecteur attentif sait déjà que je ne crois pas à celte solution , et que j'ai de bonnes raisons de n'y pas croire.

Pour durer, Tabsolutisme militaire a besoin , comme toute autre forme de gouvernement, d'avoir un fondement dans la conscience publique et dans l'organisation sociale. A proprement parler, les gouvernements ne s'improvisent pas : quand ils arrivent par un coup de main , ils s'en vont par un coup de pied.

A l'arrivée des césars , les Romains étaient en-

core ce qu'ils osaient toujours été depuis leur premier chef , RoDiuliis : une armée en campagne. Les germes de division , comprimés longtemps par le besoin d*agir au-dehors , ayant éclaté parmi les chefs, dès que la pnssion des amquêtes eut ûiit place à la fureur des jouissances, le besoin de conservation a|)|)eia naturellement la dictature impériale. Celle-ci était, non un changement, mais une continuation du système éducationncl.

Parmi les dix millions tout au plus de citoyens ad'uis au banquet social , qui donc pouvait ne pas applaudir à la ciéation d*un chef revêtu du pouvoir nécessaire pour mettre la salle du festin h Tabri, et de l'humeur querelleuse des convives, et du soulèvement des gens de service, vingt fois plus nombreux que les ntaîtres , et de l'irruption des barbares ? Pour les patriciens , enrichis des dépouilles du monde et àoni'le^ familles étaient devenues des nations (1) , quelle nécessité et quelle fortune qu'un prince de leur lM)rd, les déchargeant du poids des affaires publiques et les protégeant contre les insolentes prétendons de la plèbe citoyenne ! Que demandait celle-ci ? Un maître qui lui donnât du pain et des jeux, A ces deux classes façonnées pour la servitude ^ comme disait Ti-

(i) Tacite, 4»na/. XIV, 44.

bèrc , si Ton ajoute le peuple des légions , qui ^*tnil la seule force vive de la république et ne pouvait être (|u*inipérialiste, on conçoit que le cri de : Vive l'empereur I fût l'expression de la pensée universelle et que ce cri ne dût finir qu'avec la domination romiiine.

Enfin , ridée religieuse païenne était la consécration du despotisme le plus illiinilô , ainsi que nous Tavons dit. Les dieux de la Grèce et de l'Italie n'avaient enseigné à leurs adorateurs d'autre droit que celui qui régissait TOlympc : le droit du plus fort, du favori de l'immuable destin. Tantquc les patriciens et le peuple purent exercer le pouvoir, la loi , expression de leur volonté, fut la règle suprême de toute justice. Une fois qu'ils eurent abdiqué entre les mains d'un empereur, la conscience publique fit inscrire en tête du droit cette maxime : Tout ce qui plaH au prince a force de loi.

Cette théorie du despotisme, universellement acceptée , n'eut pour ennemis que les chrétiens. Mais quand les chrétiens arrivèrent avec leur charte divine , limitant les droits du prince , lui imposant de» devoirs et créant , pour tous, l'obligation de mourir plutôt que de se prêter à ses volontés injustes ; quand, dis-je» ces reformatent s arrivèrent, l'empire était assis, et loin de le démo-

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lir, ils ne firent qae le consolider, ce qoi eut lieu (le plus d'une manière.

Et d'abord , par Tinfusion des vertus é?angéli-

ques, les chrétiens arrêtèrent la dissolution de la société romaine et la reprirent par ses bases , tout n respectant ses formes eiitérieures. S'ils disaient : Mieux vaut obéir à Dieu qu*à César, ils disaient iiussi : Mieux vaut mourir que de sHnsurger contre César, Ils comprenaient fort bien que la constitution politique de ]*empirc était une condition essentielle au maintien de Tordre et à laquelle on ne pourrait loucher sans crime, tant que la pensée chrétienne n'aurait pas préparé suffisamment les esprits à rétablissement d'un meilleur ordre de choses. Ils fortifiaient aussi le pouvoir impérial par la secrète , mais irrésistible influence que Tesprit chrétien exerçait sur la législation , qu'on voit s'améliorer progressivement depuis le règne de Claude (I).

Enfin , la guerre à mort que la religion et les mœurs nouvelles faisaient à la pensée et aux mœurs anciennes dut nécessairement rallier tous les partisans de celles-ci autour du trône. Contre cette attaque du Dieu de la croix, qui venait confondre

(1) Voy. M. TroploDg, DeVinflucncedu chrtUianM' me sur le droit romain.

l'œuvre de la force, détrôner les vices, prêcher la pénitence, l'abnégation , la charité aux grands et aux petits, aux maîtres et aux esclaves, et les unir tous comme des frères sous la loi du Père qui est aux deux y les exploiteurs du monde ne virent 4e défeùse que dans les édits et Tépée du prince. A la devise ennemie : Gloire au Christ! Nous vivrons et mourrons chrétiens! ils opposèrent le cri : Mort aux ennemis des dieux de l'empire et de César !

En un mot, Tabsolutisme des césars, avec de profondes racines dans un passé de six siècles , se {présentait comme Tunique sauvegarde du présent et de l'avenir î il avait pour défenseurs ceux mêmes qui Taitaquaient : faut-il s'étonner de sa longue existence?

Aujourd'hui rien de semblable n'existe. Il suffit d'un regard sur l'Europe, même à la surface, pour apercevoir dans le morcellement du territoire» dans la division et l'opposition des intérêts nationaux , dans le courant des idées, etc. , d'insurmontables obstacles au triomphe un peu durable d'un régime quelconque fondé sur la force.

Et d'abord, où trouver la puissance capable de plier au joug tant de forces rebelles ? On nous montre au nord le grand empire orier^taly qu'on nous peint; non tel qu'il est, mais tel qu'il s'efforce

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de paraître (1 \ Le coloase possède, fl est ¥rai, l'unité de coaunandenient, mm il lai maniioe une âme qui ea relie fortement les membres et qni fasse de la parole da dief TexpressioD d'one pensée œminnne. Ao lien d'un peuple assez compacte et assimilé pomr s'étendre sans se rompre, je ne vois que l'amalgame confus et indigeste d'one multitude de peuples et de f euplades, privés du ciment qui constitue les peu(.les conquérants et dominateurs. On parle de la religion des Rosses, comme s'ils n'ra avaient qu'une; mais il y a cent religions en

(i)< Nal ne sait iei-bu, dit M. Roaicn, ce que peut couTer de projets le mystérieia silence do grand empire oriental. Là, se trouYent unies, par une rare roerreille» la force et la foi, ces denx uniques leviers des mouTements humaios. Là, se trouve à la tête de^ peuples un monarque pontife , devant qui le paysan se jette à genoux en rappelant Père. Là, se trouve une immense armée, semblable à la légion thébaine, où chaque soldat saurait être un martyr. Mélange inouï des violences païennes et des solides vertus du christianisme, ce vaste campement aux confins de l'Europe a pillé sur le voisinage avec un discernement sans ^al. Ses coureurs n*ont pris et rapporté que les idées utiles, celles qui servent à la force et à la conquête , nous laissant le reste dont nous usons si bien ! > Uêre de» Cèsarê^f eh. Xll.

Rossie, depuis la religion catholique, qui y est dans Toppressioa , jusqu'aux superstitions grossières des Samoîèâes et des Baskirs , qui y jouissent du droit de cité. La religion orthodoxe-rvifse est-elle autre chose qu'un éadavre labouré en tout sens par le ver de Thérésie (1) ?

Loin d*être inspirées par une pensée énergique, conquérante qui tende à déborder, les populations russes aspirent plutôt à sMmprégner des idées étrangères. Les classes supérieures ont avalé à longs traits les poisons et les inepties de la philosophie, de la littérature et de la politique modernes. Le rationalitiiie germanique, chaîné de Téducaiion

(1) « 11 B*y a pas dans toute TEarope, dit un conseiller d*État de Russie, pas même en Angleterre, pny» classique des dissidences religieuses, des sectes aussi variées, aussi nombreuses et surtout aussi odieuses qu'en Russie. » M. le comte d*Horrer, Perséeulious et 99ufffancei de V Église catholique en Russie, p. 77. — « 11 y a en Russie, dit M* deCnstine, une multitude de sectes dont le gouvernement ne vous laisse pas soupçonner Texistence... Il y en a une qui permet la puly-* garnie; une autre va plus loin : elle pose eu principe et met en pratique la communauté des Temmes pour les hommes, et des hommes pour les femmes... Tel Russe vous présente sans façon ses trois femmes. » La Rtfn^hf cMi83y.Tom.in, p.303 30i,

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de la jeunesse , l'a faite k son image , impie et révolutiounaire, et il n*y a pas longtemps que la police impériale a eu à déjpuer une conspiration effrayante par le nombre de ses adeptes élevés aux frais de TÉtat. Au-dessous que trouve-t on ? Des masses de ser£s travaillés par Tesprit de jacquerie et contre lesquels celui qu'ils appellent leur père est obligé d'envoyer du canon pour les empêcher d'embrocher leurs seigneurs.

En somme, avec tous les vices d'une fausse civilisation et un fonds de barbarie très réelle, mais sans homogénéité, la Russie n'a dans le ventre que des éléments de faiblesse et de mort. C'est un corps artificiel capable, dans Toccasion , d'exécuter une promenade militaire à travers l'Europe occidentale, mais impuissant à y édifier quoi que ce soit , sauf son tombeau. Le seul pays russifîable , du moins pour un temps, c'est la Turquie,, qui. a perdu son principe vital et dont la sépulture n'est différée que faute d'entente, parmi nos cabinets, pour le choix d'un héritier ou le partage de la succession.

Toutefois , je suis loin de méconnaître les chances d'invasion que notre désorganisation politique peut d'un moment à l'autre offrir à la Russie. Il y a assez d'aveuglement , de faiblesse et de divisions dans nos classes influentes , et assez de mauvais Touloir dans la politique anglaise , pour nous ii^

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vrer aux exploitations de la démagogie; il y a dans le parti démagogique assez de passions féroces, stupides, subversives , pour démanteler en quelques mois l'occident et le faire soupirer peut-être après Tarrivée des cosaques. Dans cette hypothèse , le czar, comme chef de la coalitioQ du nord, aurait à opter entre deux rôles : le rôle de libérateur aidant les nations occidentales à briser le joug des sauvages, et à se relever de leurs ruines sousdes gouvernements appropriés à leurs besoins ; le rôle du maître partageant la conquête entre ses alliés et ses créatures, et allant à Coustantinople ceindre la couronne d'empereur de Forient et de protecteur du nouveau système européen.

Le premier parti serait Tinspiration d'un noble cœur et d'une haute segesse, mais il impliquerait le retour de la Russie et de la Prusse à l'unité religieuse, attendu que l'Europe ne peut se reconstituer que sur la base catholique. L'autre parti n'enfanterait qu'une œuvre de violence et de mort. Dévorés à leur tour par l'épée ou par les vices des vaincus, les vainqueurs n'auraien t fait qu'ouvrir les portes de l'Europe aux races conquérantes qui attendent à cheval, dàris les vallées du Thibet et les plaines de la Haute-Asie, l'ordre qui fut donné à Attila (1). C'est là en effet que Dieu paraît tenir

(i)V. La somce de la vie, Tom, 11. LeçonXXXVl*

en réserve nos maîtres fulurs , si nous persistons à refuser le seul maître capable de raviver en nous les trois spécifiques souverains contre la vieillesse et la mort des peuples : Foi, Espérance, Charité. Cette lotte insensée de l'occident contre la loi fondamentale de son éducation première et ses plus nobles instincts n'est pas sans doulc impossible , mais elle est peu probable , et j'en ai déjà donné la raison en répondant à cette objection : la foi catholique est morte (1). L'auteur de Y Ere des C^.ftr5 annonce lui-même le réveil et le triomphe de la foi, mais il désespère absolument de la génération actuelle, tant il la juge pénétrée à fond par le ver de l'impiété et du scepticisme (2). Dans cette

(i) Voy. plus haut, ch. Vil.

(2) a Le désordre de uotre éducation, qui semble disposée avec un soin complet pour produire le faux dans les idées de Tenfanee, et la révolte dans celles de la jeunesse, à créé, pour tout un âge d'hommes, les insolubles difficultés dans lesquelles nous nous débattons. H n*y a donc ni persuasion ni croyance à mettre en œuvre au service de notre repos. Quelles que soient les lois et les institutions admises, vous ne supprimerez rien des vanités risibles que nous avons sucées avec le lait; vous ne mettrez pas fin à nos doutes, dont on nous a flétris en naissant. C'est une autre génération qui, peut-être, auru celte réiicilc de ne pas

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appréciation de notre état moral, cooome dans le jugement qu'il porte sur la Russie , il me paraît que le brillant écrivain s*est laissé trop. impressionner par les apparences. Le yrai, selon moi , est que Torient recèle un singulier mélange d'enfance et de décrépitude sous un faux air de jeunesse, tandis que l'occident, sous les dehors de la décrépitude, possède une constitution enoM^e pleine de vigueur. Là, un ordre factice couvre et contient à grand* peine des éléments d'anarchie qui produiront tôt

traverser la vie avec Tincertitude au cœur, et d'avoir quelques convictions pour la soutenir et la consoler dans son court passage. Poumons, ce sera bien assez qu'une forte main nous maintienne, et nous sauve de nos propres excès... De ce qui s'est passé sous la décadence païenne, j'ai cru pouvoir conclure à ce qui se passera sous la décadence chrétienne. Mais le chrisiianisme est une telle expression des besoins de noire âme, qu'il se réveillera, lot ou tard, après l'abandon des folles doctrines qu'on a voulu lui substituer. S'il y a dans le mot progrès quelque sens sérieux applicable à l'ordre de nos idées, nous devons le chercher dans cette réhabilitation de la plus sublime des croyances. Celui qui a dit « Heureux ceux qui souiffrent, » a dit le mot étemel de l'humanité. Le jour ûù ce mot sera l'universelle foi, tous les codes pourront être brûlés, et la société marchera d'elle-même. » L'ère df« Césars, cb. XIV.

OU tard d'irrémédiables déchirements, s'ils ne sont pas soumis à Faction religieuse qui seule peut les assimiler. Ici, le désordre, la faiblesse et l'anarchie se jouent à la surface , sur un riche fonds de puissance et de vie, qui n'attend pour apparaître que Vécunioire du socialisme.

Grâce à la solidité et à la profondeur du travail de transformation que le catholicisme avait opéré en Europe, Tœuvre de corruption , qui s'y accomplit depuis trois siècles, n'est pas descendue aussi bas qu'on pouvait le craindre. Pour donner quelque consistance à leurs misérables constructions , les architectes des nouvelles religions ont partout dû s'appuyer sur la base catholique, sur renseignement traditionnel et par voie d'autorité. Au lieu de dire aux masses : lisez, examinez, et faites-vous une religion! les papes et papesses, sous-papes et sous-papesses, créés par le protestantisme, ont constamment dit : Écoutez et croyez ! Et les masses, qui ont assez de bon sens pour réserver à Dieu seul le droit de faire une religion, ont continué d'écouter et de croire , sans trop s'apercevoir que leurs pères dans la foi étaieat 4^9 ba)>ieurs se mqqoant dans leurs académies et les salons de ce qu'ils prêchaient en chaire.

C'est ainsi qiie, en semant dans une grande partie des classes supérieures , le mépris de toute re-

Iigion positive, le rationalisnoe protestant a conservé dans le peuple un fonds de christianisme qui n'attend que renseignement catholique pour se raviver et produire les fruits de moralisation. Habitude et besoin de croire, dans les masses, impuissance absolue, dans la bourgeoisie et les clergés protestants, de rien réorganiser en matière religfeuse qui puisse satisfaire ce besoin et prolonger leur tartuferie de trois siècles, voilà ce qui promet le triomphe du catholicisme là même où on le croyait aboli.

On me dira sans doute que les classes populaires subissant nécessairement Tinfluence des classes bourgeoises, Tincrédulité et la corruption de cellesci dévoreront la foi et les mœurs de celles-là, et que déjà ce travail de mort est très avancé. — Oui , répoudrai-je , mais vous oubliez que Tincrc'dulité bourgeoise, très puissante contre la vérité, dont elle se délivre en lui tournant le dos, est la faiblesse même, quand elle se voit dans les réseaux (le la mort. Or elle en est là. Assez imprévoyante pour avoir fait les apprêts de son supplice , serat-clle assez aveugle , assez ennemie d'elle-même , pour ne pas saisir runi€[ue chaînée de salut qui lui reste , aujourd'hui qu'elle ne voit plus de niilieu possible pour le peuple entre les consolations de la foi et les rages du socialisme ? Avec un peu d'at-

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icntioii à ce qui se passe, on a lieu d*espércr le contraire.

Quels pays paraissaient plus dévastés par la peste irréligieuse et révolutionnaire, plus hostiles à la foi catholique , et par l'esprit dominant des classes moyennes, et par Tabrutisseraent des classes inférieures , que les contrées de TAllemagne mcridionaie soumises à des pouvoirs protestants? Cependant, que voyons-nous ? Â la voix de quelques religieux , dont le nom naguère était un arrêt de proscription, des masses de population, accourues la plupart de très loin , assiègent jour et nuit les églises , les confessionnaux, et témoignent pour la parole de vie une avidité inexprimable. Le résultat de ces missions, dans les localités les moins favorables , a été si prodigieux , qu'une des plus illustres plumes protestantes de l'Allemagne a célébré avec enthousiasme ce triomphe de la vieille foi et a dit à ses compatriotes : le seul génie qui puisse nous relever de notre fangeuse poussière , c'est la grande Église (1) I

L'Angleterre , ce centre si vigoureux de la création protestante, se désorganise avec une incroya-

(1) Voy. à la fin du volume, Texlrait de VlTolfang Menzel sur les Minions catholiques de rAllemagne,

ble rapidité sous la puissaale attraction du catholi-* cisnie. Loin de retarder la chute. des colossales constructions de Tanglicanisme , les engins anticatholiques auxquels recourent aujourd'hui Russell e: Palmerston ne feront que la précipiter et changer une évolution sociale aussi heureuse qu'inévitable en une catastrophe qui pourra ùire époque dans rhistoire des justices de Dieu. Expliquons ceci, car c'est un des plus grands événements parmi les grands événements qui se préparent.

Quefaisait le papisme, contre lequel les partisans aveuglesde l'Église établie parlaloi excitentmaintenant les orages populaires et les payions haineuses des législateurs? £n s'infiltrant rapidement des hauteurs de la société dans ses dernières couches , en ramollissant au feu divin de la charité les cœurs durcis par Tégoïsme opulent et par les étreintes de la misère , il préparait doucement la réparation des immenses iniquités sociales entassées dans le pays classique de la richesse sans mesure et de la famine en permanence. Le catholicisme faisait dans la 90» ciété inhumaine constituée par Tangltcanisme défunt, ce qu'il avait fait dans la société romaine bâtie par le paganisme: ilréédifiait tout sans rien détruire. Que font les violents interrupteursde cette œuvre de pacifique régénération? Ils se préparent de solennelles funérailles. Quel est le sens manifeste

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de ces milliers d'adresses à la reme, qui tontes disent : Sauvez , avec votre couronne, nos libertés relieuses et civiles ? Ce sont les quinze à vingt mille lords, baronnets, évêqnes et bènéûciers, mis en possession par le protestantisme de la fortune nationde, qui disent à leur bien-aimée souveraine, ou plutôt à John Russell et à lord Palmerstou : Majesté, le papisme coule bas l'œuvre adorable d'Elisabeth; peu nous importe la religion des xxxix articles , et nous vous avons prouvé dernièrement que nous sommes prêts à faire en matière de dogme et de sacrements les plus larges sacrifices (1) ; mais sauvez des perverses influences de la charité papiste nos places , nos revenus et la liberté dont nous jouissons depuis trois siècles de régner en paix sur des masses de population abruties par l'ignorance et la misère !

Il n'est plus au pouvoir du ministère et de ses partisans de dissimuler aux Anglais le sens des adresses commandées et la portée des lois que l'on discute en ce momeut. Or le jour où le mystère d'iniquité se déroulera aux regards du public, le mou-

(i)OD se rappelle rextrême flexibilité, en matière de croyances, que le haut clergé anglican a montrée naguère dans le Aimeux procès entre Tévéque d*Ëxeter ei le déiste Gorham.

vement réformiste prendra de telles proportions , employera de tels moyens , que les catholiques , pour ne pas se comprooifittre eq pure perte , devront dire en gémissant : Laissons passer la justice de Dieu ! S'ils réussissent dans leurs projets de lois contre la prétendue agression papale , Russell et Palmerston auront mis le feu à la mine que le Pape allait éventer, mais dont l'explosion violente peut être, dansie plan divin, une juste expiation du passé et une condilioq nécessaire pour les constructions de l'avenir.

Un mot maintenant de ce qui se prépare dans les États catholiques.

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