‹ De l'affinite des langues celtiques avec le sanscritChapitre 11 sur 27 · DU GENRE ET DU NOMBRE DES NOMS · texte numérisé non relu

DU GENRE ET DU NOMBRE DES NOMS

§ 54. Les langues celtiques n'ont plus que deux geures,. le masculin et le féminin. Owen admet bien pour le gallois un neutre, mais, à ce qu'il paraît, en théorie seulement, car son dictionnaire n'en renferme aucun exemple pour les substantifs et les adjectifs. Il n'y a d'exception que pour les prouoms démonstratifs, où les trois genres sont indiqués par la nature de la voyelle radicale , hwn, hon, hyn, hic, haec, hoc; hwna, liona, hyna, ille, illa, illud, etc. Le fait est que, ni en gaélique , ni en cymrique , il n'y a de suffixes spécialement affectés à la distinction des genres. Les adjectifs masculins se distinguent des féminins par des moyens secondaires , tels que l'aspiration de la consonne initiale , la modification do la voyelle radicale, etc., moyens qui n'ont pu se

développer qu'à lasuite de la disparition des suffixes degenre, que le sanscrit, et plusieurs autres langues de la famille, possèdent encore d'une manière plus ou moins complète.

Le genre des substantifs est déterminé, en celtique comme en sanscrit, par l'usage, et par certaines régies tirées soit de la nature même de l'objet désigné, soit des suffixes caractéristiques des noms. Si l'on compare, sous ce dernier rapport, les suffixes celtiques avec ceux du sanscrit , on trouve en général que l'analogie a été conservée. Ainsi le suffixe a/'u (v. § 46- 3. ) forme des masculins, comme adh, en gaélique et aeth en gallois; le suffixe ti, des féminins, comme t en irlandais'; le suffixe na des masculins, comme ni en gallois, etc. Les suffixes ana, as, qui sont neutres en sanscrit, sont masculins en celtique; et ma», qui est également neutre , est devenu féminin dans l'irlandais mhuin. On voit par-là que le genre perdu par les idiomes celtiques s'est réparti sur les deux autres.

Le suffixe a, e, irlandais, que nous avons vu correspondre au k ridant a a, est tantôt masculin, tantôt féminin, mais a a plus souvent le premier genre et e plus souvent le second. Ainsi tous les substantifs abstraits formés par e sont féminins. Si l'on se rappelle que cet e s'écrivait autrefois i (v. § 1 4), on trouvera quelque vraisemblance à le rapprocher de 17, signe du féminin en sanscrit, quoique sa sphère d'application ne soit pas exactement la même. Cette valeur du suffixe e en irlandais est appuyée par un fait curieux, et difficilement explicable en dehors de cette supposition. L'irlandais possède un très grand nombre de substantifs à doubles formes, l'une masculine, l'autre féminine; ce qui distingue le genre, c'est que la voyelle radicale des masculins, qui est forte (a, o, u , ), est simple, tandis qu'elle s'adjoint un i* pour le féminin. Exemples :

1 En gallois, les mots où le suffixe t s'est conservé sont masculins.

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