‹ De l'affaiblissement des idées et des études morales M. MatterChapitre 24 sur 44 · MM · texte numérisé non relu

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vulgaires, des apostasies si révollantes, placées si près des plus énergiques professions de foi, que la loi ellemême, faite au milieu de tant de ténèbres et de souillures, en a été tachée et ohscurciejusquedansson essence. Je le sais, la dernière de ces grandes lois, celle que la nation a faite elle-même, qu’elle a faite au nom de ses conquêtes les plus chèrement achetées, et pour le maintien de ses institutions les plus précieuses, s’est posée pure de ces vices et de ces souillures. Elle n’est pas émanée d’une révolution accomplie pour rejeter ce qui liait, elle est sortie d’une crise dont l’unique mobile était d’affermir ce qu’on menaçait d’ébranler; et je sens combien son origine, plus pure et plus régulière, donne plus de force et d’autorité à sa lettre et à son esprit. Je sens qu’en théorie son autorité et sa force sont d’autant plus entières qu’elle est émanée d’une source plus sacrée. Je sais qu’elle est sortie de la loi naturelle elle-même, et qu’elle n’est pas autre chose que la traduction de cette loi la meilleure pour les conditions présentes de l’état social. Cependant, si pure qu’elle soit dans son origine, si forte que soit son autorité, elle n’a pas les privilèges de la loi religieuse.

Elle ne saurait les avoir. Autre est sa nature, autre son principe, autre sa place dans les intelligences et dans les cœurs. Acceptée d’une classe nombreuse, qui n’est exclusivement ni la classe inférieure ni la classe supérieure; acceptée même dans toutes les classes, je le sais, elle ne l’est pas de tous. Elle est contestée, au contraire, par deux doctrines, dont l’une l’accuse d’illégitimité, l’autre d’insuffisance. Elle n’a pour elle ni les opinions religieuses les plus anciennes, ni les opinions philosophiques les plus jeunes. Trop arriérée aux yeux des uns, trop avancée aux yeux des autres,

elle fournit le texte d’une polémique qui, loin de l’affaiblir, la fortifie assurément par ses attaques, mais qui atteint profondément les idées morales qu’elle implique, idées d’autant plus vacillantes qu’elles ont souffert davantage des révolutions de la loi naturelle, la source et la sanction la plus directe de la loi politique qui nous gouverne. Et cela est grave.

Mais la loi naturelle peut-elle avoir des révolutions aussi ?

En a-t-elle eu parmi nous?

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