‹ De l'affaiblissement des idées et des études moralesChapitre 27 sur 34 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Suite : da point de vue religieui ou tbéocratiqoe daos let ëlodit moralei.

On le sait, les études morsiles du moQde civilisé se sont rattachées longtemps et exclusivement à celui de ces systèmes qui prend pour bannière la loi religieuse* El à ce système se rattachent encore des doctrines mo* raies à tel point fortes, des travaux à tel point impor«> tants et des méditations à tel point consciencieuses,; qu'ils méritent toute notre attention. Quels sont-ils?

Les études qui prennent ce point de départ ont d'abord sur toutes les autres cet avantage, qu'elles sont les plus anciennes de toutes. Elles ne remontent pas seulement à deux mille ans, au berceau du christianisme, elles touchent au berceau du monde ; car l'antiquité tout entière a toujours lié à la religion ses doctrines sur les moeurs et ses lois sur les intérêts de la société. Sans doute, ces études ont varié dans le cours des siècles; mais si elles ont changé de forme avec le progrès du temps, et se sont modifiées selon ses exi** gences,au fond elles ont peu fléchi. On pourrait même dire que, malgré le cours des âges, elles n'ont rien admis de nouveau, rien abdiqué d'ancien. Car elles n'ont rejeté aucuQ priaçipd de droit divia^ eUe# u'Qut adopté

que celles des théories d'origine purement humaine qui se subordonnaient aux autres. A eet égard, le christianisme s'est trouvé parfaitement d'accord avec le polythéisme; Byzance et Rome se sont bornées à continuer Memphis et Jérusalem.

Et si le système dont il s'agit était de fait ce qu'il est en principe, l'ensemble des devoirs moraux qui émanent de la religion, nous n'aurions qu'à le proclamer le meilleur. Pour le faire connaître, nous n'aurions qu'à renvoyer à ce volume, le plus populaire de tous, le Catéchisme, qui a de toutes les formes que l'esprit de l'homme ait su donner à la science de Dieu, la plus belle, parce qu'elle en est la moins ambitieuse.

Mais ce n'est pas d'une chose aussi simple qu'il s'a« git ; ce n'est pas de la forme que revêt la morale, lorsqu'on la destine au public des classes inférieures, c'est de la forme savante qu'on lui donne, lorsqu'elle est adressée aux classes supérieures. Or, là, ce n'est pas la forme seulement, c'est aussi le fond qui diffère ; car ce n'est plus ni la religion qui domine la morale, c'est la politique qui domine toutes deux. Et autant sont belles et pures les études morales émanées directement des idées religieuses, autant sont compliquées et altérées ces mêmes études engagées dans la politique.

Or, c'est bien de celles-ci qu'il s'agît pour nous, c'est-à-dire des études morales qui se rattachent aux doctrines que professe un parti, une opinion politique qui a longtemps dominé dans le pays; qui a depuis* santés racines dans nos lois et de plus puissantes dans nos mœurs ; qui a de vives sympathies dans toutes les classes de la société, les dernières comme les premières.

Dès qu'il s'agit ainsi; non plus de principes généraux

de moralité religieuse, mais de théorieâ spéciales engagées dans un système, dans une tendance politique qui a pour drapeau la loi religieuse, chacun comprend que les études morales n'aient plus ni cette simplicité ni cette pureté qu'ofifre une doctrine étrangère à toutes les préoccupations politiques, et saintement inscrite depuis tant de siècles dans le catéchisme religieux du monde chrétien.

Mais un système d'études morales, de quelque source qu'il vienne, pourrait-il rester étranger h la politique du jour, comme ce livre populaire de tous les siècles? Ne doit-il pas, au contraire, guider l'homme qui est habitué à se rendre compte de toutes ses situations jusque dans les rapports où la loi l'a placé avec ses semblables? Ne doit-il pas éclairer le lien social lui-même avec tous les devoirs qui en découlent, et expliquer les lois comme les institutions, les mœurs publiques comme les mœurs privées? '

Sans nul doute. Un enseignement moral n'est complet qu'à cette condition ; et rien n'est plus bizarre que cette injonction si souvent faite à la loi religieuse, de se renfermer dans le sanctuaire, et d'abdi-quer son empire sur l'homme au moment où il en quitte le seuil, à l'instant où elle a formé sa pensée, mûri ses sentiments, donné une lumière à ses pas.

Toute doctrine qui prétend ainsi interdire à la religion une action complète trahit elle-même sa faiblesse.

Mais, d'un autre côté, rien n'est plus légitime que cette exigence, qu'en politique la loi religieuse ne s'at* tache qu'aux principes; qu'elle transige sur tes formes; qu'elle laisse à la raison ce qui est de la compéteÉicè de l'humanité ; qu'elle abdique là où cesse sa mission. Il y a plus, puisque nulle part elfe ne peut se passer

dsTupi^i gu<» lui ptètint les lois hunuMOpsi et que^ partout ella \ÎQ»t le réclamer^ il faut qu'à son tour fiissîi elia accorde partout son appui et sa sauctiou au]^ însUtutioBS sociales qui les lai demaudenl* , Or y c'est ici que 0t le tort radical du système poli^ tique qui pread pour l^aimière la loi religieuse : il de-^ pan^e l'a|^i politique de la loi sooiale, quelle qu'ellit soit, et il n'accorde son appui moral aux institutions politiques qu'j^ la condition qu'elles soient ce qu'il yeut lui-même.

. Et de ce ttrt, qui est celui d'un égoïsme étroit , Amaaent toutes les erreurs qu'il professç parmi nous; de ce tort émanèrent toutes les fautes qu'il a commises pendant tant de siècles, et qui l'ont perdu à jamais.

En effet;» le système engagé dans la loi religieuse^ que domine 9 sous une forme ou sous une autre^ une politique spéciale, la politique de la théocrar tie, n'offre plus, dans cette alliance, qu'un singulier mélange, de vérités et d'erreurs. Et dans les altérations qu'a s^ubieSy de la part des hommes, celte science descendue du ciel, elle est devenue celle de toutes les doctrines que les autres jugent avec le plus de rigueur et qu'elles condamnent avec le plus d'amertume, de n'est i^ pour le moraliste qu'une rai;&oa de plus de Vqxa^iîner avec une gpan4e* réserve^ et l'on doit d'autant plus user de cette réserve à son égard, qu'on touche à des vérités plus sacrées; c'est néanmoins un préjugé grave ^ue c^^tte condamnation qui est venue le frapper si déânitivement, après un règne si prolongé.

. Nous disions tout à l'heure que ce système ne date .pas de deux piiUe ans ; qu'il est au fond plus ancien; <|u'il est le premier de tous les systèmes, le seul qu'aient pamm les vîeiU^ na^î^H^ de l'Asie et de î'Égypt^ Û

n'a poiir^mt régné sans partage qu'jr tréis^tt d'épo^ ques. 11 a civilisé TÉgypte, et lui a donné une royâuté| mais à peine la civilisation et b royauté éiaieni ^ elles dOBiiéés è ce p&ys, cfti'on y pi*éféra la motrarebie^ et ^dCi cteiis lés Idil elles-mèmeè/ 4m tnk la théocratie sur le aecoixd plan. Ce systèâfe a eitili^é la Judée^ k Finiitalioti de TÉgypte^ et lui a éoiiiié à la fin eétï^ royauté que la Bation dëmasdâit à l'ifiifiatiim d^ VÉgypte encore, et qu'il refma d'aborni arree énergie) BEiats à peiné la cfvilisalidni et la royauté sb trotrtèrèfit^ eU^s établies^ que ee système fut rëp^assé ëvt^û Ûei ifistitmioiis et ites mtèari de la JuAéei

11 en a été de naémë dans toute rantiquité. Et de ghtnd fait que présenté par^mt l'histcrire uns y^mpi m^ cietiéy rhistaire des temps modernes le repriKltrif étuùé màbière bieuf plus inlposante et pius gétiérale encore dans tes ahnales de l'Europ0chrétîeiide. Eb effet, ea^ eere une foi^ la théoeratae du moy%a âgé Aônwe te ei^ irilfsatioa au mënde; et à peina fo lui a4-elte doilnéé/ que le monde ci^rfeé l«i deîbande èon aÉnliéatloA.

.Or, ee grave jugètuent est éeméuté si bièd i$£fllii de la postérité, que partout où la science des m^o^rs et déf iiistîtuttoaa û iàik des progrès^ en a balayé jtfêqu^^ux vestiges dé ee sjFstème« Je nîe trom^iei B^ ée ^ystëifi^ on veut bien eln^runter 1& principes priÉiitifs^ les doetrineâr lés plus fotataniéntates^ 1^ réglée . éléicnelles de» Mœurs el dea lois ; mais on n'eti visttt qm eela. On ne teut m le joiig^ de séa inslitotidas ni raii-> Mrîté de ses pontifes^

Auasi ee systèoiie que Fantiqàiié appelait àveé or^ gueil le fioùiftrnement dé Dkmi qu'bn ne ^altfte^ p)n de tbéoeratie que par ferme dé etitique, et qur né ptekd pWa ce ioi& fair-^nièMej s^<|rti-it Modifié sim^

vent, en dépit de son principe^ pour conserver s^ fidèles.

Son principe, le voici.

La loi religieuse est la loi de Dieu. Elle est d<nic la loi suprême en tout et pour tout. Une fois faite sous ses inspirations et acceptée par la raison et la consoience d'un peuple^ la loi sociale, qui en est l'image humaine, doit Tétre pour toujours. Et une nation demeure sou« mise à son empire tant que dure son intégrité. On peut y changer, et on peut y modifier ce qui n'^t pas con^ forme à la loi de Dieu. On peut sans cesse en retrancher Terreur et la remplacer par la vérité, sous la tutelle de la religion ; mais on ne saurait faire autre chose. Toute modification faite pour complaire à l'esprit du siècle serait une concession; toute concession, une infidélité. Toute infidélité mériterait un châtiment, c'est-à-dire qu'elle porterait en son sein une catastrophe. Et elle devrait nécessairement en subir une, cdr elle serait une violation de l'ordre suprême. Or, la Providence, qui n'est que Dieu veillant à l'ordre suprême, ne pourrait que punir avec éclat ceux qui enfreindraient ses lois avec audace.

Mais cette théorie a-t-elle encore des fidèles, et quelqu'un professe-t*il, parmi nous, un tel système?

Ce n'est pas le système de ce siècle. Ce n'est pas même le système qui a dominé le siècle dernier, et il faut remonter jusqu'au dix*septième pour le trouver, non plus à l'œuvre, mais encore en forme de profession de foi publique. Pour le voir en application, il feudrait reculer jusqu'au treizième siècle. Gela est si vrai, que ce qu'on a vu plus tard, sous le règne de Louis XIV, sous le ^uvernement de Richelieu, au temps de Charles- Qiiint et de Philippe JI, n'était déjà (dus qu'une réac^

tion monarchique contre la théocratie du moyen âge. Et cette réaction remontait au siècle des querelles du sacerdoce et de Tempire. Si elle n'a trouvé ses théoriciens les plus hardis que dans Pomponace et dans Machiavel, elle n'en était pas moins ancienne de fait.

Combattue depuis tant de siècles, la théocratie n'est donc plus la doctrine de personne, et moins que par^ tout ailleurs elle inspire la foi sociale parmi nous. Elle ne règne plus ni dans nos lois ni dans nos mœurs. Elle est profondément désavouée, au contraire, par les unes, et solennellement abolie par les autres.

Cependant, cette doctrine trouve encore des partisans qui, tout en l'abandonnant sous ses formes du treizième siècle, en la reniant aussi sous celles que lui ont données et Philippe II et Richelieu, la soutiennent encore en principe contre toutes les révolutions qui l'ont vaincue, contre toutes les lois qu'elles ont données au mondes et contre toutes les théories qu'elles ont fait nattre.

C'est qu'en désavouant ce système, tel que l'enten* daient Grégoire Yll et Innocent 111, Philippe II et Richelieu, Charles II et Louis XIV, on peut le professer tel que Bossuet l'expose dans sa Politique de la Bible, revêtu des magnificences de son génie et de l'autorité du droit divin. La preuve qu'on peut l'avouer, c'est qu'il est encore le droit public de la plupart des peuples civilisés. S'il ne domine pas d'une manière absolue les études morales des nations qui ont accompli sous nos yeux, soit à notre exemple, soit en même temps que nous, les plus glorieux travaux de l'intelligence; si, dans la plupart de ces régions du nord qui se complaisent dans les spéculations de la science, Véiémeul philosophique joue un grand rôle, ce principe

)4 plpp^rl^ f}e Qgis i^oatré^» &t m purticuliâr dams réelle 4id |o^t^ qpi ^^f)l))|p avôif le privilège de la »étafihf t ^^{16) L'Ainéi^i^ue ^tanirionale a pr0c|aBié la droit ^^lf}^] ; paî^isi r A^gWt^Jfîre p l^itwieol cônaené ia droit ve\igm% W\ qu'pUq l'admeil^ît a^anl M première de ses jîjèïplHjjppft, i? France gU^m^mô, toul en l>vi6îint les p^^li^fijs quQ )|k Ipi feligiei>$6 inlôrprétée par Pautoera^ ti^, r^rifi^cK^r^Me ^t* (a thé^ratie, semblajt fournir à la Ifii civjje, a ip^ip^eou l'0«ipir^ de cetle loi dans toutes ses insUtulions politiques et dans toutes ses

Ayps^i qi)^4)|6 modifiée qm mt parmi nai» la door trine qui ^onw ppur principe» h toutes tes théories spcj^lç^ f4 P?<^ epns^qupnl à tpulei» tes é^des morales, le point de y^e Hjgieu?, 1q aystèroe qui repose sur ee p)int ^fi Ype ^ jBputiept. Q'est ^neone celui 4^ la foi çfirétianpe. l^es sefiM^ipnts de «ôs défenseurs sont même peu conciliants. Sauf des concessions de formei ils ^BtQûflWïW^ encocft ?R^iflHpr ju^U€» An siècle qui Ta rpje|é trpjs foip Ip »yst^f»p de^ Stuarta, le systèna (fe jLiQui^ ilYt P ils sputippinpi^t que de leur côté est la mérité, qu€; dp leur eôjé p?t )a lih^ifté. Us pppopent leur çlpctrine aqi^ étudps morale» dp ia {y^oiété modfri»e> cpmmf; la plus grîindpet la plus légUiWPcpndftniqati<>», 4 les «^nlqndre, il n'y ^ de pipraje ypritaW^, de règle éteiv î^elje et (Jç^sc^ipiçsipR ponsçieppieuseà l^ règlf qup 14 Pà la loi ip^litique est le calque de la Ipi ^Mgieuse. Tautea le^ autres iustitutiops, fludq'î? ««m qu'elles partent, çpnt ^ssi^s spp des aj^trî^tioo^ ou dps fipiions} et les tUéoriçs fflpralpp qui pn ^éequlent sppl faussées, mnt p€rvpR|i«. C'çs* ep rm ««'^ wi^mi çondui» tes

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règles notivelles,ou changer les aneiennes ; les élever ^ leg étendre.ToQs ces efforts sont stériles.Gar toutes ces deo*trines manquent de deux choses fondamentales, d'une source pure et d'une autorité éternelle. Elles s'appuienl sur des principes d'une politique tout humaine, toute transitoire. Aussi les débris qui nous restent de la science des mœurs ne sont-ils que de vains simulacres d'études. Ce sont de simples théories fie science so^ ciale, toutes privées désormais de ce qui leur donnait la vie et la sanction d'un ordre de choses divin : do cette loi suprême qui a, pour base, la révélation; pour soutien, un ordre de choses inaltérable; et, poupper^ spective dernière, un avenir plein de majesté.

Telles sont les assertions. Mais où sont les preuves?

Quand on est en dehors d'un certain ordre d'idées, on se persuade aisément que tout y est faux ou de mau-^ vaise foi. Ce serait se tromper singulièrement que d<| Juger ainsi un système qui a longtemps dominé le monde; qui en dominera longtemps encore une partie considérable; et qui peut-être serait seul à régner, aujourd'hui même, s'il avait su se modifier avec plus de flexibilité. Puisque trois fois il s'est transfbrmé,et que trois fois il a ressaisi l^empire, il est probable qu^au moyen d'une transformation de plus, il le gardait parmi nous, comme il l'a gardé ailleurs. Il s'appuie d'abord sur un principe de Tordre le pluis ^levé, et à ce titre, il peut prétendre à un empire légitime; tl peut même y aspirer, dans une sublime confiance^ avec son principe fondamental, que toute autorité vient de Dieu et doit faire régner sa loi.

Mais voici ce qu'il ajoute. Cette loi, par ses mtei^ prêtes les plus purs, les pontifes de la religion, doi{ être enseignée à toutes les intelligences, doit les^ gom

wroer dans tout^ les .étodeB, et doit présider aux mœurs comme aux institutions de tous les peuples.

S'imaginer, dit-il, qu'il y a des mœurs fortes ou pures ailleurs que dans cet ordre de choses et dans ces limites, c*est vouloir poser le pied sur les ténèbres. Nier ou taire le principe de la loi suprême et s'écarter de la vérité, ne fût-ce que par un silence de transaction, c'est se placer en dehors de la puissance mo* raie qui préside à tout, et rompre le lien politique re* lîgieusement et moralement. Car la loi fondamentale de la société n'a plus dès lors ni sanction, ni principe de vie, ni règle suprême, ni autorité immuable. Elle est privée de tout ce qui confère aux lois humaines le double caractère de l'inviolabilité et de la perpétuité. El que sont les lois humaines, si elles ne sont pas l'image des lois divines, ces types éternels de toutes choses et des rapports de toutes? De purs caprices de rintelligence, l'arbitraire d'un prince, l'arbitraire d'un peuple, c'està-dire et tour à tour, la révolution et la tyrannie, la puissance du plus fort et l'esclavage du plus faible.

En effet, voici les conséquences politiques qu'il présage. A la suite d'un tel bouleversement, le lien social peut, par une bonne fortune extraordinaire, se maintenir quelque temps encore, appuyé sur les intérêts matériels des nations; et les intérêts spirituels, qui sont plus forts que les mauvaises doctrines, pourront jouer encore un grand rôle dans une société professant le matérialisme, liais ce rôle, ce sera celui du maître devenu esclave et faisant rougir, par la supériorité de ses lumières, l'esclave devenu mattre par l'abus d'une force brutale. Bans tout État où il est fait abstraction de la loi suprême, le lien social n'est plus qu'un nœud serré par le plus habile ou le plus puisi^nt d'une époque, et que

dénouera toujours, de droit huoiaio» le plug bpbite ou le plus puissant d'une autre époque; que serreront tour à tour les démagogues et les tyrans, les gu^riers et les usurpateurs.

Voici maintenant, suivant le système religieux, les conséquences morales de ces catastrophes.

En dehors du système religieuse, il n'y a pas de morale véritable. La morale qui mérite ce nom vit de la pureté de l'idée ou du sentiment, et de la pureté des motifs qui dominent l'action. Cette pureté n'est pas dans les conditions naturelles de l'homme; elle est l'effet d'une inspiration venue d'aussi haut que l'homme lui-même. La vraie morale n'est donc que là. Celle qui reste à la politique du jour a peu de foi dans ces vues et dans ces inspirations supérieures; son point de départ et sa source, comme ses mqtifs et son but, sont tout autres. En effet, ce qu'elle veut avant tout, c'est le bienêtre social. Ce qui forme l'objet de tous ses eflforts et de tous ses sacrifices, sa récompense deraière, c'est la fortune , ce sont les honneurs. Ce n'est pas le bien absolu qu'elle aime. Son principe est tout humain; il est tout individuel, tout personnel. C'est, en philosophie, celui du sensualisme; c'est, en politique, celui du matérialisme. Or, une morale assise sur de tels fondements n'est plus qu'une doctrine de parade ou, pour parler avec les anciens, qu'un de ces enseignements tapoiériques que ne prennent pas au sérieux ceux qui le donnent, et que ceux qui le reçoivent communiquent à leur tour sans y attacher plus de foi que leurs maîtres. Gomme leurs maîtres, ils ont une doctrine ésoté' rique et réservée, qu'enveloppent tous les voiles du mystère. Mais c'est en vain qu'aujourd'hui l'on affecte de maintenir un reste d'hypocrisie que la classe l^rée

vmidrait opposer Mmme un flrein à la classe tioti let'^ trée; Ce Masque même ne tardera pas à df spatattre ^le-^ vant Tindflfénence qn'îl reneoatr«. Déjà la classe non lettrée professe toutes ses sympathies pour un autre ordre d'idées. Ces idées, déjà on les expose au théâtre, dans la presse quotidienne, dans le pamphlet. Et on le^ y expose parce qu'elles ont fa^ur. Un pas de plus, et Ton abandonnera toutes ces théories abstraites qui sont encore professées çà et là sans conyietions. Et alors sera complet le cataclysme oè s'est abtmé le prin-^ cipe suprême; où s'abtmera elte-môme une société oâ tout est en priftmtement de dissolution.

Voilé ce système dans ses assertions, dans ses preuves et -dans les conséquences morales ou politiques qu'il pvépage à ceux qui le combattent.

Et chacùB voit oà aboutissent tous ees discours^ Quand on oondamne ainsi le présent et l'avenir, c'est évidemment poui^ ne laisser de refuge que dans le passée

Û9, dans cette con^uence que le système théo-* oratique ne tir« pas avec autant de franchise que les ;iutreft, qu'il ne laisse entrevoir qu'avec réserve, est précisément sa condamnation. En eflfet, ce système éip^ partient ^u paçsé. Il a h\i parmi nous son temps tout entier. Il a feit la grandeur de nos pères j il a (brmé nos mœurs; i| a préparé nos institutions, qui ne sant quç l'oBuvpe sertie dfs sublimes levons ^u^aé Bièdp de l'absolutisme H)ême faisaient les. hommes les plus émin^nts dû la ifiiition» Mais c'est préciséinenl paih la raison qu^i) nous a donné autre chose que ce qui était alors, qu'il n'^t plus pour nous qu'un souvenir; 41 a fait ce qui est f mais c^ qui est Qe saurait le rame^ ner luiTmème, nltel qu'il fut au moyen âge, ni tel fut au début 0u siècle 4^nier.

Si lie i;f»yAM#i^jn0 mmffi loi» ^ uma «'«si qit^'il

pesqui spDt impérissable^ et qui Éjoat TœMvrf^ d^ Pi0u> d^ ifletif Mlionp qil* 30int traRsilqirep, parce qu'allps wjà\ rouvre de l'homme, Plein d'^^c^ndapt pai? ia p^rt dQ vérité qu'il offre aui^ ^spril^ séri^uK, au^ Uaminefii dfi foi religieuse; jnébr^Blable dan*}sqp poiijtde vusisutt

pr^mp, il n'^M fauij qup ^%m fi0s déduotipqs qu'a rejitées la sagpsae dps si^|fi$. Et il ^e s'e^t perdq qu'aut tant qu'il a ^té infidèle h iMi-wôme, q«'^u4ant qu'à la

place d'un droit divin il a professé l^ droit buma^n l^ plus grossier. Le droit divin qui est véritable, c'est le droit inscrit dans l'œuvre de Dieu, cet ordre moral du monde dont il a donné l'énigme et la clef à la raison de l'humanité. Le droit divin tel qu'on l'a fait en politique, est, au contraire, le droit de l'absolutisme humain, de la théocratie dominant par l'appui de la monarchie, ou de la monarchie régnant par l'appui de la théocratie, se voilant ensemble sous une sainte bannière.

Ce droit divin, on le voit, n'est pas celui de Dieu. C'est un blasphème; car il fait de Dieu, le maître de tous, l'utile serviteur de quelques-uns.

Ce droit divin n'est pas non plus celui de l'humanité; c'est celui d'une théocratie mensongère, d'une autocratie impossible, d'une aristocratie factice.

De nos jours et au milieu de nous, c'est à peine s'il existe encore un peu plus que des débris de chacune de ces fractions sociales, si puissantes dans d'autres temps. Aussi ce système, qui n'est que celui de quelques fractions du corps social, ne saurait avoir d'avenir. Néanmoins il séduit encore les esprits pai^ tout ce qu'il

a été dans le passé; il ft*appe T imagination par tout ce qui rentoure d'afttiquité, de prestige; il a droit au respect de tODS par la gloire et les bienfaits qu'il a répandos sur le pays. Et qu'on ne s'y trompe pas, ce sys* tème domine dans l'immense majorité des esprits qui vivent de soumission et d'emprunts; il y domine même avec toutes ses passions, avec toute l'exaltation d'une déftiite qui, à ses yeux, est un martyre.

Il jette, d'ailleurs, dans les études morales de l'époque une division d'autant plus profonde, qu'il y est plus mal remplacé par le système dont le point de vue est purement politique.

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