FÉMININS
lien,
((ilSfJ.
dut,
nlaire.
du il.
l^y IIUI il III. C,
fil f Dit**
fith,
chaleur,
failh.
lot,
blessure,
totï.
môd,
tribunal,
môid.
mung,
crinière,
muiny.
dût,
désir,
dttil.
Etc.
Je m'explique ce lait par l'existence antérieure du suffixe e ou i, qui a disparu daos les féminins, et qui, par l'effet de la loi de concordance des voyelles (v. §4 )> a modifié la voyelle radicale. L'effet est demeuré, tandis que la cause a disparu. Les masculins ont aussi perdu leur suffixe, mais celui-ci était un a (Va sanscrit ); fosg, lien, émit fasg-a, le sanscrit pas' a ; fatliy chaleur, était fath-a y le sanscrit pâVa , feu, etc. Le sanscrit offre beaucoup d'exemples de doubles dérivés , masculins et féminins, par les suffixes a et î; comme pat-cu, m. et pai-i, f., drap, vêtement coloré ( en irlandais, fath, m. et faitli, f., vêtement); nad-a, m. et nad-t, f., rivière; vat-a, m. et val-i y f., un enclos (en irlandais fath-a, m. id. failh, f.), etc.
C'est par un piiucipe analogue quilfaut expliquer, je crois, la modification de la voyelle radicale dans un certain nombre d'adjectifs gallois suivant leur genre 1 . Par ex. : crwn, rond, et croit, ronde; /lu/m, dépouillé, et llom (fém.); Iwn, brisé, fém. /on; gwymp, beau, fém. gwemp; gwyn , blanc , fém. gwen; hysb, sec, fém. hesb, etc. Ces modifications de voyelles étant amenées dans la régie par l'influence des suffixes , on doit présumer que , là où elles s opèrent sans cause apparente, les suffixes ont été retranchés.
Quant au nombre des noms, les langues celtiques ont perdu le duel, soit dans la déclinaison , soit dans la conjugal-
1 Owen. G raiii m. p. 63, 1
soQf elles l'ont remplacé dans quelques cas par des composés avec le nombre deux. Ainsi on dit en irlandais diucain , les yeux ; en gallois, dwylaw, les mains, dwyvron, les seins, etc., avec le substantif au singulier. L unité du composé est si bien sentie, que le gallois forme, par exemple, de dwylaw, un verbe dwylovi, frapper des mains; et qu'en irlandais, quand on veut parler d'un seul œil , d'une seule main , on dit ieithshuil, d'il h la mit littéralement, demi-œil, demi-main , etc.
§ 55. Les formes de la déclinaison ont été fort tronquées dans les langues celtiques. La branche cymrique n'en possède plus aucune trace, et se borne à distinguer , par des suffixes, le pluriel du singulier. L'irlandais n'a de flexions proprement dites que pour trois cas, le génitif singulier, le nominatif et le datif pluriel. Les autres cas s'indiquent par des moyens secondaires , tels que l'article, la permutation de la consonne initiale, etc. Nous nous occuperons peu de ces derniers, qui n'offrent aucun point de comparaison avec le sanscrit.
Les grammairiens irlandais ont classé les noms d'après des systèmes très différents, suivant leur mode de déclinaison. L'exposition de ces systèmes appartient à l'histoire delà langue. La comparaison avec le sanscrit doit nécessairement les modifier plus ou moins. En effet, toutes les distinctions qui ont été faites sous ce rapport peuvent se réduire à deux principales, suivant que les noms sont terminés par des voyelles ou par des consonnes. Cette classification fort simple, qui se rattache à celle des noms sanscrits , facilitera beaucoup notre travail de comparaison, et jettera quelque lumière sur Phistoiredes formes de la déclinaison irlandaise.
Noms terminés par des voyelles.
§ 56. La confusion que nous avons signalée plusieurs foi* entre les voyelles finales a, e, i, n, a effacé presque complètement les distinctions primitives sur lesquelles se base la classification sanscrite des déclinaisons. La seule analogie bien marquée que Ton trouve encore est celle des noms formés par le
suffixe a, e, qui correspondent aux masculins delà prendre déclinaison sanscrite; ainsi boglt-a, arc, de bogh, courber, est exactement le corrélatif du sanscrit bttg'a, trompe de lelépliant, de bug', être courbé. Mais cet noue ne correspond pas toujours à Y a sanscrit; quelquefois il a remplacé l'ti, comme f/oir-e, bois, sanscrit dâru; lan-a y mince, sanscrit tan-u; farch-a, maillet, sanscrit pars'u, hache, etc. Dans quelques cas même Va irlandais se trouve à la place de 17 sanscrit, comme dans caora f., brebis, le sanscrit kurari f., id. Il faut donc , sans chercher à retrouver des nuances qui se sont perdues, comparer d une manière générale la déclinaison des noms irlandais, terminés par des voyelles, avec les première, deuxième, troisième, déclinaisons dn sanscrit. C'est ce que je vais faire en passant les cas en revue, i,) Nominatif singulier.
Les noms masculins et féminins, terminés par des voyelles, ont en sanscrit, s, comme signe du nominatif. En irlandais ce suffixe a généralement disparu, et le nominatif est identique au thème du nom sanscrit, c'est-à-dire à sa forme radicaledépouilléedetoutsuffixededéclinaison.Cepeudantun très petit nombre de mots le possèdent encore, mais en quelque sorte pétrifié, et ayant perdu sa signification , puisqu'il reste attaché au nom dans les autres cas. Un exemple remarquable de ce fait se trouve dans le mot aros, maison, qui est une contraction d une forme plus ancienne eachrus. Ce substantif est le sanscrit as' raya, domicile, au nominatif as 1 rayas. Le changement de IV en ch est régulier (voyez pag. 63). Un autre cas est aoi, oi, mouton (le sanscrit ai/i), lequel a une autre forme oisg, dont Ys paraît être le suffixe du nominatif sanscrit avis (latin ouïs, grec oï 5 , etc. ), avec un g additionnel. Enfin un troisième exemple est le mot tanaisc, héritier , dans lequel on ne peut méconnaître le sanscrit tanayas, fils, descendant mâle, nominatif de tanaya. Ici Ys s'est si bien incorporée au mot, qu'un nouveau suffixe e est venu s'y ajouter encore.
Non seulement la plupart des noms irlandais ont perdu le caractère du nominatif, mais plusieurs n'offrent mèm. plus qu une contraction du thème primitif; c est le cas de cru, sang (gallois, crau), le sanscrit kravya, chair (slave A rou/e, sang).
Quelques mots irlandais offrent au nominatif, et dans les autres cas, des traces de la modification par gouna de* voyelles finales , qui , en sanscrit , n'a lieu que dans les cas obliques. Ainsi on trouve à côté de nae, naoi, vaisseau (en sanscrit nâu ), une forme, naebh, qui se lie aux autres cas, nâvas, nâvam, nâvê, etc. Ainsi encore le sanscrit vâd l it, femme, est devenu en irlandais badhbh , une virago , lequel se lie au génitif sanscrit vddvas, etc.
2 ) Génitif singulier.
La plupart des noms terminés par des voyelles ont également perdu le suffixe du génitif. Ils se divisent en deux classes, dont les grammairiens ont fait deux déclinaisons. La première qui se compose de masculins et de féminins, terminés en a et en e, a le génitif semblable au nominatif. La seule manière de distinguer ces deux cas consiste dans l'emploi de l'article an, qui cause l'aspiration de la consonne initiale muable, au génitif, tandis qu'en nominatif elle reste intacte. Cette régie ne concerne que les masculins ; pour les féminins, c'est le contraire, le nominatif est aspiré, et le génitif ne l'est pas. Ainsi on dira an bogha (m), Tare, et an bhoga, detarc;eA anchuimlme (f) , la mémoire , na cuimhne, delà mémoire. Il n'y a donc ici aucune trace de suffixe.
La seconde classe prend au génitif ce que les grammairiens irlandais appellent un accroissement, c'est-à-dire qu'à la voyelle finale du nominatif vient s'adjoindre une consonne, ou une nouvelle syllabe. Ainsi fala, fraude, a au génitif fa ladlt; file , poète , génitif /î/idn ; dearna, paume de la main, génitif .dearnuine, etc. Ces additions ont, au premier coup d'oeil, l'apparence de flexions , mais un examen attentif, et la comparaison du sanscrit, démontrent qu'elles ne sont qu'une res-
tauration de la forme primitive du nom mutilée au nommaut'. En effet dans beaucoup de cas, on trouve, en irlandais même , une seconde forme de nominatif avec la consonne retranchée. Ainsi on a également fala et faladh,file etfilidli. La consonne complémentaire se retrouve d'ailleurs fréquemment dans le thème sanscrit correspondant; ainsi eu, chien, ri, roi, mi, mois, qui ont les génitifs, con, riogh, miosa, sont identiques, sous cette dernière forme, aux thèmes sanscrits s' van, chien, râg' , roi, masà, mois. Tous ces noms appartiennent donc de fait à la classe de ceux qui sont terminés par des consonnes, et nous les retrouverons là.
Il résulte de tout ceci que la flexion du génitif manque à tous les noms irlandais terminés par des voyelles.
3 ) Nominatif pluriel.
On peut appliquer ici à-peu-pres les mêmes observations que pour le génitif, attendu que les noms qui reçoivent uii accroissement pour ce cas, le conservent au nominatif pluriel. Les noms réellement terminés par des voyelles n'ont pas plus de flexion au nominatif pluriel qu'au génitif singulier, comme on le voit dans na bogha, les arcs. Les pluriels poétiques en dlia, comme bogadha, me paraissent d'origine comparativement moderne , le dh ne semble avoir été placé là , comme dans beaucoup d'autres cas , que pour permettre de faire usage de Va, suffixe ordinaire du pluriel , en le séparant de Va final de la forme radicale.
4 ) Datif pluriel.
Ce cas est le seul où les noms de cette classe aient conservé la vraie flexion primitive; elle est en irlandais bh t toujours précédé d'un i bref, ibh, et on y reconnaît aisément le suffixe sanscrit le latin bus, etc., dont il n'est resté que
la consonne initiale. Ce qui met cette identité hors de doute, c'est sur-tout la constante et parfaite conservation du thème des noms, que ce débris de flexion a préservé des atteintes * du temps. Que Ton compare, par exemple :